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Chroniques islandaises par Michel SALLÉ

5.5.2009

Note liminaire : ce "Bulletin mensuel" d'actualités est rédigé sous ma seule responsabilité et n'engage donc que celle-ci, à l'exclusion de tout organisme public ou privé islandais ou/et français.

J. Mer, ancien Ambassadeur de France en Islande, Docteur en sciences économiques

POLITIQUE INTÉRIEURE

Marqué par les élections législatives du 25, le mois d'avril 2009 a été particulièrement riche en événements politiques. Les polémiques ont redoublé d'intensité, avant le scrutin, entre les formations rivales : les "débats" les plus vifs opposant les partis de la coalition (minoritaire : 27 sièges sur 63) au pouvoir au Parti de l'Indépendance (26 élus).

De son côté, le Parlement discutait d'importants textes législatifs, dont une réforme en profondeur de la Constitution de 1944, et bon nombre de lois économiques ou venant en aide aux personnes et entreprises les plus gravement affectées par la "crise". Les débats ont été animés, tant au cours des séances plénières que dans les Commissions, divers textes économiques et la réforme constitutionnelle, en particulier, se heurtant à l'opposition du Parti de l'Indépendance.

Aussi bien, l'Althingi n'a-t-il pas été en mesure de clore sa session avant le 17 avril, -soit huit jours avant le scrutin-, les partis au pouvoir ayant en effet, le 14 et le 16, retiré leurs projets constitutionnels contestés.

La "campagne électorale" proprement dite a donc été brève. Les candidats ont repris dans leurs circonscriptions, en les adaptant aux données régionales, les thèmes que les partis avaient développés dans leurs programmes. Des débats à la radio, et surtout à la télévision, ont permis aux dirigeants des formations, de mieux faire connaître à la nation ces programmes, tandis qu'ils multipliaient interviews et articles dans la presse écrite. Les membres du gouvernement, enfin, presque tous candidats, ont mis à profit les manifestations auxquels ils participaient, pour mettre en valeur leurs réalisations et leur donner le maximum de publicité.

D'une manière générale, les polémiques ont tourné autour de la responsabilité du Parti de l'Indépendance dans le déclenchement de la "crise", son chef Geir Haarde -depuis lors retiré de la scène politique pour graves raisons de santé- étant à l'époque Premier Ministre, tandis que son prédécesseur à la tête du parti, David Oddsson, occupait les fonctions de Gouverneur de la Banque Centrale.

Au lendemain du scrutin, qui se traduit par une étroite victoire de la coalition sortante (34 sièges sur 63), des négociations se sont engagées entre les deux partis la composant ("Alliance" sociale-démocrate, et "Gauche-Verte"), en vue de constituer un nouveau gouvernement. À l'heure où nous publions ce "Bulletin", les conversations n'ont pas débouché sur un accord. Des divergences importantes séparent les partenaires sur le problème des relations de l'Islande avec l'Union européenne. Comme on le sait, Steingrimur Sigfusson et l'état-major de la "Gauche-Verte" sont, de longue date,  hostiles à l'entrée de l'Île dans l'ensemble européen. Au contraire, l'"Alliance" a toujours estimé que le relèvement économique durable de la nation avait comme préalable indispensable l'entrée rapide dans la zone euro, donc l'adhésion à l'UE. Pour cette raison, elle juge prioritaire de lancer, dès le début de l'été, des négociations avec Bruxelles en vue d'arriver, le plus tôt possible, à un accord d'adhésion.

Nous tiendrons, dès que possible, nos lecteurs informés du résultat des discussions entre l'"Alliance" et la "Gauche-Verte" et de la formation d'un nouveau gouvernement islandais.

                           

 

* POURSUITE DES DÉBATS PARLEMENTAIRES (1ER-8 AVRIL)

Le début du mois d'avril a vu la session parlementaire se prolonger, avant une courte "suspension" pour les fêtes de Pâques. De vifs débats ont opposé les élus des partis gouvernementaux ("Alliance" sociale-démocrate et "Gauche-Verte"), qui ne disposent que de 27 sièges (sur 63), et l'opposition constituée par le Parti de l'Indépendance, forte de ses 26 élus. Se déclarant fidèle à son programme du 1er février et à son engagement de "renforcer la démocratie", la coalition au pouvoir a donné la priorité à la discussion de la proposition réformant profondément la Constitution (voir "Bulletins" de février et de mars). En sens inverse, le Parti de l'Indépendance estimait qu'une telle réforme n'est nullement prioritaire, compte tenu des graves difficultés rencontrées du fait de la crise par des milliers de ménages (Le chômage avoisine alors 9 % de la population active) et nombre d'entreprises (260 faillites environ au premier trimestre 2009), et que l'Althingi ferait mieux de débattre des mesures à même de leur venir en aide et de relancer la vie économique. De plus, la "réforme" lui semble comporter des dispositions inopportunes et critiquables et, particulièrement le projet d"Assemblée Constituante".

 

* L'"UNION DES SOUVERAINISTES" SE RETIRE DE LA COURSE (3 AVRIL)

Le 3 avril, l'"Union des Souverainistes", "groupuscule" apparu les semaines précédentes, et qui présentait des candidats aux élections législatives, avec un programme essentiellement "anti-européen", a décidé de se retirer de la course. Ses dirigeants constatent que leurs listes n'ont plus de raison d'être, puisque la "Gauche Verte" et le Parti de l'Indépendance" lors de leurs récents congrès ont affirmé leur opposition à l'adhésion de l'Islande à l'Union européenne.

NDLR : 1) Les sondages de mars donnaient à ce parti moins de 2 % des intentions de vote.

2) Après leur retrait, restent en lice deux "groupuscules" -outre le "Parti Libéral" moribond- :

* D'une part, le "Mouvement des Citoyens"(Borgarahreyfingin : Listes O), présidé par un économiste, Thor Saari.  Il s'intéresse principalement aux  victimes de la faillite des banques :"une affaire criminelle", selon lui : il faudrait, dès lors, saisir le patrimoine des dirigeants des "anciennes banques" pour venir en aide à leurs victimes, plutôt que de recourir à l'argent des contribuables. Il demande, en outre, l'abolition de l'indexation des emprunts.

* D'autre part, le "Mouvement pour la démocratie" (Lydraedishreyfingin : Listes P), créé par Astthor Magnusson, un riche "pacifiste", qui avait été candidat aux présidentielles de 1996 et 2004, et obtenu 2,5 et 1,9 % des suffrages. Avec un programme flou et aux accents "populistes" (diminution du nombre des députés et de leurs indemnités, instauration du "vote préférentiel", présence de professionnels au gouvernement, lutte contre la corruption et les gaspillages, etc.), il semble avoir eu de la peine à constituer des listes dans certaines circonscriptions.

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* POLÉMIQUES AU SUJET DU FINANCEMENT DES PARTIS POLITIQUES : LA PARTI DE L'INDÉPENDANCE AU CENTRE DES "DÉBATS" (6-10 AVRIL)

Dans les jours ayant précédé Pâques, le climat politique s'est nettement tendu, avec la publication -dans les médias- d'informations faisant état de subsides substantiels versés fin 2006 (peu avant qu'une loi sur le financement des partis limite à 300 000 couronnes les aides qu'ils peuvent recevoir d'un particulier ou d'une personne morale : entreprise, etc.) par de grosses entreprises aux diverses formations : "Gauche Verte", Parti du progrès, "Alliance" sociale-démocrate, et Parti de l'Indépendance.

Les "révélations" ont principalement visé le Parti de l'Indépendance, qui semble avoir bénéficié plus que ses concurrents de telles largesses, ayant reçu notamment (81 millions de couronnes au total ?) d'importantes aides de la part de deux grands groupes : 30 millions de couronnes de la holding "FL Group" (propriétaire, entre autres, de la Compagnie aérienne Icelandair), et 30 millions de la banque Landsbanki.(dont les propriétaires -selon la gauche- étaient proches du PI)

Quoi qu'il en soit, tandis que les autres partis s'engageaient à "rendre publiques leurs comptabilités" et à reverser aux principaux donateurs les sommes versées, le Parti de l'Indépendance décida, lui aussi, de rendre aux groupes incriminés (en faillite depuis quelques mois) les aides reçues. L'ancien Premier Ministre Geir Haarde, qui présidait aux destinées de la formation à l'époque des faits, fit savoir qu'il prenait la responsabilité de cette "affaire" : de notoriété publique, la Landsbanki, alors, aidait tous les partis ; quant au groupe FL, il avait rassemblé les contributions de nombreuses sociétés qui lui étaient liées.

L'actuel Président des Conservateurs, Bjarni Benediktsson, réunit d'urgence le 10 avril son groupe parlementaire. À l'issue de la réunion, il annonça qu'il acceptait la démission du Directeur administratif du Parti, et rendrait compte au prochain "Comité central" du PI des résultats de l'enquête à laquelle il faisait procéder sur l'ensemble de cette affaire.

 

NDLR : Le nom de Gunnlaugur Thor Thordarson, ancien Ministre (2007-2009) et tête de liste du PI dans la circonscription de Reykjavik Nord, a été plusieurs fois cité dans les médias comme ayant facilité la recherche des aides en question.  En outre, selon certains, il aurait joué un rôle, en 2006 et 2007, dans des opérations mal éclaircies mettant en cause la Compagnie d'Énergie de Reykjavik (OR), dont il présida alors le Conseil d'Administration, et sa filiale REI (voir "Bulletins" d'octobre et de novembre 2007).

L'intéressé a démenti ces allégations et ajouté qu'il demanderait aux "instances compétentes" d'enquêter sur son rôle dans l'affaire où on le mettait en cause.

 

* RETRAIT DU PROJET "D'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE" (14 AVRIL)

Le 14 avril, le Parti du progrès, qui, jusque-là, avait considéré le projet d'"Assemblée Constituante" comme un élément essentiel de la réforme constitutionnelle proposée par la coalition au pouvoir, déclare, lors d'une séance du Parlement, qu'il renonce à ce dispositif, dont il demandera le vote par l'Assemblée issue des élections du 25 avril.  Connaissant l'opposition vive que le projet rencontre de la part des Conservateurs (voir "Bulletin" de mars), il souhaite ne pas faire perdre de temps à l'Assemblée et permettre ainsi la discussion de textes économiques de nature à répondre aux préoccupations pressantes des ménages et entreprises touchés par la crise. Les partis du gouvernement lui emboîtent le pas, et annoncent qu'ils vont retirer de leur proposition de loi les dispositions relatives à la création d'une "Assemblée Constituante". Toutefois, ils n'entendent pas renoncer au reste de la réforme constitutionnelle, qui fait toujours pour eux partie des "projets prioritaires" que le Parlement doit adopter avant la fin de la session.

De fait, le débat sur ce texte reprendra dans la nuit du 14 au 15 avril, sans qu'un accord se dégage entre les partis à son sujet.

 

* CLOTURE DE LA SESSION PARLEMENTAIRE (17 AVRIL)

* Le 16 avril, le Premier Ministre, Madame Johanna Sigurdardottir, a annoncé au Parlement qu'elle retirait de l'ordre du jour la proposition de loi sur la réforme constitutionnelle (amputée des dispositions créant une "Assemblée Constituante", déjà retirées le 14 avril. Voir plus haut.), qu'elle avait déposée le 6 avril et qui avait alors le soutien de l'"Alliance" sociale-démocrate, de la "Gauche-Verte", du Parti du Progrès et du Parti Libéral.

Elle a déclaré que, si elle se résignait, avec beaucoup de regret, à retirer ce texte, c'était en raison de l'obstruction constante des élus du Parti de l'Indépendance, qui pratiquant le "flibustering" (malthof), avaient bloqué le vote de la proposition et risquaient de le faire jusqu'à la veille des élections du 25, privant ainsi les élus qui se représentaient de la possibilité de faire campagne dans leurs circonscriptions?.

S'en prenant vivement aux Conservateurs, elle les a accusé de défendre des intérêts privés et de refuser toute réforme privilégiant l'intérêt général et renforçant la démocratie.

Madame Arnbjörg Sveinsdottir, Présidente du groupe parlementaire PI, s'est félicitée de ce "recul gouvernemental", et du retrait d'un texte que son parti n'avait cessé de critiquer, tant il avait été préparé dans la hâte et contenait de dispositions critiquables et dangereuses.

Les chefs des groupes parlementaires des partis au pouvoir, Ludvik Bergvinsson ("Alliance") et Jon Bjarnason ("Gauche-Verte"), ont déploré le retrait d'un texte qui comportait nombre d'avancées démocratiques. Pour le premier, il facilitait l'organisation de référendums à l'échelle nationale, et prévoyait la possibilité de réviser la Constitution par voie référendaire. Dans ces conditions, l'adhésion de l'Islande à l'Union Européenne eût été possible durant la prochaine législature, ce que souhaitait son parti

Enfin, la Présidente du groupe parlementaire du Parti du Progrès, Siv Fridleifssdottir, a également condamné l'"obstruction" pratiquée par les Conservateurs, et, prenant ses distances avec le texte sur la réforme constitutionnelle, a rappelé son regret d'avoir été amenée à retirer deux jours auparavant le projet d'"Assemblée Constituante" (voir plus haut).

 

* Le 17 avril, avant de clore sa session, le Parlement a voté quelques projets de loi, qui restaient en souffrance. Ainsi en a-t-il été du projet déposé par le Ministre de l'Industrie, et prévoyant la ratification de l'accord passé à la fin de 2008 avec le groupe Nordural (filiale de la multinationale Century Aluminium) en vue de la construction d'une fonderie d'aluminium à Helguvik, dans le Sud-Ouest de l'Islande (voir "Bulletin" de février 2008). Ce texte a été voté par 38 voix ("Alliance", Parti de l'Indépendance", Parti du Progrès, et Parti Libéral) contre 9 (dont 8 élus de la "Gauche-Verte" et 1 député social-démocrate), 1 élue ("Alliance") s'abstenant, et 15 députés ne prenant pas part au vote.

De même, l'Althingi a adopté un projet de loi interdisant l'achat des services d'un(e) prostitué(e), s'inspirant de la législation suédoise sur ce problème. Le texte a été voté par 27 voix contre 3, 33 élus s'abstenant ou ne prenant pas part au vote.

Enfin, le Parlement a accordé la nationalité islandaise à certains demandeurs, et adopté divers textes, sur lesquels un accord était intervenu.

En revanche, faute de temps et d'accord entre les partis, divers projets et propositions ont été?remis à plus tard et seront éventuellement examinés par l'Assemblée issue des élections du 25 avril.

Tel a été le cas du "projet de loi", déposé en mars par le Ministre des Finances et prévoyant la création d'une "Société de gestion des actifs bancaires", contrôlée par l'État. Elle devait prendre en charge et réorganiser les entreprises importantes que les banques possèdent ou qu'elles contrôlent et dont les activités ont été sévèrement affectées par l'effondrement du système bancaire à l'automne 2008 (voir "Bulletin de mars"). Compte tenu du rôle -jugé par eux excessif- qu'il attribuait à l'État dans cette "société", ce texte avait suscité diverses critiques dans le monde des affaires et au Parti de l'Indépendance.

 

NDLR : Après le "recul du gouvernement" sur la réforme constitutionnelle, qui, en raison de l'obstination des deux camps en présence, avait occupé l'essentiel des débats parlementaires, bien des problèmes restent en suspens, et notamment des problèmes économiques et sociaux, sur lesquels des textes n'ont pu être débattus à l'Althingi. Un bon nombre d'entre eux font l'objet de profonds désaccords entre les formations politiques. Et pas seulement entre le Parti de l'Indépendance et les partis de gauche constituant actuellement la coalition gouvernementale. Mais également entre l'"Alliance" et la "Gauche-Verte", sans parler du "Parti du Progrès" qui peine à trouver sa voie et ses thèmes de campagne entre les trois grands de l'échiquier politique.

C'est dire que des décisions capitales pour le redressement de l'économie et pour le sort des ménages et des entreprises frappés par la "crise" devront être prises par le gouvernement qui sera constitué au lendemain des élections du 25 avril.

 

* DÉCLARATIONS DE MADAME JOHANNA SIGURDARDOTTIR EN FAVEUR DE L'ADHÉSION DE L'ISLANDE À L'UNION EUROPÉENNE (17 ET 20 AVRIL)

* Invitée à l'Assemblée annuelle de la Banque Centrale d'Islande le 17 avril (voir, ci-dessous, sous la rubrique "Économie", diverses informations sur cette réunion), le Premier Ministre, Madame Johanna Sigurdardottir a saisi l'occasion pour affirmer avec force qu'elle était très favorable à l'adhésion de son pays à l'Union Européenne (et à l'entrée dans la zone euro). Elle considère même que le lancement de négociations en vue de l'adhésion "devrait être une des priorités du prochain gouvernement". Pour elle, il s'agit là d'une contribution décisive au redressement économique de l'Île, à sa stabilité monétaire et financière, et à l'amélioration du sort des nombreux ménages et entreprises lourdement frappés par la crise. Dans ces conditions, la nation, qui, au terme des négociations, devra se prononcer par référendum -toutes les formations politiques en sont d'accord- sur l'éventuel accord qui en résulterait, ne pourra, selon Johanna, qu'émettre un vote positif.

* Trois jours plus tard, au cours d'une émission télévisée patronnée par le quotidien Morgunbladid, dans le cadre de la campagne électorale, Johanna, s'exprimant comme chef de l'"Alliance", a confirmé ces propos. Elle a même précisé que les conversations avec l'Union devraient s'engager dès juin 2009 de façon qu'un accord puisse intervenir rapidement., si (NDLR : Comme l'a plusieurs rappelé le membre de la Commission de Bruxelles chargé de l'élargissement Oli Rehn) les négociations ne posent pas de gros problèmes et ne prennent que peu de temps.

* Dans son discours à la Banque, Johanna s'est attardée sur quelques-uns des avantages précis que l'Islande retirerait de l'appartenance à l'ensemble européen et à la zone euro : limitation du déficit des finances publiques en raison du respect -obligatoire- des "critères de Maastricht ; aides éventuelles de la Banque Centrale Européenne en cas de difficultés graves ; cessation des fluctuations excessives et déséquilibrantes (pour les échanges extérieurs) que connaît la couronne, remplacée par une devise bénéficiant -comme la BCE- d'une bonne "crédibilité" de par le monde, etc. Le Premier Ministre a suggéré que, parallèlement aux négociations d'adhésion, des discussions s'engagent entre Bruxelles et Reykjavik pour déterminer si, avant même que l'Islande entre dans la zone euro, il serait possible à la BCE de contribuer à stabiliser à court terme le cours de la couronne.

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NDLR : Les déclarations de Johanna ont certainement pour but de faire voter pour l'"Alliance" tous ceux -notamment dans le monde des affaires- qui souhaitent une adhésion, aussi rapide que possible, de l'île à l'Union Européenne et son entrée dans la zone euro.

Elles n'en posent pas moins de nombreux problèmes. En effet, la réalisation des objectifs fixés par le Premier Ministre suppose : 1) que son parti arrive en tête des élections du 25 avril et qu'elle soit chargée de conduire les négociations en vue de former le nouveau gouvernement (ce que semblent indiquer les sondages disponibles au moment où elle parle) ; 2) que dans ce cas, ses partenaires les plus probables au sein de la nouvelle équipe (la "Gauche -Verte", et, éventuellement le Parti du Progrès) acceptent que les négociations avec l'UE s'engagent rapidement avec l'UE. Si le Parti du Progrès est proche de l'"Alliance" sur ce problème, il en va tout autrement pour la "Gauche-Verte", qui, depuis sa création, n'a cessé de clamer son opposition à l'adhésion de l'Île, et n'a toujours pas trouvé sur ce point un terrain d'entente avec l'Alliance (cela sera sans doute fait lors de la constitution du nouveau gouvernement) ; 3) que les négociations aboutissent rapidement à un accord sur l'entrée de l'Islande dans l'ensemble européen (ce que semblent penser à la fois l'"Alliance" et la Commission de Bruxelles) ; 4) que, pour permettre à cet accord d'entrer en vigueur, la Constitution soit modifiée par l'Assemblée sortie des urnes le 25 avril, car le transfert de souveraineté de l'Islande à l'UE est contraire à la Constitution ; 5) que la révision constitutionnelle ainsi votée soit confirmée, après une dissolution de l'Assemblée et des élections, par la nouvelle Assemblée. Comme on le sait (voir plus haut), la "réforme constitutionnelle" proposée par le gouvernement de Johanna Sigurdardottir, et qui devait rendre plus facile pour l'avenir la procédure de révision, a été retirée le 18 avril devant l'opposition résolue du Parti de l'Indépendance ; 6) qu'une fois entrée dans l'Union européenne, l'Islande satisfasse aux critères qui permettent à un pays membre de participer à la zone euro ; 7) que les Islandais, appelés -par référendum- à ratifier le traité d'adhésion, se prononcent en sa faveur, ce dont Johanna Sigurdardottir ne semble pas douter.

En tout état de cause, ces diverses conditions sont loin d'être remplies, et il faudra du temps et un processus complexe pour que l'entrée rapide de l'Islande dans l'Union européenne soit assurée.

 

* DERNIERS SONDAGES PRÉ-ÉLECTORAUX

* Le 15 avril, le quotidien "Fréttabladid" publie une enquête d'opinion, selon laquelle l'Alliance" recueillerait 32,2 % des voix, le Parti de l'Indépendance 27,3 % et la "Gauche-Verte" 25,7 %. Le Parti du Progrès tomberait à 6,8 % et les Libéraux à 0,7 %. Le "Mouvement des citoyens" obtiendrait 4,9 % et le "Mouvement pour la démocratie" 2 %. D'après ce journal, 52, 6 % des Islandais souhaiteraient qu'au lendemain des élections, Mme Johanna Sigurdardottir continue à diriger le gouvernement, tandis que 25, 8 % choisissent pour le poste de Premier Ministre le chef du Parti de l'Indépendance, Bjarni Benediktsson, et 11, 5 % le président de la "Gauche-Verte" Steingrimur Sigfusson (qui ne recueille que 46,1 % des voix de ses partisans, contre 48 % à Johanna).

* Le 21 avril, un sondage de Capacent Gallup, réalisé pour le quotidien "Morgunbladid" et la radio-télévision publique RUV, accorde 31,7 % des voix et 20 élus à l'Alliance, 27, 5 % et 18 sièges à la "Gauche-Verte, 22,5 % et 14 sièges au Parti de l'Indépendance, 12,1 % et 8 élus au Parti du Progrès. Le "Mouvement des Citoyens" fait une percée relative avec 5 % des suffrages et 3 élus. Les "Libéraux" tombent à 1,1 % et le "Mouvement pour la Démocratie" ne dépasse pas 0,8 %.

* Enfin, un dernier sondage a été publié le 24 au soir. Émanant de Capacent Gallup, il attribue 29,8 % des intentions de vote et 20 sièges à l'Alliance, 26,3 % et 17 élus à la "Gauche-Verte", 23,2 % et 15 sièges au Parti de l'Indépendance (PI), 12 % et 7 élus au Parti du Progrès  (PP). Le "Mouvement des Citoyens" confirme sa "percée" relative, et, avec 6,8 % des voix, aurait 4 sièges. Les Libéraux stagneraient autour de 1,5 % des intentions de vote, tandis que le "Mouvement pour la Démocratie" ne dépasserait pas 0,5 %.

Le même sondage indique que 53,9 % des personnes interrogées soutiennent l'actuel gouvernement : ce pourcentage est en nette baisse par rapport à des enquêtes réalisées au début de février (au moment de l'entrée en fonction de ce gouvernement), où il atteignait 65 %.

 

* ÉLECTIONS LÉGISLATIVES (25 AVRIL)

Rappel de quelques données de base

* Pour les élections législatives du 25 avril 2009, le nombre des électeurs inscrits s'établissait à 225 896 dont 114 295 femmes et 113 601 hommes. Celui des candidats à 882, dont 355 femmes et 527 hommes. 63 sièges étant à pourvoir.

* Comme pour les précédentes élections (2003 et 2007), l'Île était divisée en six grandes circonscriptions : trois circonscriptions urbaines ou très urbanisées (Reykjavik-nord, Reykjavik-sud et le Sud-Ouest, qui comprend les communes urbaines entourant la capitale), et trois circonscriptions à dominante rurale (le Sud, le Nord-Est, et le Nord-Ouest). Chaque circonscription élit, au scrutin de liste proportionnel, de 9 à 12 sièges, selon le chiffre de sa population ; des mécanismes complexes faisant en sorte qu'au plan national le nombre de sièges d'un parti soit exactement proportionnel au chiffre de voix obtenues.

* Sept formations politiques ont présenté des listes dans toutes les circonscriptions. Outre les cinq partis qui étaient représentés à l'Althingi au cours des dernières législatures (Parti de l'Indépendance, avec 26 "sortants" dans la dernière, "Alliance" sociale-démocrate avec 18 sortants, "Gauche-Verte" avec 9 ; Parti du Progrès avec 7  et Parti Libéral, avec 3 sortants), deux nouveaux venus avaient fait leur apparition. D'une part, le "Mouvement pour la démocratie", dirigé par Astthor Magnusson, "éternel candidat" aux élections présidentielles, peu pris au sérieux, et au programme flou et inconsistant. D'autre part le "Mouvement des Citoyens", que présidait un économiste, Thor Saari. Ce parti proposait, dans sa "plate-forme", des solutions souvent simplistes et démagogiques (saisir le patrimoine des dirigeants des "anciennes banques" pour venir en aide à leurs victimes, plutôt que de faire appel à l'argent des contribuables etc). Il s'adressait en priorité aux mécontents et aux victimes de la crise, et s'efforçait à la fois de "déborder" sur ce terrain les partis du gouvernement et de récupérer certains électeurs du PI, gravement lésés par la faillite des banques. Sa "percée" relative s'est faite au détriment de toutes les listes concurrentes, mais a certainement contribué, de manière marginale, à la mauvaise performance du PI (rendu responsable de la crise, et affaibli par les "affaires" liées au soutien des grandes entreprises) et fait perdre des voix à la "Gauche-Verte" passée du rôle d'"opposant protestataire" à celui de "parti de gouvernement"

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Les résultats du scrutin

Ils s'établissent ainsi :

* Taux de participation : 85,1 % (en légère hausse sur 2007) ;

Abstentions : 14,9 % (en légère baisse) ;

Bulletins blancs et nuls : 3,48 % ; 

"Alliance" sociale-démocrate : 29;8 % des voix et 20 élus (soit 2 de plus qu'en 2007)

Parti de l'Indépendance : 23,7 % et 16 sièges (9 de moins qu'en 2007) 

"Gauche-Verte" : 21,7 % et 14 élus (5 de plus qu'en 2007)

Parti du Progrès : 14,8 % et 9 sièges ( 2 de plus qu'en 2007)

"Mouvement des citoyens" : 7,2 % et 4 élus (3 dans les circonscriptions urbanisées, dont 2 à Reykjavik)

Le Parti Libéral et le Mouvement pour la Démocratie se partagent les 2,8 % (2,2 % pour le premier) de suffrages restants et ne seront pas représentés au Parlement.

* L'Assemblée élue le 25 avril comprend 27 femmes sur 63 parlementaires. Ce pourcentage (43 %) est supérieur à celui du Parlement "sortant" (31,7 %).

Il y a également 27 "nouveaux élus", dont les 4 représentants du "Mouvement des Citoyens" et le Président du Parti du Progrès, Sigmundur David Gunnlaugsson (élu dans la capitale), etc.

En revanche, quelques "ténors" de l'Assemblée "dissoute" disparaissent, soit qu'ils ne se soient pas représentés (les anciens Ministres Geir Haarde, Björn Bjarnason, Arni M Mathiesen et Sturla Bodvarsson au Parti de l'Indépendance, Mme Ingibjörg Solrun Gisladottir à l'Alliance,  les anciens ministres Valgerdur Sverrisdottir et Gudni Agustsson au Parti du Progrès, etc), soit qu'ils aient été battus (telle la Ministre de l'Environnement sortante, Mme Kolbrun Halldorsdottir, -"Gauche-Verte"- défaite à Reykjavik, Mme Arnbjörg Sveinsdottir, présidente du groupe parlementaire du PI, battue dans le Nord-Est, et le Président du Parti Libéral, Gudjon A Kristjansson).

 

NDLR :1) Dans la nouvelle Assemblée, les partis de la coalition sortante (Alliance et "Gauche-Verte"), s'ils remportent la majorité des suffrages exprimés (51,7 %), n'ont que de justesse la majorité absolue au Parlement (34 sièges sur 63).

Le Parti de l'Indépendance recule sensiblement par rapport à 2007 : nombre de ses électeurs d'alors lui ont imputé la responsabilité de la crise. Dès lors, ils se sont abstenus (tandis que les électeurs des partis de gauche se rendaient en masse aux urnes), ou ont voté blanc ou nul ou ont voté pour le Parti du Progrès, ou le Mouvement des Citoyens, voire pour l'un des partis de gauche. 

2) Le principal problème que va rencontrer Johanna -si elle entend (elle l'a maintes fois déclaré) poursuivre sa collaboration avec la "Gauche-Verte", qui, de son côté, se déclare toujours désireuse de coopérer avec l'Alliance- sera d'arriver à un accord avec ce parti. sur la "question européenne". Comme on le sait, d'importantes divergences les séparent. L'Alliance n'a cessé d'affirmer, même dans les derniers jours de la campagne électorale, qu'elle souhaitait l'ouverture très rapide (juin, si possible) de négociations d'adhésion avec Bruxelles et l'entrée de l'Islande dans la zone euro. En revanche, Steingrimur Sigfusson, Président de la Gauche Verte, a, au même moment, renouvelé son opposition à cette adhésion.

 

POLITIQUE EXTÉRIEURE

* L'ISLANDE CONTINUERA À PARTICIPER À L'EFFORT INTERNATIONAL EN VUE DE LA RECONSTRUCTION DE L'AFGHANISTAN (31 MARS-1ER AVRIL)

Comme l'indique un communiqué du Ministère des Affaires étrangères en date du 1er avril (texte en anglais sur le site : http://www.mfa.is/publications/aifs/nr/4896), l'Islande continuera à participer à l'effort international en vue de la reconstruction de l'Afghanistan. C'est ce qu'a affirmé l'Ambassadeur Greta Gunnarsdottir, qui conduisait la délégation islandaise à la conférence organisée par l'ONU à La Haye le 31 mars.

Madame Greta Gunnarsdottir, Directeur Général des Affaires Internationales au Ministère, a précisé que Reykjavik entendait poursuivre sa contribution civile à l'ISAF (Force Internationale d'assistance à la sécurité, opérant sur mandat de l'ONU, et dirigée par l'OTAN) et aux diverses institutions relevant de l'ONU, qui travaillent en Afghanistan.  Elle a souligné tout le prix que Reykjavik attachait au respect des droits de l'homme (et en particulier aux droits des femmes) comme composante intégrale des différents programmes d'aide.

 

LE MINISTRE ÖssUR SKARPHEDINSSON AU SOMMET DE L'OTAN À STRASBOURG-KEHL (3 ET 4 AVRIL)

Un communiqué du Ministère des affaires étrangères en date du 6 avril (texte en anglais sur le site : http://www.mfa.is/speeches-and-articles/nr/4926) relate l'intervention du Ministre Ossur Skarphedinsson, qui représentait l'Islande au Sommet de l'OTAN, les 3 et 4 avril. Il y remplaçait le Premier Ministre Johanna Sigurdardottir, que son emploi du temps très chargé (et notamment l'encombrement du calendrier parlementaire) retenait à Reykjavik.

Dans son discours, Össur a insisté pour que l'Alliance Atlantique, dans sa "définition d'une nouvelle stratégie", prenne en considération l'importance croissante que va prendre le "Grand Nord" dans les années à venir. En raison des changements climatiques et de la fonte de la calotte glaciaire, de nouvelles voies de communication transarctiques s'ouvriront, et avec elles le transport de marchandises connaîtra des développements considérables. En outre, l'exploitation des abondantes ressources naturelles (pétrole, gaz) marines de la zone lui donnera une importance stratégique indéniable

Sans préconiser une présence militaire accrue, Össur demande à l'Alliance de se préparer à jouer un plus grand rôle dans la région, compte tenu des développements prévisibles.

Concernant l'Afghanistan, le Ministre islandais a confirmé que, malgré ses graves difficultés économiques, son pays continuerait à participer à l'effort international en vue de la reconstruction de cet État et aux programmes d'aide humanitaire. Selon lui, l'accent devait être mis par les Alliés sur le respect des droits de l'homme (et des droits des femmes et des enfants, en particulier).

Enfin, il a apporté le soutien de Reykjavik à la candidature du Premier Ministre danois Anders Fogh Rasmussen au poste de Secrétaire-Général de l'OTAN (où il a été élu).

NDLR : L'absence de Johanna Sigurdardottir au Sommet de l'OTAN a été jugée sévèrement par le Parti de l'Indépendance. Selon lui, le Premier Ministre aurait du saisir l'occasion pour protester contre l'attitude inamicale du gouvernement britannique, qui en novembre 2008 a recouru à une législation antiterroriste pour saisir des succursales bancaires islandaises (voir "Bulletin" d'octobre).

 

* COOPÉRATION ISLANDO-AMÉRICAINE DANS LE DOMAINE DE L'ÉNERGIE GÉOTHERMIQUE : RENCONTRE OBAMA-SKARPHÉDINSSON AU SOMMET DE L'OTAN (3-4 AVRIL)

Selon un communiqué du Ministère des affaires étrangères en date du 6 avril (texte en anglais sur le site : http://www.mfa.is/speeches-and-articles/nr/4920), le Ministre des Affaires étrangères Össur Skarphé<eth>insson s'est entretenu, en marge du Sommet de l'OTAN (tenu à Strasbourg les 3 et 4 avril), avec le Président des Etats-Unis Barack Obama, des perspectives de coopération bilatérale en matière d'utilisation de l'énergie géothermique.

Le Président Obama, qui était au courant du "leadership" de l'Islande en ce domaine, s'est montré particulièrement intéressé par une intensification de la coopération islando-américaine. À cette occasion, il a rappelé l'engagement pris par son gouvernement de développer l'utilisation des ressources énergétiques renouvelables, et, ainsi, de contribuer à la lutte contre les émissions des gaz à effet de serre, tout en créant un plus grand nombre d'emplois permettant la sauvegarde de l'environnement.

M. Obama a chargé un de ses proches conseillers de rester en contact avec l'Islande dans ce domaine.

 

* LE MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES SE DIT PRÉOCCUPÉ PAR LE LANCEMENT D'UN MISSILE NORD-CORÉEN LE 5 AVRIL

Dans un communiqué, publié le 6 avril (texte en anglais sur le site : http://www.mfa.is/speeches-and-articles/nr/4931), le Ministre des Affaires étrangères Ossur Skarphedinsson exprime sa profonde préoccupation devant le lancement, le 5 avril, d'un missile par la Corée du Nord. Cette initiative contrevient à la Résolution 1718 du Conseil de Sécurité, qui interdit à ce pays de lancer des missiles balistiques et de procéder à des essais nucléaires.

L'Islande s'associe entièrement aux appels de la communauté internationale demandant à la Corée du Nord de respecter ses engagements internationaux et d'entrer en pourparlers avec les autres États concernés sur les problèmes relatifs à la sécurité de l'Asie du Nord-Est.

Dans cet esprit, le Ministre islandais espère une reprise rapide des "pourparlers à six" (Etats-Unis, Japon, Russie, Chine, Corée du Nord et Corée du Sud) visant à trouver une issue pacifique aux inquiétudes de sécurité soulevées par le programme nucléaire nord-coréen.

 

* L'ISLANDE ET LE "COMMONWEALTH DE LA DOMINIQUE" SIGNENT UN ACCORD DE COOPÉRATION SUR L'ÉNERGIE GÉOTHERMIQUE (16 AVRIL)

Selon un communiqué du Ministère des affaires étrangères en date du 16 avril (texte en anglais sur le site : http://www.mfa.is/speeches-and-articles/nr/4938), l'Islande et le "Commonwealth de la Dominique" viennent de signer un accord de coopération sur l'énergie géothermique.

Île des CaraÏbes, peuplée d'environ 73 000 habitants et située à mi-chemin de la Guadeloupe et de la Martinique, la Dominique possède des ressources inexploitées d'énergie géothermique. Actuellement, elle produit 86 GWh d'électricité à partir de combustibles fossiles importés.

Elle envisage donc de construire une centrale de 100 MW utilisant l'énergie géothermique, qui lui permettrait à la fois de couvrir ses propres besoins en électricité, mais également d'en vendre à la Martinique et à la Guadeloupe (qui, comme elle, ont recours aux importations de combustibles fossiles), grâce la construction de câbles sous-marins transportant dans ces deux îles l'électricité produite à la Dominique.

L'Islande et la Dominique ont donc décidé d'engager une coopération, où l'expertise islandaise sera mise à profit pour la construction de la centrale géothermique envisagée. Si ce projet se réalise comme prévu, les populations des trois îles concernées pourraient bénéficier prochainement d'une énergie "propre", à un prix plus avantageux que les tarifs actuellement en vigueur.

 

* La "Commission sur les Affaires Européennes" REMET SON RAPPORT AU PREMIER MINISTRE (17 AVRIL)

Selon un communiqué des services du Premier Ministre (texte en anglais sur le site : http://eng.forsaetisraduneyti.is/news-and-articles/nr/3661), la "Commission sur les Affaires Européennes", créée fin janvier 2008, qui comprend des représentants de tous les partis politiques représentés à l'Althingi, et des partenaires sociaux, a remis, le 17 avril, au Premier Ministre le rapport que ce dernier lui avait demandé de préparer, comme suite au "programme de gouvernement" du 1er février 2009 (voir "Bulletin" de février 2009).

La Commission est présidée par deux parlementaires de Reykjavik : Agust Olafur Agustsson, de l'"Alliance" sociale-démocrate, et Illugi Gunnarsson, du "Parti de l'Indépendance" (Conservateurs).

Ce rapport fait apparaître que les membres de la Commission n'ont pas réussi à dégager une position commune sur la solution qui serait la plus favorable aux intérêts islandais dans le domaine des relations avec l'Union européenne (adhésion à l'Union et à la "zone euro", maintien du statu quo, recherche d'accords spécifiques et sectoriels avec Bruxelles, etc)

Le rapport se contente donc de publier les positions respectives des divers participants.

Elle joint : 1) un tableau d'ensemble des mesures prises par les différents Départements ministériels, s'agissant de leurs relations avec l'Union ; 2) une note sur les conséquences du traité de Lisbonne pour les pays de l'Espace Économique Européen et spécialement pour l'Islande ; 3) un compte-rendu de la récente visite à Bruxelles de la Commission ; 4) une note sur les possibilités, pour l'Islande, d'adopter l'euro, sans adhérer à l'UE (NDLR : les responsables de l'Union -y compris le Gouverneur de la Banque Centrale Européenne, Jean-Claude Trichet- ont toujours affirmé que l'adhésion à l'UE était un préalable à l'entrée dans la zone euro) ; 5) une étude de l'Institut d'Économie de l'Université d'Islande sur les questions monétaires.

NDLR : Le texte en islandais (60 pages) du rapport est publié sur le Site du Premier Ministre : http://www.forsaetisraduneyti.is/frettir/nr/3668).

 

ÉCONOMIE

* RALENTISSEMENT DE LA PROGRESSION DU CHÔMAGE EN MARS 2009

Selon un communiqué du "Centre d'Information du gouvernement" en date du 16 avril (/info/news/features/nr/6944), la progression du chômage a connu un ralentissement significatif en mars 2009, où il a avoisiné 8,9 % de la population active (contre 8,2 % en février et 6,6 % en janvier) alors qu'on s'attendait à un résultat nettement pire.

La même source ajoute que : 1) ce taux est inférieur à celui enregistré le même mois dans la "zone euro", où il s'est établi à 9,1 % ; 2) que le chiffre de mars 2008, -alors que la "crise" n'avait pas atteint l'Islande-, était de 1 % seulement, performance remarquable pour le "Vieux Continent".

Comme en février, 20 % des personnes enregistrées sont en fait des "chômeurs à temps partiel", qui à ce titre bénéficient de prestations compensatoires, en application des dispositions prises par les autorités pour atténuer les effets du chômage.

Pour avril, la Direction du Travail prévoit que la proportion de chômeurs se stabilisera dans une fourchette comprise entre 8,8 % et 9,3 % ; étant entendu que cette prévision est assez aléatoire, compte tenu des nombreuses incertitudes pesant sur l'évolution de la situation économique. On s'attend à une nouvelle détérioration dans de nombreux secteurs ; en revanche, la construction et l'industrie touristique devraient voir leur situation s'améliorer à l'approche de l'été.   

 

* VOTE D'UNE LOI RENFORCANT LE CONTRÔLE DES CHANGES (1er AVRIL)

Comme on le sait (voir "Bulletin" de mars), le Parlement a voté, dans la nuit du 31 mars au 1er avril, une loi renforçant le contrôle des changes.

Un communiqué du Premier Ministre en date du 1er avril (texte en anglais sur le site : http://eng.forsaetisraduneyti.is/news-and-articles/nr/3634) fournit quelques précisions sur la loi en question. Nos lecteurs trouveront, ci-après, les points saillants de ce communiqué :

* Le Parlement avait, en vue de défendre le cours de la couronne, le 28 novembre 2008, voté une loi, qui instituait un contrôle strict des mouvements de capitaux entre l'Islande et le monde extérieur. Il s'agissait d'empêcher une fuite éventuelle des capitaux à l'étranger. Aussi bien, la loi prévoyait que les exportateurs de biens et de services islandais devaient rapatrier en Islande les devises (euros, dollars, etc) acquises grâce aux produits de leurs ventes, renforçant par là les réserves du pays et contribuant à la stabilisation de la monnaie nationale.

La dépréciation sensible qu'a enregistrée en mars la couronne laisse à penser que cette règle a été contournée. Sans doute certains exportateurs ont-ils accepté d'être payés en couronnes islandaises, que leurs acheteurs se seraient procurées, à un taux plus avantageux pour eux sur le "marché parallèle" (où l'on trouve des couronnes islandaises à un cours nettement déprécié).

*Aussi bien la loi votée le 31 mars entend-elle lutter contre ces pratiques, en comblant une "lacune" de la législation antérieure et en obligeant les exportateurs à se faire régler le produit de leurs ventes en devises étrangères. Le respect de cette disposition, qui entre immédiatement en vigueur, fera l'objet de contrôles de la part des services concernés. La loi s'appliquera jusqu'au 30 novembre 2010, date où -normalement- prend fin le "programme de redressement" convenu entre l'Islande et le Fonds Monétaire International en novembre 2008.

 

Le communiqué du Premier Ministre comporte en annexe le texte de la loi

 

NDLR : La dépréciation de la couronne, enregistrée en mars, a également d'autres causes (voir "Bulletin" de mars) : cession par des investisseurs étrangers de bons du Trésor ou de "certificats de dépôts" émis par la Banque Centrale, etc. Mais les pratiques, liées aux échanges commerciaux et auxquelles le gouvernement s'attaque, semblent avoir pris une ampleur inquiétante, qui justifient le recours à une loi "d'urgence".

 

ARTICLE DU GOUVERNEUR DE LA BANQUE CENTRALE (1er AVRIL)

Le Gouverneur de la Banque Centrale, Svein Harald Oygard, a publié le 1er avril dans le quotidien Morgunbladid un article synthétique sur la remise en marche de l'économie islandaise.

Nos lecteurs trouveront sur le Site de la Banque (http://www.sedlabanki.is/?PageID=287&NewsID=2093) la traduction anglaise de cet article, où sont succinctement analysées les principales mesures adoptées, au cours des derniers mois, par les autorités de Reykjavik et les perspectives qui s'ouvrent à l'économie nationale pour le reste de l'année 2009 et pour 2010.

 

* LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE L'ISLANDE, EXCÉDENTAIRE EN MARS

Selon un communiqué de l'Office des Statistiques du 2 avril (http://www.statice.is/Pages/444?NewsID=3685), le commerce extérieur de l'Islande a enregistré en mars un excédent de 8,3 milliards de couronnes (1 euro valant environ 160 couronnes), alors qu'en février il ne représentait que 6 milliards, et en janvier 300 millions. En effet, les importations n'ont pas dépassé 26,6 milliards ; tandis que les exportations avoisinaient 34,9 milliards. Ce bon résultat est à mettre en grande partie au gonflement des ventes de produits de la mer et de ferro-silicium.

Les experts estiment que cette amélioration progressive de la balance commerciale -qui prouve la "résilience" et la faculté d'adaptation de l'économie islandaise-, devrait se poursuivre dans les mois à venir. Couplée avec le durcissement du contrôle des changes, qu'une loi récente (31 mars) vient de décider, elle est de nature à permettre une stabilisation du cours de la couronne, qui en mars avait connu une dégradation inquiétante (voir "Bulletin" de mars).

 

* "L'ISLANDE EST UN PAYS AVEC LEQUEL ON PEUT FAIRE DE BONNES AFFAIRES", DÉCLARE LE MINISTRE DU COMMERCE À L'AGENCE BLOOMBERG LORS D'UN VOYAGE OFFICIEL AUX Etats-Unis (7 AVRIL)

Selon un communiqué du Ministère du Commerce en date du 8 avril (texte en anglais sur le site : http://eng.vidskiptaraduneyti.is/Publications/nr/2884), le Ministre, le Professeur Gylfi Magnusson, a effectué un voyage aux Etats-Unis les 6 et 7 avril. Il y a eu des entretiens avec de hauts responsables du Ministère du Commerce américain, des représentants du Ministère des Affaires étrangères et du Fonds Monétaire International. Il a prononcé le discours d'ouverture lors d'une réunion de la Chambre de commerce islando-américaine consacrée à l'économie islandaise et à ses perspectives.

Enfin, il a donné des interviews télévisées aux chaînes (privées) "Fox News" et Bloomberg.

Dans ces interviews, son message a été le suivant : "Après la catastrophe économique et financière de l'automne 2008, l'Islande est sur le chemin du redressement. Les premiers résultats sont meilleurs qu'on ne l'avait espéré. Bien que la nation soit loin d'être sortie des graves difficultés provoquées par la crise, elle les affronte avec persévérance et ses progrès dépassent les attentes initiales". "L'Islande est un pays avec lequel on peut faire de bonnes affaires", ajoutera Gylfi dans son interview à la chaîne économique Bloomberg.

NDLR : L'opération de "relations publiques" auquel s'est livré -en plus de ses rencontres "officielles"- le Ministre Gylfi Magnusson, professeur d'économie, montre tout le prix qu'attache l'actuel gouvernement à "rassurer" les milieux d'affaires américains sur la santé de l'économie nationale. On rappellera qu'en mars, tant le Ministre du Commerce que son collègue des Finances avaient donné des interviews à la chaîne Bloomberg (voir "Bulletin" de mars).

 

* 8 AVRIL : LA BANQUE CENTRALE ABAISSE D'UN POINT ET DEMI LES TAUX DIRECTEURS D'INTERET : "UN "RELÂCHEMENT PRUDENT" DE LA POLITIQUE MONÉTAIRE"

Dans un communique du 8 avril (texte en anglais sur le site http://www.sedlabanki.is/?PageID=287&NewsID=2101), la Banque Centrale annonce que le Comité de Politique Monétaire a décidé de réduire d'un point et demi les taux directeurs d'intérêt, qui passent ainsi de 17 à 15,5 %.

* Le CPM rappelle, d'abord, que, -comme il l'avait souligné le 19 mars, lorsqu'il avait ramené les taux d'intérêt de 18 à 17 %-, sa principale tâche actuellement est d'aider à la stabilisation de la couronne, tâche impérative du fait de la fragilité de la situation financière des entreprises et des ménages.

Or, la devise nationale a enregistré dans les dernières semaines des accès de faiblesse. Depuis le 19 mars, elle s'est dépréciée d'environ 9 %. Cette baisse a diverses causes : des "lacunes" dans la législation sur le contrôle des changes, qui ont été comblées par la loi du 31 mars renforçant ce contrôle ; mais aussi des facteurs temporaires, comme le paiement à des investisseurs étrangers d'intérêts sur des titres islandais, un coupon venant à échéance, etc (voir "Bulletin" de mars). En revanche, le CPM ne pense pas que la baisse des taux directeurs mise en ?uvre le 19 mars ait pu contribuer à la faiblesse de la devise. Le différentiel entre le taux d'intérêt islandais et celui des autres monnaies reste toujours important (il a légèrement augmenté par rapport à l'euro, depuis la fin 2008) et devrait le rester, même si le taux islandais continue à baisser modérément.

* Le CPM constate que les tendances inflationnistes se sont récemment atténuées. L'indice des prix à la consommation a baissé de 0,6 % en mars. Par rapport à mars 2008, les prix n'ont augmenté que de 15,2 %, alors qu'ils s'étaient accrus de 18,6 % entre janvier 2008 et janvier 2009. Ce ralentissement de l'inflation est largement dû à une contraction de la demande intérieure, en particulier de la demande de logements. Dans le même temps, les tensions sur le marché du travail ont considérablement régressé, avec les récents et rapides progrès du chômage, et leurs conséquences sur le niveau des salaires. Enfin, la confiance est en train de renaître dans le monde des affaires, après être tombée au plus bas, il y a quelque temps.

Le ralentissement des pressions inflationnistes a, par ailleurs, été favorisé, en janvier et février, par la bonne tenue de la couronne. Sa récente dépréciation ne devrait pas compromettre les résultats acquis, dans la mesure où la contraction de la demande intérieure va se poursuivre. En tout état de cause, le CPM estime vraisemblable que la monnaie se remette à l'avenir de son actuelle "faiblesse", compte tenu des perspectives favorables qui se présentent sur le long terme dans ce domaine.

Dans ces conditions, le CPM réitère ses conclusions du 19 mars sur l'impossibilité d'abolir rapidement le contrôle sur les mouvements de capitaux. Il est impératif d'éviter des sorties désordonnées de capitaux et un amenuisement des réserves de change. Compte tenu des incertitudes entourant encore la restructuration du système financier, le retour à l'équilibre des finances publiques, et également l'évolution de la conjoncture mondiale, les conditions ne sont pas remplies pour supprimer le contrôle.

La Banque Centrale évalue régulièrement l'efficience des contrôles en cause et entend, le moment venu, formuler une stratégie pour leur disparition progressive.

 

S'agissant des taux d'intérêt, le Comité de Politique Monétaire fera une nouvelle déclaration le 7 mai.

 

NDLR : 1) La décision du Comité de Politique Monétaire s'inscrit dans le cadre de la stratégie recommandée par le Fonds Monétaire International. Elle est donc très prudente, et décevra peut-être, dès lors, ceux qui, dans le monde des affaires et le grand public, espéraient un geste plus spectaculaire.

2) Quant à la baisse de la couronne enregistrée courant mars, elle s'explique certes par les "lacunes" -maintenant comblées- de la législation sur le contrôle des changes et par le paiement d'intérêts (environ 5 milliards de couronnes) à des détenteurs étrangers de titres islandais (dans les douze mois à venir, les paiements d'intérêts devraient dépasser 11 milliards). Mais un autre facteur a également joué : la vente de titres venant à échéance (certificats de dépôt, bons du Trésor, etc.) par des investisseurs étrangers (voir "Bulletin" de mars). Ces derniers ont préféré en demander le remboursement plutôt que de réinvestir leurs avoirs en couronnes. Leur "prudence" peut se comprendre, en raison des incertitudes que l'actuelle période électorale fait peser sur la solution de nombreux problèmes. On est loin actuellement d'y voir clair sur l'"assainissement" des finances publiques dans les prochaines années et sur le futur budget pour 2010, sur la reconstruction du système financier, les mesures qui seront prises pour assurer la "reprise" de l'économie, etc.

Si les perspectives ne s'éclairent pas, les mois à venir devraient voir, de nouvelles demandes de remboursements de titres islandais par des détenteurs étrangers. Le montant global de ces créances s'élèverait à plus de 130 milliards de couronnes (soit environ 1 milliard de dollars). Il faudra alors, pour y faire face, que le Trésor Public puise dans les devises que lui accorde, à titre de prêt, le Fonds Monétaire International et dont une partie seulement a été débloquée et versée à la Banque Centrale.

 

En outre, les négociations entre les créanciers étrangers (qui détiennent des créances considérables, évaluées entre 150 et 200 milliards de couronnes, soit 1,2 à 1,6 milliard de dollars) des anciennes banques et les nouvelles banques ne sont pas achevées et, même si, comme l'espère le Ministre Gylfi Magnusson, elles connaissent une issue positive, ce ne sera pas avant quelques semaines.

 

En tout état de cause, compte tenu des menaces qui continuent à peser sur elle, la stabilisation de la couronne imposera, au lendemain des élections, une politique monétaire très prudente et la mise en ?uvre d'une politique budgétaire empreinte d'une extrême rigueur.

 

* ASSEMBLÉE GÉNERALE annuelle de la Banque Centrale (17 AVRIL)

La Banque Centrale d'Islande a tenu le 17 avril son Assemblée annuelle.

Les temps forts de cette réunion ont été :

1) L'allocution du Gouverneur intérimaire Svein Harald Oygard

Il a rappelé les principaux problèmes auxquels étaient confrontés la Banque -du fait de la grave crise que traverse le pays depuis l'automne 2008. Il a également mis en relief les principales décisions qu'elle a prises après sa réorganisation par la loi du 26 février 2009, sa désignation -le 27- comme Gouverneur par intérim et la mise en place (le 3 mars) du Comité de Politique Monétaire. 
Nos lecteurs trouveront le texte complet -en anglais- du discours de M. Oygard sur le Site de la Banque : http://www.sedlabanki.is/?PageID=287&NewsID=2108). Les principales mesures prises par la Banque Centrale depuis février ont été analysées dans les trois derniers numéros (février, mars et avril 2009) de ce "Bulletin".

2) Le discours de Mme Johanna Sigurdardottir, Premier Ministre

Invitée d'honneur de la réunion, Johanna Sigurdardottir y a prononcé un important discours (le texte en anglais est publié sur le site : http://eng.forsaetisraduneyti.is/minister/JS_speeches/nr/3669), dont nous résumons, à l'intention de nos lecteurs, les points suivants concernant la politique économique et financière. Les développements relatifs aux rapports de l'île avec l'Union européenne et avec la zone euro font l'objet d'un bref compte rendu sous la rubrique "Politique intérieure" de ce "Bulletin" (voir plus haut) : ``

* Le Premier Ministre a, d'abord, dressé un bilan positif (NDLR : trop optimiste selon ses opposants) des principales décisions prises depuis le 1er février par son gouvernement : poursuite de la collaboration avec le Fonds Monétaire International et exécution progressive du "Programme de redressement économique" établi en accord avec le Fonds ; loi du 26 février réorganisant la Banque Centrale ; réforme de l'"Autorité de Surveillance Financière" ; lancement d'une restructuration du système bancaire, etc.

* Johanna n'a pas caché que, malgré ces avancées, de gros problèmes restaient en suspens. Ainsi, selon elle, la dette brute du Trésor s'élèverait, à la fin de 2009, à environ 1 100 milliards de couronnes (soit, au cours actuel, 6,4 milliards d'euros), la dette nette avoisinant seulement -en raison de l'importance des actifs disponibles- à 150 milliards, ce qui représente quand même 10 % du PIB islandais. Un sujet -majeur- de préoccupation vient de ce que, du fait de la faillite des banques survenue en 2008, une fraction significative de la "dette brute" est constituée par des créances détenues par des déposants étrangers, tels les titulaires des comptes "Icesave" (dont les avoirs ont été mis en danger par la faillite de la banque Landsbanki). Bien entendu, le Gouvernement islandais s'appliquera à régler, en accord avec les États étrangers concernés, le difficile problème de ces comptes.

Par ailleurs, le Premier Ministre s'est attardé sur les inquiétudes que lui causait la dépréciation récente de la couronne. Celle-ci s'explique en bonne partie par le paiement d'intérêts à des détenteurs étrangers de titres islandais ("glacier bonds" : certificats de dépôt, bons du Trésor, etc), mais aussi par la vente de titres venant à échéance par leurs propriétaires. Ceux -ci ont préféré en demander le remboursement et rapatrier les sommes en cause plutôt que de les réinvestir en Islande. La Banque, en liaison avec les Ministères concernés et le FMI, va s'attacher à résoudre le problème posé par les "glacier bonds" pour l'avenir, au moins dans le court terme.

* Enfin, Johanna Sigurdardottir a fait part des mesures qu'elle venait de prendre en vue de mettre en ?uvre les suggestions contenues dans le rapport de M. Kaarlo Jännäri sur la réorganisation du système bancaire et la supervision des établissements (voir "Bulletin" de mars). Des propositions devraient lui être soumises très rapidement sur les points suivants : réduction éventuelle du nombre de Départements ministériels qui ont dans leurs attributions la législation et la réglementation applicables aux marchés financiers ;.fusion possible de la Banque Centrale et de l'Autorité de Surveillance Financière, etc.

* En conclusion, le Premier Ministre a annoncé que, courant mai et en application de la loi du 26 février réorganisant la Banque Centrale, la Commission de trois personnes, chargée de sélectionner les candidatures aux postes de Gouverneur et de Gouverneur Adjoint de la Banque, examinera attentivement les dossiers qui ont été adressés et, sur la base des qualifications professionnelles et des diplômes universitaires des candidats, fera des propositions au chef du gouvernement, à qui reviendra la décision finale.

 

NDLR : Dans son exposé, le Premier Ministre, se félicitant des prêts  apportés par le FMI, et par divers États "amis", à son pays (environ 3 milliards de dollars au total), n'a pas fait état de ce qui sera la dette nette de l'Islande au-delà de 2010, à savoir (outre les charges inhérentes au remboursement des comptes "Icesave"), le remboursement des prêts au Fonds et aux nations amies (qui pour les concours apportés par le FMI, doit s'étaler sur la période 2012-2015). Une telle "charge" n'en est pas moins considérable. Elle suppose évidemment que, dans les années qui viennent, l'économie islandaise, grâce à ses nombreux atouts (ressources naturelles et potentiel humain), et -on peut l'espérer- à une politique avisée des pouvoirs publics, soit à même de retrouver rapidement le chemin de la croissance.

 

* LE MINISTRE DU COMMERCE ET DES AFFAIRES SE PRONONCE CLAIREMENT EN FAVEUR DE L'ENTRÉE DE L'ISLANDE DANS L'UNION EUROPÉENNE ET LA "ZONE EURO" (22 AVRIL)

À l'occasion d'une réunion de travail organisée, le 22 avril, par la Chambre de Commerce d'Islande, le Ministre du Commerce et des Affaires, le Professeur Gylfi Magnusson (non parlementaire), a prononcé un vibrant plaidoyer en faveur de l'entrée de son pays dans l'Union européenne et dans la "zone euro".

Il a repris, en les complétant, les arguments que le Premier Ministre, Mme Johanna Sigurdardottir, avait développés sur le même thème, le 15 avril, lors de l'Assemblée annuelle de la Banque Centrale (voir, sous la rubrique "Politique intérieure" de ce Bulletin, un résumé de l'intervention de Johanna).

Nos lecteurs trouveront le texte complet (en anglais) de l'allocution du Ministre Gylfi Magnusson sur le site : http://www.vidskiptaraduneyti.is/radherra/raedur-og-greinar-GM/nr/2893).

NDLR : Professeur d'économie à l'Université avant d'être (depuis le 1er février 2009) ministre, Gylfi Magnusson a eu principalement recours à des arguments de nature économique dans son "plaidoyer". Bien entendu, il n'a pas mentionné les problèmes politiques et institutionnels que poserait une demande d'adhésion de l'Islande à l'Union. Nous en avons mentionné quelques-uns dans le commentaire qui suit le résumé du discours du Premier Ministre (voir rubrique "Politique intérieure").

 

* L'ÉVALUATION DES ACTIFS DES "NOUVELLES BANQUES" : DES PROGRÈS IMPORTANTS ENREGISTRÉS (28 AVRIL)

Un communiqué du Ministre du Commerce et des Banques en date du 28 avril (texte en anglais sur le site : http://eng.vidskiptaraduneyti.is/Publications/nr/2899)

annonce que les consultants internationaux engagés pour évaluer les actifs des trois "nouvelles banques" (créées en octobre 2008 après la faillite des "anciennes banques"), Landsbanki, Kaupthing et Islandsbanki, viennent d'achever leur travail. Il a été communiqué aux établissements intéressés, lesquels seront à même de comparer la valeur de leurs actifs avec les dettes dont elles ont hérité des "anciennes banques". En tout cas, l'évaluation par le cabinet Deloitte LLP, -validée par le groupe d'experts internationaux Oliver Wyman-, constitue un pas important sur la voie de la "recapitalisation" des nouvelles banques, et de la "restructuration" du système bancaire islandais ; et sur celle du règlement des problèmes avec les nombreux créanciers des banques insulaires (maintenant contrôlées par l'État).

NDLR : On peut penser que ce rapport a été (ou sera incessamment) transmis au Fonds Monétaire International, qui attendait ces informations ainsi que d'autres données concernant les dettes du Trésor Public, et notamment celles causées par l'indemnisation des dépositaires étrangers des comptes "Icesave", pour prendre une décision sur le versement de la seconde tranche (155 millions de dollars) du prêt de 2,1 milliards de dollars, consenti à l'Islande en octobre-novembre 2008 (voir "Bulletins" de novembre 2008, janvier et février 2009). Les prochains numéros de ce "Bulletin" reviendront sur ces différents sujets..

 

* SUR LE FRONT DE L'INFLATION : TRÈS LÉGÈRE HAUSSE DES PRIX EN AVRIL 2009. Mais le Rythme ANNUEL de l'inflation CONTINUE À DIMINUER (29 AVRIL)

Un communiqué de l'Office des Statistiques du 29 avril indique que les prix à la consommation, qui avaient très légèrement baissé en mars (-0, 59 %), ont enregistré une petite augmentation en avril (+0,45 %). Ce résultat s'explique en partie par une montée des prix de l'énergie, des produits pétroliers, de l'habillement et des chaussures.

Par rapport à avril 2008, l'inflation s'établit à 11,9 %. En décembre 2008, elle avait dépassé le rythme annuel de 18,1 %, en janvier 18,6 %, en février 17,6 % et en mars 15,2 %.

Durant les trois derniers mois, les prix ont augmenté de 1,4 %, ce qui correspond à un rythme annuel de 1,4 % seulement.

 

 

 

 

 

 

 

 

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