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Chroniques islandaises par Michel SALLÉ

8.6.2006

POLITIQUE INTÉRIEURE

Dernière heure :
"Mardi, 6 juin, le Premier Ministre Halldor Asgrimsson, tirant la leçon de l'échec de sa formation (Parti du progrès) aux élections locales et en assumant la responsabilité, a fait connaître qu'il avait pris la décision de démissionner de sa charge, et de renoncer à toute fonction ministérielle. Selon lui, un nouveau gouvernement pourrait être rapidement formé sous la direction de l'actuel Ministre des affaires étrangères et président du Parti de l'Indépendance (NDLR : le partenaire "fort" de la coalition "bi-partite" PP-PI), Geir Haarde. Une crise profonde agite actuellement le Parti du progrès, où diverses tendances et ambitions s'affrontent. Aucune solution sur le changement de gouvernement n'est attendue avant le 12 juin, en raison de la visite dans l'ïle de nombreuses personnalités étrangères."  

 

Élections municipales

Le 27 avril ont eu lieu, sur tout le territoire national, les élections locales. En attendant les chiffres officiels complets, la presse attribue au Parti de l’Indépendance (centre-droit) du Ministre (des Affaires étrangères) Geir Haarde, 42 % des suffrages (41 % en 2002), aux Sociaux-Démocrates de l’ « Alliance » (gauche modérée) 30 % (31 % en 2002), à la « Gauche-Verte » (extrême gauche) 13 % (contre 7 %), au Parti du Progrès du Premier ministre Halldor Asgrimsson 12 % (contre 23 % : véritable « chute ») et aux Libéraux (dissidents « populistes » du PI) 9 %.

Les commentateurs des médias remarquent que le PI n’a pas souffert du retrait de la vie politique de son ancien leader, David Oddsson. Ils soulignent souvent le recul très net des Progressistes malgré (ou, à cause de) la présence de leur chef à la tête du gouvernement. Diverses raisons sont données. Le fait que le parti s’est depuis peu identifié, sous l’influence de son président et de la ministre de l’Industrie (Valgerdur Sverrisdottir), à la politique des « grands projets industriels », certes favorables à la croissance et à l’emploi, mais créateurs d’inflation et d’atteintes à l’environnement ; le fait aussi que son électorat de base (depuis des décennies) se rétrécit naturellement en raison de l’évolution démographique et de l’exode rural ; enfin les prises de position relativement ouvertes sur l’Union Européenne de Halldor Asgrimsson (voir nos numéros précédents).

Dans une déclaration à la Radio-Télévision d’État, le Ministre de l’Agriculture (et Vice-Président du PP) Gudni Agustsson (parfois classé « à la gauche » de la formation) met en cause les attaques très vives de l’opposition, qui a pris pour cible privilégiée Halldor et son parti, et la couverture de la campagne par les médias, défavorable au PP.

Bien entendu, ce sont les résultats de la capitale, Reykjavik, qui ont le plus retenu l’attention. Depuis 1994 -après avoir été longtemps un des plus solides bastions du Parti de l’Indépendance-, la municipalité de la capitale était entre les mains d’une coalition très large -la « liste R » -, associant l’ensemble des formations de gauche et du centre (y compris le Parti du Progrès, centriste, et qui, depuis 1995, est associé au Parti de l’Indépendance au sein des gouvernements successifs), et conduite au départ par la dynamique Ingibjörg Solrun Gisladottir. Cette dernière, alors « féministe », a, depuis, rejoint les rangs de l’ « Alliance » sociale-démocrate (qu’elle préside), et renoncé à sa charge municipale pour se préparer à une candidature nationale (au poste de Premier ministre?). La coalition « R » en question a par ailleurs été réélue en 1998 et 2002, mais des querelles internes sont apparues ultérieurement, opposant les diverses tendances la constituant. La coalition a éclaté et trois listes rivales se sont présentées aux suffrages des électeurs : celles de l’ « Alliance » sociale-démocrate, du Parti du progrès, et de la « Gauche-verte ».

Au total, en ajoutant le Parti de l’Indépendance et les Libéraux, les Reykjavikois avaient le choix entre cinq formations. La campagne n’a pas été « passionnante » (d’où le relativement faible -selon les usages islandais- taux de participation, 77 %), chacun multipliant les promesses catégorielles (personnes âgées, familles, écoles maternelles). Les débats sur l’urbanisme de la capitale ont été en partie escamotés et parfois caricaturés. Les sondeurs s’en sont donnés à c?ur joie : dès le début de l’hiver, la question était de savoir si les Conservateurs emporteraient 8 des 15 sièges à pourvoir (majorité absolue) ou seulement 7.

Après des sondages successifs contradictoires, la seconde hypothèse se réalisa. Il fallait donc que le PI forme une coalition (ou que tous s’unissent contre lui). Il entama des discussions avec les Libéraux, qui tournèrent court rapidement, puis conclut une alliance avec le seul élu du PP Björn Ingi Hrafnsson, un proche du Premier ministre.

Il n’en fut pas plus pour que certains medias voient dans cette alliance la « main » de Halldor Asgrimsson, qui, lors des « primaires » de son parti pour la capitale, aurait « man?uvré » pour imposer un fidèle comme tête de liste des Progressistes.

Quoi qu’il en soit (et l’alliance municipale ne fait que reproduire la coalition gouvernementale, même si à Reykjavik, le PP était de 1994 à 2002 allié à la gauche) et une fois faite la part des questions de personnes et des intérêts locaux, une majorité a été constituée. Le maire de la capitale sera un élu chevronné du PI, Viljhalmur Th. Vilhjamsson, Björn Ingi recevant la fonction (largement protocolaire) de Président du conseil local.

 

POLITIQUE EXTÉRIEURE

Relations avec les Etats-Unis

Les 26 et 27 avril, de nouvelles conversations entre Islandais et Américains (voir nos précédents numéros) se sont tenues à Reykjavik sur la sécurité et la défense de l’Islande, ainsi que sur la base de Keflavik. À notre connaissance, elles n’ont pas permis de déboucher sur un accord bilatéral.

Le 23 avril, le Conseil des ministres islandais avait chargé le Ministre de la Justice (en charge des garde-côtes), Björn Bjarnason, de louer, pour les garde-côtes, deux hélicoptères de secours et de sauvetage, en raison de la défaillance prochaine des hélicoptères retirés de la Base.

 

ÉCONOMIE

1)  L’économie islandaise, menacée de déséquilibres ?  L’avis de deux experts de renom

Dans sa « Lettre hebdomadaire » en date du 4 mai, le Ministère des Finances mentionne la publication récente d’un rapport d’experts sur « la stabilité financière en Islande » rédigé par les experts F. Mishkin (professeur d’Université aux États-Unis) et Tryggvi Thor Herbertsson (Professeur à l’Université d’Islande et Directeur de l’Institut d’Études économiques). Ce rapport rejoint les analyses du Ministère sur de nombreux points : le système économique est flexible, les fonds de pension sont solides, les finances publiques très saines. Il apparaît également que la supervision du marché financier est efficace. Dans ces conditions, on ne saurait comparer la situation du pays à celle qui prévalait dans certains pays asiatiques, il y a près de 10 ans.

Le rapport discute également de la politique de rigueur que le gouvernement doit mettre en ?uvre dans une conjoncture telle que celle qui se développait ces dernières années. Plusieurs stratégies sont possibles, dont celle consistant à calquer l’augmentation des dépenses publiques sur celle de la productivité. Le gouvernement de Reykjavik a fixé en 2003 des objectifs chiffrés à moyen terme pour la consommation publique (dont l’augmentation ne doit pas dépasser 2 %) et les dépenses de transferts (maximum : 2,5 %). Pour les investissements publics, il n’y a pas eu de telles « limites » mais nombre de projets furent ajournés en 2004-2006. Les dépenses du Trésor devaient tomber de 34,8 % du PIB en 2003 à 31,1 % en 2005. L’excédent du Trésor se montait à 1,3 du PIB en 2004, pour grimper à 3,8 % en 2005 et devrait s’établir autour de 2,4 % en 2006. Ainsi le rapport des experts donne-t-il un satisfecit à la politique budgétaire des autorités islandaises.

 

2)  Colloque organisé par la Revue « The Economist » sur la situation actuelle de l’économie islandaise : l’intervention du Premier Ministre

En avril, le Premier Ministre, prenant acte de certaines inquiétudes apparues sur les marchés, suite à la baisse du taux de change de la couronne, avait largement rendu responsable de ces inquiétudes la mauvaise connaissance des fondamentaux de l’économie nationale sur les marchés et dans les médias étrangers. La tâche du gouvernement et des institutions financières islandaises était donc de « rectifier le tir » et de faire savoir au monde que l’économie de l’Île est forte et peut résister à des chocs extérieurs.

C’est dans ce contexte qu’a eu lieu, le 15 mai, à Reykjavik, une importante « table-ronde sur l’économie et les investissements » organisée conjointement par « The Economist » (« une des publications les meilleures et les plus dignes de confiance dans le monde », en matière économique et financière, selon les termes du Premier ministre) et les autorités islandaises, en liaison avec les milieux d’affaires islandais et internationaux. Le chef du gouvernement, Halldor Asgrimsson, a, à cette occasion, introduit les débats par une allocution substantielle (« une tempête réelle ou une tempête dans un verre d’eau ? »). 

D’entrée de jeu, Halldor Asgrimsson se dit frappé par les progrès enregistrés par l’économie depuis 1995. Il cite l’augmentation de 50 % du PIB (5 % au moins en moyenne annuelle depuis 2003). Parmi les facteurs de cette croissance, figurent, selon lui : 1) la politique de libéralisation des structures et des procédures ; 2) les nombreuses privatisations (la plus grosse -concernant la Compagnie nationale des Télécommunications- ayant connu un succès remarquable en 2005) dont celle -essentielle pour les relations avec le monde extérieur- du secteur bancaire ; 3) les baisses d’impôts. L’impôt sur les sociétés a été abaissé de 51 % en 1990 à 18 % en 2002 (un des taux les plus faibles en Europe). Un taux unique de dix pour cent taxe aujourd’hui les intérêts financiers, les dividendes et les autres revenus financiers. L’impôt sur le revenu, fixé à 24,75 % en 1995, sera porté à 21,75 % en 2007 ; 4) la création d’un environnement favorable à la Bourse. L’indice des valeurs a ainsi plus que triplé durant les trois dernières années et les baisses récentes sont relativement modestes ; 5) la solide position financière des fonds de pension (favorable à l’investissement), qui au total dépassent 1 200 milliards de couronnes, soit environ 120 % du revenu national ; 6) le système rationnel d’exploitation des ressources des océans ; 6) et aussi l’appartenance à l’Espace Économique Européen, qui, jointe à la stabilité politique interne, a stimulé le processus de reformes.

Ces dernières sont à l’origine d’une diversification notable de l’économie nationale, jadis centrée autour des pêcheries et du secteur primaire, et aujourd’hui étendue aux grands projets industriels et à un secteur tertiaire des plus variés, comportant notamment de nombreuses activités reposant sur les hautes technologies (logiciels, branche pharmaceutique, matériel médical, biotechnologies, télécommunications, etc).

L’expansion, ces dernières années, des entreprises islandaises sur les marchés étrangers a suscité l’intérêt et la curiosité. Les Islandais ont investi dans de nombreuses régions du monde, particulièrement dans le secteur bancaire (région nordique, Suisse, Royaume-Uni, Luxembourg), les télécommunications (Europe de l’Est, Balkans, Asie), le secteur pharmaceutique, la distribution et l’industrie agroalimentaire (Royaume-Uni, France, etc.), l’aviation, etc. 

Dans le même temps, la politique du gouvernement a visé une croissance à long terme, reposant sur une politique saine orientée vers les surplus budgétaires et la disparition progressive et presque complète de la dette publique.

Il est naturel que cette soudaine expansion soulève des questions, surtout qu’elle provient d’une petite nation située aux confins de l’Europe, et dont on a rarement parlé jusqu’ici. De par sa petite taille, l’économie nationale est naturellement soumise, dans un monde où prédomine la libre circulation des capitaux, à d’occasionnelles « turbulences » d’origine extérieure. Ainsi en a-t-il été de la récente détérioration du taux de change de la couronne, prévisible depuis longtemps (son niveau élevé n’était pas soutenable trop longtemps), mais vécue comme une « surprise » ; des risques de « surchauffe » (grands projets industriels, demande intérieure excessive, et facteurs externes) et du déficit record de la balance courante.

De nombreux facteurs de « rééquilibrage » sont maintenant à l’?uvre (réduction du déficit de la balance commerciale, des exportations d’aluminium en hausse se cumulant bientôt avec des importations en déclin, compte tenu de l’achèvement des projets industriels, et du nouveau taux de change ; ralentissement de l’inflation, etc.). « Le pire est derrière nous ». Les agences de notation en sont d’ailleurs conscientes, telles Moody et Standard & Poors. Des rapports d’experts le confirment : ainsi celui établi récemment par la Banque Centrale et celui des Professeurs F. Mishkin et Tryggvi Thor Herbertsson (voir plus haut). La banque Morgan Stanley se rallie à cet optimisme raisonné. Une mission du Fonds Monétaire International, qui a séjourné dernièrement dans l’Île, a rédigé un rapport positif.assez.

Dans sa conclusion, Halldor Asgrimsson souligne la performance de son pays en matière de compétitivité : il se classe au premier rang en Europe (devançant les autres pays nordiques, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France) et au quatrième dans le monde (après les Etats-Unis, Hong-Kong et Singapour).

Même si elle n’a pas apporté à proprement parler d’éléments nouveaux, la table ronde de « The Economist » a été l’occasion de débats variés. Les participants étrangers s’en sont déclarés satisfaits. Outre les problèmes propres à la conjoncture présente de l’Île (nécessité d’une diversification accrue des activités, situation du système bancaire, endettement des ménages et des entreprises, perspectives pour le moyen terme), la question du système monétaire a été discutée. La « couronne » doit-elle rester une devise autonome, au risque de fluctuations inévitables et appréciables du taux de change ; ou le pays envisager, pour éviter ces menaces, de rallier la zone euro, ce qui pose l’énorme problème des avantages et inconvénients d’une adhésion à l’Union Européenne ? Cette problématique a été « explorée ». À suivre.

 

3)  Hausse des taux d’intérêt de la Banque Centrale

Les dangers de surchauffe et les tensions inflationnistes restant, pour elle, préoccupants, la Banque centrale a, le 21 mai, décidé de relever incessamment ses taux d’intérêt, comme elle l’a déjà fait de très nombreuses fois depuis plus d’un an. Le taux de base croît de 0,75 % et s’élèvera à 12,25 %.

Après les doutes sur la résilience de l’économie islandaise, émis par certains observateurs étrangers (voir plus haut), la mesure de la Banque est accueillie positivement en Islande comme une preuve de la sagacité et du caractère adéquat de la politique monétaire, compte tenu de la situation et des risques sur les prix, dus à diverses causes.

 

4) Le marché du travail en expansion
La croissance économique enregistrée au cours de l’année 2005 et du début de 2006 a eu pour conséquence un développement du marché du travail en Islande. Le taux d’activité (proportion de personnes ayant un emploi par rapport au total de la population d’âge actif, de 16 à 74 ans) a ainsi augmenté entre le premier trimestre 2005 et celui de 2006, où il s’établit à 81,1 %, soit une hausse de 1,3 point.

Cette amélioration concerne plus les hommes (majoritaires chez les travailleurs immigrés) que les femmes. Elle est assez nette chez les 55-74 ans (4 points en plus), moins nette chez les 16-24 ans (+ 2,2 ponts), et négative chez les 25-54 ans (- 0,2 point). Elle est plus ressentie dans la région de Reykjavik que sur le reste du territoire.

Le nombre de titulaires d’un emploi a augmenté de 7 700 d’une année sur l’autre. 800 sont d’anciens chômeurs ; 2 100 s’expliquent par l’accroissement du taux d’activité (personnes désirant travailler alors qu’elles ne le souhaitaient pas) ; 3 000 par l’augmentation de la population d’âge actif. 1 800 (chiffre sujet à controverse) seraient des travailleurs immigrés.

Le volume global de travail a enfin cru de 6,2 % (+ 4 % entre 2004 et 2005).

(Source : « Lettre hebdomadaire » en date du 11 mai du Ministère des Finances)

 

5) Des changements sur le marché du logement

Les personnes pouvant se permettre d’acquérir un logement, dont le nombre avait progressivement augmenté entre le début de 2003 et celui de 2005, sont maintenant en recul. La hausse du prix des logements, dont l’offre n’avait pas suivi la poussée de la demande, a dissuadé un certain nombre d’acquéreurs potentiels, et, depuis l’automne 2005, des conditions financières un peu plus strictes s’appliquant aux crédits immobiliers, ce mouvement s’est amplifié ; ainsi que le souligne, dans sa « Lettre hebdomadaire » en date du 11 mai, le Ministère des Finances.

 

6) Évolution des dépenses du Trésor par grandes catégories

Dans sa « Lettre hebdomadaire » en date du 18 mai, le Ministère des Finances présente un tableau assez général de l’évolution des grandes catégories de dépenses du Trésor public depuis 1988. La part globale des dépenses de santé, des dépenses sociales et de celles relatives à l’éducation et à la culture est passée de 54,1 % à 65,6 %, et chacune des trois sous-catégories la composant progresse de 3 à 4,4 points. Les dépenses afférant à l’agriculture et aux pêcheries ont, en revanche, régressé de 11,6 % du total à 5,2 % : les raisons majeures étant à rechercher dans l’abolition du remboursement aux exportateurs de poisson de la taxe sur les ventes, et surtout la suppression, en début de période considérée, des subventions agricoles. On soulignera également le recul des dépenses liées à la charge de la dette, qui reculent de 9,5 % à 5,1 %. En fin de période surtout, la diminution spectaculaire de la dette publique explique ce bon résultat. Les parts des autres catégories de dépenses (administration générale, communications, divers, etc.) ont peu connu de modifications depuis 1988.

 

7) Une importante publication sur l’énergie géothermique

Le Ministère de l’Industrie et du Commerce, conjointement avec l’Orkustofnun (Autorité Nationale de l’Énergie), a publié en avril 2006 une précieuse brochure sur l’énergie géothermique en Islande (recherche, production, usages divers, perspectives d’avenir). 40 pages. Magnifiques illustrations en couleurs. Elle est téléchargeable sur le site en anglais du Ministère de l’Industrie (http :// government.is/).

 

8) L’Islande et l’hydrogène

Les 17 et 18 mai, l’OCDE a organisé une réunion internationale à Paris sur « les défis scientifiques en matière de recherche énergétique ». L’Islande y était représentée par le Professeur Thorsteinn Ingi Sigfusson, qui y a fait une intervention remarquée sur les recherches en matière d’hydrogène. On sait que l’Île est particulièrement active dans ce domaine, et joue un rôle non négligeable au sein du « Partenariat International pour l’économie de l’hydrogène (IPHE) », qui regroupe divers pays « pilotes » et tiendra une réunion à Lyon au début de juin.

Des bus « expérimentaux fonctionnant à l’hydrogène sont à Reykjavik depuis 2003, et l’objectif, en coopération avec des partenaires privés et publics étrangers, est d’arriver, d’ici un certain nombre d’années (non encore prévisible) à une utilisation industrielle de cette source d’énergie pour les transports (routiers, navires de pêche). Ainsi la proportion d’énergies renouvelables et non polluantes dans la consommation énergétique de l’Islande -déjà élevée- s’accroîtrait substantiellement.

 

9) Toujours l’hydrogène : une délégation de « General Motors » en Islande

La Ministre de l’Industrie, Valgerdur Sverrisdottir, a accueilli, le 16 mai, une délégation de « General Motors », la grande entreprise de Détroit, qui travaille sur la conception et la fabrication de véhicules fonctionnant à l’hydrogène. Comme elle l’a dit lors d’une conférence de presse, la production insulaire d’électricité provient en totalité de sources d’énergie sans carbone, ainsi que 72 % de la consommation brute d’énergie. Cette priorité islandaise pour les sources renouvelables et non polluantes, affirmée de longue date, justifie également l’intérêt pour les recherches sur l’hydrogène, qui se manifeste depuis quelque 30 ans... En 1998, le gouvernement s’est donné officiellement pour objectif à long terme de substituer l’hydrogène aux combustibles fossiles dès que cela sera techniquement et économiquement possible. Tâche nécessitant une coopération internationale. Aussi en 2003 l’île a été un des membres fondateurs de l’IPHE (voir plus haut). Les collaborations indispensables fonctionnent notamment dans le cadre du programme ECTOS, aidé par l’Union Européenne. Avec les bus expérimentaux et l’ouverture d’une « station-service » d’hydrogène, l’Islande est ainsi un champ d’expérimentation actif, où la firme General Motors joue un rôle significatif.

 

10) La recherche en Islande : des moyens accrus

Le 27 avril, à l’occasion d’un séminaire international, Madame Valgerdur Sverrisdottir, Ministre de l’industrie et du commerce, a fait le point sur les moyens accordés à la recherche dans son pays. Environ 3 % du PIB y sont consacrés. Un bonne partie de l’effort vient des entreprises importantes (peu nombreuses). Le gouvernement, s’appuyant sur le Conseil de la Science et de la Technologie, souhaite élargir cette base, mais aussi faire bénéficier de cet effort des secteurs souvent négligés, secteurs « créatifs » comme le design.

Comme la Ministre l’a souligné, un jalon important a été marqué en 2003 avec la création du « Fonds de développement technologique », qui a déjà alloué des concours s’élevant à 420 millions de couronnes, pour des projets appelés à avoir des retombées économiques et de plus en plus ambitieux.

Les entreprises (notamment les petites structures recourant aux hautes technologies) peuvent aussi s’appuyer sur les ressources du Centre d’Innovation Impra, lié à l’Institut Technique d’Islande (Icetec).

Un troisième outil est le « Fonds du capital-risque pour l’innovation ». Son capital a été accru de 1 milliard de couronnes au début de 2006 ; 1,5 milliard devrait s’y ajouter pour 2007-2009, étant entendu qu’une participation similaire du secteur privé devra l’abonder, permettant la mise en ?uvre de financements mixtes.  D’une manière générale, l’apport de capital-risque par les entreprises (notamment les petites et moyennes tournées vers les technologies avancées) constitue un problème qui sollicite une attention continue de la part des acteurs économiques.

 

11) Commerce extérieur de l’Islande

L’Office des Statistiques d’Islande vient de publier sur son site Internet en anglais (www.statice.is) une étude approfondie sur le commerce extérieur du pays (voir résumé en annexe).

En 2005, les exportations se sont établies à 194,4 milliards de couronnes (en recul de 4 % sur 2004) ; les importations (fob) à 288 milliards (313 milliards, calculées cif), soit 20,5 % de plus qu’en 2004. Le déficit commercial a avoisiné 94,5 milliards.

 

12) Rapport du Fonds Monétaire International sur la situation économique de l’Islande

À la mi-mai, le rapport d’une mission du FMI, qui avait séjourné en Islande très récemment, a été publié. Le rapport se veut particulièrement équilibré, soulignant les atouts du pays mais aussi relevant certaines « vulnérabilités » auxquelles il convient de remédier assez rapidement.

Selon lui, les perspectives à moyen terme de l’économie islandaise sont « enviables ». Les institutions et le cadre de la politique économique sont solides, les marchés ouverts et flexibles, la culture de l’entreprise est bien installée. Dans ce contexte, la croissance en 2006 sera de quelque 4 %, descendant à 1 % en 2007, année où l’achèvement des projets et la baisse de la demande intérieure ralentiront l’investissement et la consommation. Le déficit de la balance courante, encore élevé en 2006, se réduira nettement en 2007, la hausse des exportations d’aluminium se cumulant avec la chute des importations. L’inflation va rester relativement forte en 2006, vu la surchauffe, les hausses de salaires, la demande de logements et la dépréciation de la couronne. Si en Novembre 2006, la modération salariale prévaut lors des discussions entre les partenaires sociaux, les tensions inflationnistes se modéreront en 2007.

Le rapport des experts constate diverses « vulnérabilités », auxquelles il faut remédier, par des actions coordonnées, sur le plan budgétaire, monétaire et financier, si on veut éviter un « atterrissage brutal » de l’économie.

Sur le plan budgétaire, s’il est vrai que le bas niveau de la dette publique est un facteur stabilisant, la conjoncture présente nécessite un nouvel effort d’austérité, réduisant, en vue de ralentir la surchauffe, la consommation publique et retardant encore divers investissements publics. La préparation du budget 2007 devra s’inscrire dans cette perspective restrictive, et les baisses d’impôt prévues sont discutables, si la pression de la demande reste vive. Pour le FMI, il convient de continuer à fixer des règles permettant d’utiliser l’arme budgétaire dans la lutte contre les fluctuations, avec une vue prévisionnelle comme le permettent l’introduction récente d’une dose de « pluriannualité » et diverses décisions à prendre.

La politique monétaire demande également à être resserrée. Même si la hausse des logements se modère, les prix des produits importés augmentent, comme ceux de divers produits locaux. Des hausses de salaires en fin d’année seraient préjudiciables. La politique d’augmentation des taux d’intérêt pratiquée par la Banque centrale commence à porter ses fruits et devra sans doute être poursuivie.

Sur le plan financier, des risques existent du fait de la trop rapide croissance des opérations bancaires. Les établissements en sont conscients et vont redoubler de prudence, et donner plus de transparence à leurs activités. Les autorités, et notamment l’Autorité de Surveillance Financière, ont un rôle important à jouer dans la surveillance de la profession.

Le Fonds de financement du logement, qui a ces dernières années pratiqué une concurrence acharnée et malsaine avec les banques pour le financement de l’habitat, est à réformer très rapidement : privatisation et réduction de ses activités offrent des pistes d’action.  

 

SOCIÉTÉ 

1) Le développement de la société de l’information en Islande

Le 27 avril, Madame Valgerdur Sverrisdottir, Ministre de l’industrie et du commerce, a ouvert le colloque « Iceweb 2006 » ayant pour thème le développement de la société de l’information en Islande. Elle s’est tout d’abord félicitée des progrès réalisés par son pays dans ce domaine (accès aux ordinateurs et à l’Internet) : l’île se classe ainsi en 2005-2006 au quatrième rang mondial, selon le classement du Forum Économique Mondial (WEF). Toutefois, comme le prouve l’étude récente d’un consultant spécialisé, beaucoup reste à faire, notamment en ce qui concerne les sites Internet des administrations publiques (nationales et locales). Surtout, grâce à une amélioration de leur « interactivité », les communications entre services publics et usagers doivent être plus largement assurées via Internet, sans que les fonctionnaires soient, pour autant, dispensés d’assister les citoyens dans leurs démarches.

En application du programme gouvernemental sur la société de l’information pour les années 2004-2007, un portail général va être proposé au public (particuliers, entreprises), qui facilitera tous les contacts et relations entre ce dernier et l’Administration dans les domaines les plus variés. La première version de ce portail (Island.is) est annoncée avant la fin de 2006.

2) Informations démographiques

Fin mai, l'Office des Statistiques a publié sur son Site Internet (www.statice.is) des informations rapides sur les mariages et les divorces en Islande en 2005.

1 607 couples (auxquels on ajoutera 13 contrats entre partenaires du même sexe, sortes de PACS) ont célébré leur union cette année-là, soit un taux de nuptialité de 0,54 % (faible, comme dans les autres pays nordiques). Les divorces se sont élevés à 560 (taux : 0,19 %, un taux moins élevé que dans les autres pays nordiques). La plupart des couples en Islande (90 % en 2004) se marient après avoir vécu quelques années " maritalement " (" consensual union ") : ces " unions consensuelles " (" concubinages ") sont, le cas échéant, enregistrées au Registre National en tant que telles, sur demande des intéressés (1 774 en 2005).

Pour les premiers mariages, l'âge médian des partenaires est plus élevé que pour les unions consensuelles : 29 ans pour les hommes et 27 pour les femmes dans le premier cas de figure, contre 21 et 19 dans les années (19)70.

En 2004, 1 201 enfants ont été concernés par la rupture de l'union de leurs parents, la garde commune ayant été choisie pour 60,7 % des enfants dans le cas du divorce, et pour 75,8 % dans le cas des unions consensuelles.

 

Relations Franco-Islandaises

Le ministre de la Justice islandais, Björn Bjarnason, a effectué du 24 au 28 avril, une importante visite de travail en France. En Islande, il n’y a pas de Ministère de l’Intérieur, et certains domaines qui, en France, relèvent de la compétence de ce Département, sont du ressort du Ministère de la Justice. Ainsi la tutelle des garde-côtes. Le retrait des hélicoptères de sauvetage américains va sans doute amener les Islandais à en acquérir ou à en louer pour leur compte, et le Ministre de la Justice aura son mot à dire, en liaison avec les Affaires étrangères.

On notera, en outre, que le Ministre actuel est l’un des meilleurs spécialistes de l’île en matière de politique internationale et a suivi d’assez près les questions liées à la lutte contre le terrorisme.

Durant son séjour en France, Björn Bjarnason a ainsi eu une réunion de travail avec Mme Alliot-Marie, ministre des Armées ; et un entretien avec M. Brice Hortefeux, Ministre-délégué aux collectivités locales.

Par ailleurs, il a rencontré divers hauts fonctionnaires. Notamment, M. Gilles Leclair, Sous-Directeur des affaires criminelles à la Direction Générale de la Police Nationale au Ministère de l’Intérieur, et ancien responsable de l’Unité de coordination de la lutte anti-terroriste ; M. de Bousquet de Florian, Directeur de la DST au même Ministère ; M. Kuhn-Delforge, Directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides ; et M. Le Douaron, Directeur central de la Police aux frontières (Ministère de l’Intérieur).

Des contacts ont enfin été établis avec des responsables de la société Eurocopter, premier fabricant d’hélicoptères dans le monde, et filiale du groupe EADS.

  

ANNEXE N 1 : Le COMMERCE EXTÉRIEUR DE L’ISLANDE EN 2005

De l’étude publiée en mai par l’Office des Statistiques d’Islande, nous extrayons quelques points essentiels.

1)  La balance commerciale

Calculé avec des exportations fob et des importations fob, le déficit de la balance commerciale a atteint un chiffre record, soit 94, 54 milliards de dollars, ou 9,19 % du PIB, contre 4,12 % en 2004. Au cours des dix dernières années, la balance n’a été excédentaire qu’en 1996 (+0,18 % du PIB) et en 2002 (+1,64 %).

La part des exportations, comme celle des importations de marchandises, dans le PIB a fluctué autour de 25 % du PIB au cours des 50 dernières années (celle des exportations diminuant, tandis que les importations augmentaient de 2003 à 2005) : l’ouverture de l’économie n’est pas manifeste sous ce rapport, alors qu’elle l’est en ce qui concerne les échanges de services dans les décennies récentes.

Si l’on considère le seul volume des échanges (pour éliminer l’influence des prix des marchandises et le délicat problème de l’incidence des taux de change), avec une base 2000 =100, l’indice des exportations passe autour de 115 en 2002 et 2003, à 125,7 en 204 et s’infléchit à 119,9 en 2005. Pour les importations, les chiffres respectifs sont de 87,5 en 2002, 99 en 2003, 113 en 2004 et 140,1 en 2005 (importations liées aux « grands projets industriels »).

2)  Le contenu des échanges

- Les exportations de 2005, en recul de 4 % (aux prix courants) sur celles de 2004 sont composées à hauteur de 56, 7 % (75,3 % en 1994) de produits de la mer (110 milliards de couronnes) Dans cette catégorie prédominent les espèces démersales (35,6 % du total des exportations, en tête desquelles figure le cabillaud (42 mds de couronnes ; 21,6 % des exportations), suivi de l’églefin (11,700 milliards). Le recul des exportations entre 2004 et 2005 s’explique par une baisse des ventes de cabillaud (filets surgelés, morue salée) et de crevettes ;

Les produits manufacturés représentent 34,4 % (18,7 % en 1994) des ventes à l’étranger. À la première place arrive l’aluminium (36 mds de couronnes ; 18,5 % des ventes) suivi du ferro-silicium (6,1 mds ; 3,1 %), des médicaments (5,9 mds ; 3 %)

- Les importations en 2005, en hausse de 20,5 % sur celles de 2004 comportent diverses catégories de biens. En tête les demi-produits et matières premières pour l’industrie : 77,7 mds de couronnes, et 24,7 % des achats à l’extérieur. En seconde place apparaissent les biens d’équipement (71,6 mds et 22,8 %), puis les matériels de transport (61,7 mds et 19,7 %) avec des achats d’automobiles en forte progression. Les biens de consommation représentent 16 % des importations, les produits énergétiques 9 %, les boissons et aliments 7 %. 

3)  Les partenaires

La zone avec laquelle les échanges commerciaux sont les plus fournis est celle de l’Espace Économique Européen. 77 % des ventes islandaises de 2005 lui sont destinées, contre 75 % en 2001 (comprenant les 27 membres actuels) ; 69 % des importations de l’île en proviennent (67 % en 2001). En deuxième position se situent les Etats-Unis d’Amérique (8,8 % des ventes contre 10,3 % en 2001 ; 9,3 % des achats contre 11,1 % en 2001). La troisième place va au Japon (3,2 % des ventes contre 3,5 % en 2001 ; 5,3 % des achats contre 3,3 % en 2001).  

Le Royaume-Uni est le premier client en 2005 comme les années précédentes

: 18 % des exportations totales. Il achète d’abord du poisson (cabillaud, églefin, crevettes). Le second client, avec lequel les liens sont anciens et solides, est l’Allemagne (16 % des exportations en 2005) : elle achète surtout de l’aluminium, mais aussi du sébaste et du capelan, etc. Les Pays-Bas, fidèles à la troisième place, absorbent en 2005 13 % des marchandises islandaises (d’abord l’aluminium, mais aussi le cabillaud). Viennent ensuite les États-Unis (8,8 % : poisson, produits pharmaceutiques, etc.) et l’Espagne (7,4 %)

Concernant les importations, pour la troisième année de suite, l’Allemagne arrive en tête (14 % en 2005, composés surtout d’équipements, de matériels de transport et de produits manufacturés divers). Les États-Unis sont le second fournisseur (avec 9 % : machines, équipements de transport, etc.). En 2005, en progrès sur les années précédentes, la Suède se situe au troisième rang (8 % des importations globales), ses plus grosses ventes étant les produits énergétiques et les lubrifiants.

 

ANNEXE N° 2 : LA CONJONCTURE ÉCONOMIQUE ISLANDAISE,
Présent et Perspectives (résumé de l’étude publiée par le Ministère des Finances, le 25/4/2006).

Dans son étude publiée fin avril, le Ministère des Finances souligne trois thèmes :

1)  L’évolution de l’économie nationale en 2004 et 2005

En 2004, la croissance du PIB s’est finalement révélée plus forte qu’estimée, il y a quelques mois : +8,2 % au lieu de 6,2 %. Pour 2005, les statistiques provisoires l’établissent à 5,5 %. Le moteur principal a, bien entendu, été la réalisation des « grands projets industriels ; mais aussi la construction de logements (les prêts à cet effet se développant) et certaines pratiques nouvelles en matière d’endettement.
Dans ce contexte, la consommation privée a crû en termes réels de 7,2 % en 2004 et de 11,9 % en 2005. Spectaculairement, l’investissement a fait un bond de +29,2 % en 2004, et +34,5 % en 2005.

Les importations se sont fortement développées, et le déficit de la balance courante a avoisiné 16,5 % du PIB en 2005. La même année, le taux de change de la couronne s’est apprécié de 10 %.

En 2005 toujours, l’augmentation de la consommation publique n’a été que de 3,2 % comme prévu ; et en termes réels l’investissement public a décliné de 13,5 %, dans le cadre de la lutte contre la surchauffe et les tensions inflationnistes.

Les prix ont augmenté de 3,2 % en 2004 et de 4 % en 2005, principalement à cause de la hausse des prix des logements. Les mêmes chiffres s’appliquent aux salaires réels par tête.

Le chômage a encore décliné : 3 % de la force de travail en 2004, et 2,1 % en 2005. Dans le même temps, on a eu recours de manière significative à l’immigration de travailleurs.

 

2)  Les perspectives pour 2006 et 2007

Selon le Ministère des Finances, la croissance du PIB restera élevée en 2006 : 4,8 %. Elle ralentira sensiblement en 2007 : 1,8 %. Le recul des investissements (logements, projets industriels) explique ce phénomène. On arrive en effet à l’achèvement de l’usine d’aluminium de l’Est (Reydafjördur), entrant en service en 2008 avec une capacité de production annuelle de 346 000 tonnes ; et à celui de l’extension (+40 000 tonnes) de l’usine Nordural du fjord des baleines (260 000 tonnes fin 2007). Ces usines, avec les centrales électriques nécessaires, auront coûté 260 milliards de couronnes (de 2003).

Le taux de change de la monnaie se détériorera de 10 % en 2006 et de 3 % en 2007.

En 2006, la consommation privée s’accroîtra de 2,2 % ; celle du secteur public de 2,5 %. L’investissement de 4,6 % (investissement industriel : +3,8 % ; logement : +11,6 % ; investissement public –15 %).

Le déficit de la balance courante, fort, avoisinera 14,4 %. Les termes de l’échange, malgré une hausse des produits pétroliers, s’amélioreront grâce aux produits de la mer et à l’aluminium.

S’agissant de 2007, l’investissement reculera de 44 % (fin des « grands projets »), en dépit d’un accroissement des investissements publics de 30 % (reprise de projets ajournés pour lutter contre la surchauffe). Sa part dans le PIB (20 % en 2006) sera de 11 % comme en 2003, au début des « projets).
La consommation privée montera de 2,5 % seulement.

En raison d’un redressement de la balance commerciale : (importations : -11 % ; exportations : +12 %, grâce à l’aluminium), le déficit de la balance courante sera ramené à 7,7 %.

Le chômage s’établirait à 1,6 %, les licenciements liés au retrait américain n’ayant que des effets de courte durée.

L’inflation bondira de 5,9 % entre 2005 et 2006, puis ralentira à 3,5 % l’année suivante. Après une élévation des taux d’intérêt de la Banque Centrale en 2006, un repli est prévu en 2007.

 

3) Perspectives pour 2008-2010

Pour les trois années 2008 à 2010, le Ministère n’inclut pas de nouveaux « projets industriels », tant que des décisions définitives ne sont pas intervenues et même si diverses affaires sont activement préparées.

Dès lors, le taux de croissance annuelle s’établirait autour de 2,4 %. Une récession n’est pas en vue. D’abord, la balance commerciale s’améliorera, le déficit de la balance courante se stabilisant aux environs de 2 % du PIB. Ensuite, l’investissement public soutiendra la conjoncture. Enfin, des baisses d’impôt stimuleront le pouvoir d’achat. L’inflation sera ramenée à un niveau proche de l’objectif de la Banque Centrale.

De nouveaux « projets » feraient repartir la croissance, sans entraîner de dérapages, à condition que leur programmation dans le temps soit minutieusement préparée, et qu’ils ne soient pas concomitants, comme en 2004-2005, avec d‘autres sources de déséquilibres. Dans ces conditions, une capacité de production supplémentaire de 100 000 tonnes d’aluminium déboucherait sur une élévation du PIB de 1 %.

 

À NOTER

Cette lettre (comme les suivantes) ne comporte (sauf rare exception) que des informations politiques, économiques et sociales sur l'Islande, à l'exclusion de "nouvelles" de nature culturelle et/ou artistique,  du tourisme, et d'informations sur les manifestations islandaises en France et françaises en Islande.

Il existe en effet des sites ou des organes d'information qui fournissent ces autres informations. On signalera tout particulièrement :

1) la Revue "Courrier d'Islande" (trimestrielle) que l'Association "France-Islande" envoie par courrier postal à ses adhérents.

Pour en savoir plus sur cette Association, la Revue citée et le site Internet de " France-Islande "(www.france-islande.com), le contact est le suivant :

Association "France-Islande" (Président : M. Jean Le Tellier) ; 31 avenue Thierry

92410 Ville d'Avray

e-mail :jean@jlet.net

2) pour les touristes (anciens ou à venir), l'excellent site de Christian et Marie-Françoise Gilabert, " Islande, au pays de la création du monde " : http://perso.wanadoo.fr/saga.gilabert

 

 

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