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L´ACTUALITÉ ISLANDAISE EN FÉVRIER 2008

POLITIQUE INTÉRIEURE

Note liminaire : sous cette rubrique, nous retraçons, d’un mois sur l’autre, quelques-unes des " péripéties " et " mini-crises " qui ponctuent la vie des partis islandais et les " jeux " de la démocratie parlementaire. On ne découvre, au fil de cette chronologie, rien que de très naturel et prévisible dans un régime, qui, par certains de ses aspects, ressemble au système français et à celui de nombre de grands pays développés.

Les " non-initiés " et ceux que ne passionnent pas les subtilités des rivalités ou alliances partisanes trouveront sans doute notre rubrique trop longue, pour ne pas dire fastidieuse. Ils peuvent la parcourir " en diagonale " sans se perdre dans les méandres. On leur signale au passage que les épisodes et incidents relatés n’ont souvent qu’une portée limitée. Aspect positif, cependant : ils attestent la vitalité du fonctionnement quotidien, avec ses inévitables " scories ", de la démocratie et d’un système représentatif mature et bien rodé.      

* Déclaration du gouvernement du 17 février

Alors que les partenaires sociaux achevaient leurs négociations salariales (voir plus bas), le Gouvernement en facilita la conclusion en donnant un « coup de pouce » qui permit la solution des dernières difficultés et la signature le 16 février d’un accord global entre groupements patronaux et syndicats de travailleurs. L’intervention de l’État en fin de parcours n’est pas une nouveauté. En revanche, ce qui frappe, c’est le soin qu’ont mis les deux partis associés au sein du cabinet pour « solenniser » son rôle, en publiant une « déclaration » qui dépasse les simples mesures fiscales, classiques en la matière, et embrasse tous les champs de la politique économique et sociale, et se réclame du « Programme de gouvernement » du 23 mai 2007. Le gouvernement bipartite a, en quelque sorte, saisi l’occasion des accords signés pour faire apparaître que, dans les domaines sociaux, il réorientait la politique définie entre 1995 à 2007 par la coalition précédente. Son texte s’adresse principalement à un électorat de gauche, à qui il veut démontrer que la présence de l'"Alliance"  au gouvernement protège salariés et "défavorisés".

- S'agissant des mesures fiscales (voir le texte de la "Déclaration" sur le site en anglais : ), elles consistent en des réductions d'impôts, abattements et décotes diverses, tenant compte des charges familiales, qui améliorent le pouvoir d'achat de la population, notamment des salariés.

Pour l'avenir, il est annoncé de nouvelles réductions des taxes sur la consommation, notamment sur l'alimentation (complétant les baisses de TVA, intervenues en mars 2007).

L'impôt sur les bénéfices des sociétés sera réduit, passant de 18 % à 15 % en 2009 (pour les bénéfices de 2008).

- Diverses mesures concernant le logement sont annoncées dans le cadre d'une politique publique du logement en cours d'élaboration. Les allocations logement seront majorées pour les locataires les moins favorisés. Pour ceux qui veulent acheter leur logement, le système des prêts et primes sera revu. Le statut de l'"épargne logement" sera amélioré pour les moins de 35 ans.

- La "Déclaration" traite également des aménagements envisagés en faveur des chômeurs les plus mal lotis.

- La réforme de la Sécurité sociale est en cours, sous l'égide du Ministre compétent. L'idée d'un minimum vital en matière de prestations fait son chemin.

- En matière d'éducation, l'accent sera mis à l'avenir sur la formation professionnelle des moins qualifiés. D'ici 2020, moins de 10 % des personnes sur le marché du travail devront se trouver sans qualification. L'enseignement secondaire sera adapté en conséquence. L'accès au supérieur sera "démocratisé".

     

* Confiance de l'opinion dans le gouvernement

L'"état de grâce" dont bénéficie le gouvernement de coalition ("Alliance" sociale démocrate-- Conservateurs) auprès de la population persiste neuf mois après sa constitution. Selon des sondages récents, plus de 70 % des électeurs lui feraient confiance. S'agissant des deux formations politiques, il semblerait que l'"Alliance" gagne peu à peu du terrain par rapport à son résultat des élections, alors la cote des Conservateurs demeure très satisfaisante (selon un sondage du début février : 39 % pour la première ; 34 % pour les seconds ; un autre sondage à la fin du mois donne respectivement 40,1 % et 35,2 %).

Des trois groupes d'opposition, seule la "Gauche verte" (gauche "radicale") tire son épingle du jeu, avoisinant 15 % des intentions de vote.

 

* Comité exécutif de la "Gauche Verte"

Réuni vers la fin du mois, le Comité exécutif de la "Gauche Verte" s'est prononcé contre nombre d'aspects de la politique gouvernementale, mettant en cause particulièrement la responsabilité des Sociaux-Démocrates dans la mise en ?uvre d'un programme "social-libéral".

Ainsi ont été dénoncés le renforcement du secteur privé dans la mise en oeuvre de la politique de santé publique, le risque de nouvelles privatisations (??), la construction à venir d'une ou deux usines d'aluminium avec leurs effets néfastes sur l'environnement, les dépenses de "défense" et la coopération avec l'OTAN, etc.

 

ENVIRONNEMENT

La pêche au capelan, interdite du 21 au 27 février

Outre les poissons de fond (parmi lesquels le cabillaud), qui constituent les espèces les plus valorisées des prises islandaises (en 2005, 77 % de leur valeur totale), les Islandais pêchent également des espèces pélagiques, essentiellement le hareng et le capelan (20,8 % de ce total en 2005). Les prises de ces poissons pélagiques sont essentiellement dépendantes des conditions environnementales ; et les captures ont connu depuis le début des années cinquante de fortes variations. C'est ainsi que ces conditions et la surexploitation ont entraîné à la fin des années soixante un effondrement du stock de "hareng atlanto-scandien" ("hareng norvégien"), provoquant un gros choc économique : les pêcheurs ont dû se tourner vers le « hareng islandais » (frayant en été) dans le cadre d’une exploitation très contrôlée. Récemment, le hareng « norvégien » est réapparu et un accord international en réglemente l’exploitation (elle a lieu principalement dans les eaux internationales), impliquant Islande, Norvège, Russie, Îles Féroé et Union européenne.

Les données environnementales ont aussi eu, à plusieurs reprises, des conséquences sévères sur la pêche au capelan (nourriture de nombreux poissons, tel le cabillaud, et élément de la chaîne alimentaire entre plancton et poisson) qui dut être interdite temporairement à diverses époques (par exemple en 1982 et 1983) pour rebondir spectaculairement par la suite. Par exemple, depuis le début du 21ème siècle, les prises se sont établies à 885 000 tonnes en 2000, 919 417 en 2001, 1 078 818 en 2002, 675 627 en 2003, 515 581 en 2004, 606 000 en 2005, mais 184 000 en 2006.

À la suite de recherches effectuées par l'Institut de recherches marines, qui montraient un effondrement des stocks, le Ministre des pêcheries a donc du le 21 février décréter en catastrophe l'interdiction de cette pêche. Six jours après, sur la base du résultat de nouvelles recherches, cette interdiction était rapportée.  Entre temps, de nombreuses régions avaient manifesté leur inquiétude devant cette nouvelle "complication" suivant de peu les baisses spectaculaires des prises de cabillaud (voir "Bulletins" de juillet et septembre 2007).

 

POLITIQUE EXTÉRIEURE

* Relations de l'Islande avec l'Union européenne

Le 31 janvier, la Ministre des affaires étrangères, Ingibjörg Solrun Gisladottir, a présenté au Parlement, en complément de son rapport général de politique extérieure de novembre (voir "Bulletin" de novembre), un exposé approfondi sur les relations de son pays avec l'Union Européenne.

Pour certains, la ministre, par ailleurs Président d'un parti "europhile" ("Samfylkingin", gauche modérée), a voulu par ce geste "marquer sa différence" avec ses prédécesseurs, tout comme l'importance qu'elle accorde à cette question.

Quoi qu'il en soit, l'exposé de la Ministre met en relief plusieurs points essentiels : 1) Tout d'abord, il rappelle combien la participation du pays à l'Espace Économique européen, décidée en 1994, a transformé l'économie et la société islandaises. L'économie insulaire était, en 1995, en retard par rapport à l'Europe de l'Ouest. L'adhésion à l'EEE lui a fait obligation de rattraper, sous bien des rapports, ce retard ; de s'ouvrir systématiquement sur l'extérieur, dans les domaines commercial et financier ; et de procéder à des réformes hardies pour se moderniser. La société a profité d'une cure de rajeunissement dans les secteurs de l'éducation, de la technologie et de la protection de l'environnement.

L'isolationnisme et la tentation du repli sur soi, longtemps prédominants dans la mentalité nationale, ont fait place à une ouverture internationale largement répandue dans les couches les plus variées de la population.

2) Mais la collaboration au sein de l'EEE a par définition des lacunes. D'abord l'EEE est dépourvu de toute dimension politique, tandis que l'UE n'a cessé depuis 1995 de connaître sous ce rapport un enrichissement progressif.

Par ailleurs, l'EEE comporte d'autres limitations. D'une part, dans les domaines régis par l'Espace, la réglementation est largement élaborée à Bruxelles par la Commission de l'UE. Les pays de l'EEE non adhérents à l'Union n'ont qu'une part limitée dans la prise de décision, leurs experts étant principalement consultés dans la phase initiale de "préparation des textes".

Surtout l'adoption de ladite réglementation donne depuis peu un rôle accru au Parlement européen, ce qui réduit d'autant l'influence des pays tels la Norvège et l'Islande. La seule parade à ce nouvel écueil consiste en un resserrement des liens entre l'Althing et le Parlement européen, qui devrait être mieux informé des positions et intérêts islandais.

C'est la raison pour laquelle la Ministre entend associer l'Althing très étroitement à sa politique européenne. En témoignent ce rapport et le débat qui suivra,  l'implication de plus en plus complète de la Commission des affaires étrangères, qui pourrait être suivie de la mise sur pied d'une Commission parlementaire sur l'Europe.

3) Quant à la substance actuelle des relations islando-bruxelloises, divers thèmes ont été jugés importants par Ingibjörg Solrun :

* En premier lieu, au sein de l'EEE, l'Islande a fait entendre sa voix sur la politique maritime intégrée de l'Union, au contenu très large, telle qu'elle a été adoptée lors d'un sommet européen à Lisbonne fin 2007. Préalablement, le Ministère (avec l'aide de l'Ambassade à Bruxelles) avait informé et consulté les groupements islandais concernés, et leurs remarques, transmises à l'Union, avaient parfois enrichi les textes en discussion.

* S'agissant de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, l'Islande ne cesse de faire entendre sa voix sur la politique élaborée par Bruxelles et applicable au sein de l'EEE. Les questions de la pollution par les transports aériens (importants dans l'île) et par les usines d'aluminium sont (ou seront) soulevées par Reykjavik.

* La politique européenne de l'énergie fait aussi l'objet d'une attention soutenue, tout comme la libéralisation des services postaux, la directive européenne sur les services (où les "intérêts" islandais concernés sont longuement consultés).

Pour résumer, la Ministre a constaté que nombre des lois et de la réglementation insulaires étaient, dans le cadre de l'EEE, et dans les champs couverts par cet accord (échanges commerciaux, circulation des capitaux et des personnes, concurrence, transports, énergie, environnement, science et recherche, etc.), largement élaborés à Bruxelles, mais que l'Islande se devait de jouer pleinement son rôle dans la préparation des textes.

4) En conclusion, Ingibjörg Solrun Gisladottir, s'appuyant sur le programme de gouvernement de mai 2007, note que le gouvernement s'est engagé à suivre de très près l'évolution à venir de l'Union, en s'efforçant de trouver à chaque fois les attitudes les mieux à même de défendre les intérêts islandais.

Aussi bien, dans cette optique, le Premier ministre a-t-il jeté les bases d'une "Commission sur les affaires européennes" (ci-dessous).

La Ministre entend de son côté désigner deux commissions spécialisées sur les questions agricoles et sur les pêcheries.

Par ailleurs, rejetant, tout comme M. Geir Haarde, l'adoption unilatérale de l'euro, elle partage sa position liant l'adhésion à la zone euro à l'adhésion à l'Union Européenne.

Aussi bien demande -t-elle avec insistance aux représentants de la société civile et aux organisations professionnelles de nourrir, plus qu'avant, le débat sur les avantages et les inconvénients d'une telle appartenance, qui supposerait, comme il a été dit dans le passé, l'organisation d'un référendum contraignant.

Il faut se garder de trop de précipitation en la matière ou d'un retard aveugle, pour Ingibjörg Solrun.

NDLR) Des conclusions similaires avaient déjà, en 2005, été émises par le Premier ministre d'alors, Haldor Asgrimsson, europhile convaincu et Président (à l'époque) du Parti centriste du Progrès. Depuis, le débat n'a guère avancé.

Le débat parlementaire qui suivit le discours ministériel n'apporta guère d'éléments nouveaux. La "Gauche Verte" réaffirma son opposition à la supranationalité. Il en va de même pour le petit groupe (opposition) des "Libéraux", spécialement concernant les pêcheries. Les centristes du Parti du progrès sont divisés.

Au Parti de l'Indépendance (Conservateur), Björn Bjarnason a rappelé que l'EEE offrait aux Islandais plus de possibilités qu'on ne semblait le croire.

 

* Commission sur les affaires européennes : un communiqué du Premier Ministre Geir Haarde, en date du 31 janvier, annonce sa création

Conformément à ce qui avait été annoncé dans le Programme du Gouvernement du 21 mai 2007 (voir "Bulletin" de mai 2007), le Premier Ministre a, récemment, en accord avec la Ministre des affaires étrangères, jeté les bases d'une "Commission sur les affaires européennes".

Celle-ci a d'ores et déjà deux co-présidents parlementaires, l'un -nommé par Geir- appartenant au Parti de l'Indépendance (Illugi Gunnarsson, élu de la capitale) et l'autre -désigné par Ingibjörg Solrun- à l'"Alliance" sociale-démocrate (Ágúst Ólafur Ágústsson, un jeune élu reykjavikois également).

Le nouvel organisme, consultatif, comprendra des représentants de toutes les formations représentées à l'Althing (un pour chacun des cinq groupes). Les organisations socio-professionnelles (syndicat ASI des travailleurs du secteur privé, syndicat des agents du secteur public, groupement patronal SA, Chambre de Commerce d'Islande) sont invitées à y participer.

La commission aura d'abord pour mission d'assurer le suivi des conclusions du rapport, publié en mars 2007,  de la "Commission parlementaire sur les affaires européennes" présidée par le Ministre de la Justice Björn Bjarnason et qui avait siégé de 2004 à 2007 (voir "Bulletin" de mars 2007). Celle-ci avait notamment recommandé une participation accrue du monde politique et de l'administration islandaises à la défense des intérêts nationaux dans les relations avec l'UE.

Elle devra surtout suivre de façon approfondie les questions relatives à l'évolution de l'Union, les éventuels changements intervenus, et évaluera ces derniers au regard des intérêts islandais. Elle réfléchira sur la meilleure méthode pour assurer la sauvegarde de ces intérêts, compte tenu de l'évolution et des développements constatés.

Dans l'organisation de son travail, dont elle fixera le contenu, l'accent sera mis sur les points suivants : collecte, diffusion, et éventuelle publication des informations relatives à l'Union européenne ; contacts et réunions de travail avec les représentants des intérêts concernés.

La Commission fera un rapport annuel au Gouvernement.

Son mandat va du 1er février 2008 au 1er février 2011 (soit quelques semaines avant la fin de la législature).

 

* Geir Haarde à Bruxelles

Les 26 et 27 février, le Premier ministre a séjourné à Bruxelles et Luxembourg. Outre ses homologues belge et luxembourgeois, il a rencontré les principaux dirigeants de l'Union européenne et de l'OTAN et s'est entretenu avec eux des problèmes posés par les relations de l'Islande avec ces organisations.

 

* Ingibjörg Solrun Gisladottir à New-York (Nations-Unies)

À peu près à la même époque, la Ministre des affaires étrangères, Ingibjörg Solrun Gisladottir, était au siège des Nations-Unies à New-York. Le 25 février, elle y prononça un discours à la 52ème session de la Commission sur le Statut des femmes. L'Islande -a-t-elle souligné- considère que l'accès des femmes aux responsabilités comme un investissement irremplaçable dans la recherche de la paix, de la sécurité et du développement. L'Île aurait-elle le meilleur "Indice de Développement Humain" si 80 % de femmes n'étaient pas "actives" au sens démographique du terme ?. Une nouvelle législation sur l'égalité des droits est d'ailleurs en discussion au Parlement. En outre, dans la politique islandaise d'aide au développement en faveur des pays pauvres, l'assistance à la promotion des femmes tient une place de choix depuis longtemps.

Le 26 février, ISG rencontra le Secrétaire-Général de l'ONU, Ban Ki Moon. Leur entretien a porté sur l'indépendance du Kosovo, la participation des femmes aux processus de paix, le conflit israelo-palestinien, le changement climatique et l'égalité des droits entre les deux genres.

Le 29 février, un communiqué du Ministère annonçait l'intention du gouvernement de reconnaître le Kosovo comme État souverain et indépendant, sans que la date précise en soit fixée.

 

* Le Président de la République d'Islande à New-York (20 février)

Le Président de la République d'Islande, Olafur Ragnar Grimsson (aux attributions largement cérémonielles) a été le 20 février au siège des Nations-Unies à New-York l'invité d'honneur d'une réception donnée par la Représentation permanente de l'Islande; pour les 24 États ne disposant pas d'armée pour leur défense. Deux d'entre eux, Panama et le Costa-Rica, siègent actuellement, d'ailleurs, comme membres non permanents au Conseil de Sécurité. C'est à un tel siège que Reykjavik est candidate pour les années 2009-2010 et le Président islandais a, dans son allocution, souligné que le désarmement d'un État n'était pas incompatible avec l'exercice d'importantes responsabilités internationales.

 

ÉCONOMIE

A) Allocution du Premier ministre devant la « Chambre de Commerce »

Le 13 février, le Premier ministre Geir Haarde a, devant la Convention annuelle de la Chambre de Commerce, prononcé une longue allocution (voir le texte, en anglais, sur le Site Internet : http://eng.forsaetisraduneyti.is/), sur le thème  "La couronne islandaise : fardeau ou bouc-émissaire ?"

- Au départ, l'orateur a rappelé que la question du rattachement à la zone euro était depuis près de 10 ans évoquée en Islande. En 1998, un Comité d'experts, nommé par le Premier ministre d'alors, avait déjà exclu cette possibilité, dans le court terme, alors même que la monnaie unique n'était qu'en cours de création. Il avait surtout insisté sur la nécessité de renforcer la stabilité économique du pays. Les années qui suivirent furent marquées par une croissance constante du PIB, et des réformes structurelles -privatisation des banques, redéfinition des missions de la Banque Centrale, qui doit lutter contre l'inflation et ne fixe plus le taux de change de la couronne. En décembre 2005, l'Institut d'Économie de l'Université d'Islande, consulté par le gouvernement, conclut à l'efficacité de ces réformes, notamment sur le taux de change.

- Geir, lors de la Convention de la CdC de 2007, contestait déjà le "mirage" de l'euro, dont l'adoption, pour lui, impliquait nécessairement une adhésion à l'UE. Il marquait que les particularités de l'économie nationale, notamment son instabilité structurelle, imposaient l'existence de politiques budgétaire et nationale autonomes, seules susceptibles d'éviter le chômage massif dans certaines hypothèses. Il notait que le maintien de la couronne n'était pas incompatible avec la possibilité pour certaines sociétés, particulièrement tournées vers le monde extérieur, de tenir leur comptabilité en euros, comme quelques unes l'ont fait avec le dollar. Il soulignait combien l'abandon de sa propre monnaie en faveur d'une autre était une décision demandant prudence et responsabilité.

- Un an après, Geir n'a pas changé d'avis. L'adoption de l'euro, comme l'UE l'a confirmé, demeure conditionnée par une adhésion à l'Union. Or, sur ce point, le "Programme de gouvernement" de mai 2007 n'a pas prévu qu'une décision soit prise durant l'actuelle législature.

En revanche, la tâche prioritaire des autorités consiste toujours à renforcer l'économie nationale, notamment en continuant le combat contre les tensions inflationnistes et les déficits courants, apparus après la période de forte expansion des années 2002-2005. Ces efforts avaient remporté des succès, lorsque survint la crise financière et boursière importée des Etats-Unis, au second semestre 2007. La chute du marché des actions se fit sentir en Islande, comme ailleurs, mais moins fortement que dans d'autres pays (où la hausse d'avant juillet avait été moins forte que dans l'île, et la baisse subséquente plus élevée).  Parmi les actions les plus touchées se trouvaient, vu l'origine de la crise, celles des firmes financières, dont la place dans l'indice général des valeurs est importante, phénomène spécifiquement islandais, et qui relativise la chute de cet indice dans les comparaisons internationales...

De par le monde, la situation des banques nationales est souvent mal connue, et leur solidité sous-estimée. Des agences de notation l'ont souligné, comme elles ont rappelé la bonne santé du Trésor et des finances publiques. L'Autorité de Surveillance Financière a confirmé ces diagnostics, tout comme la résilience du système bancaire. Dans ces conditions, le Premier ministre demande aux partenaires sociaux (spécialement au patronat) de s'associer à ses efforts pour "rectifier" en tant que de besoin les erreurs sur l'économie islandaise, là où elles pourraient s'avérer nuisibles.

Dans l'immédiat, malgré cet optimisme, Geir a prévu une réunion (tenue le 14 février) avec quelques ministres et les dirigeants des grandes banques pour examiner avec eux les mesures à prendre pour redresser certaines faiblesses constatées.

Par ailleurs, il souhaite que les établissements financiers, même s'ils travaillent prioritairement avec l'étranger, maintiennent leurs sièges sociaux en Islande, quelques uns ayant envisagé de les délocaliser. Ils pourront tenir leur comptabilité en devises étrangères, sous certaines conditions.

Geir Haarde a enfin terminé sur une note optimiste et à nouveau mentionné l'excédent enviable du Trésor, qui dépasse 2,5 % du PIB, et la dette nette publique, évaluée à 5 % seulement.

N.D.L.R.

Vers la fin du mois, la situation des banques nationales a fait l'objet d'appréciations assez contrastées. Le gouvernement reste, dans l'ensemble, raisonnablement optimiste. Mais, au Parti de l'Indépendance, des voix se sont fait entendre, pour rappeler leur vulnérabilité potentielle et les risques encourus du fait de la crise importée des Etats-Unis, relativement à leurs possibilités de refinancement en cas de nécessité. Le débat est ouvert. Pour la Banque Centrale , compte tenu de l'extrême tension régnant sur les marchés financiers internationaux, et de leurs caractéristiques propres (ouverture maximale sur l'étranger, lourd endettement extérieur, sous-estimation par le monde financier, rivalités avec certaines banques étrangères, etc), les établissements islandais doivent redoubler de vigilance et de rigueur. Elle -même ne faillira pas à sa tâche de soutien et d'appui à ces établissements.

      

B) LES NÉGOCIATIONS SALARIALES ENTRE LES PARTENAIRES SOCIAUX

Les dernières semaines de 2007 avaient vu s'intensifier les négociations entre le patronat et les syndicats de travailleurs, pour le renouvellement des accords salariaux, de très nombreux accords -conclus en 2005-2006- expirant à la fin de l'année ou dans le courant de 2008.

Soucieux d'éviter une relance de l'inflation -toujours menaçante- le gouvernement avait expressément souhaité que les partenaires sociaux, se comportant de manière responsable, fassent preuve de sagesse et de modération dans la fixation des rémunérations et dans leurs éventuelles augmentations.

Le patronat n'y voyait évidemment que des avantages.

Les syndicats de travailleurs ne se déclaraient pas hostiles, par principe, à une telle "modération", pour peu qu'elle inclue des gestes en faveur des salariés les plus modestes et que les pouvoirs publics l'accompagnent d'avantages significatifs sur le plan fiscal et social (voir plus haut).

Après des péripéties assez longues, l'État "mit la main à la pâte" (ce qui devrait coûter 20 mds de couronnes pour les quatre ans à venir) et finalement un accord en bonne et due forme intervint le 17 février, prévoyant essentiellement une hausse très raisonnable des salaires (18 000 couronnes par mois) et un rattrapage des plus bas.

Partenaires sociaux et gouvernement se sont félicités de ces arrangements, compatibles avec la lutte contre l'inflation.

 

C) POLITIQUE MONETAIRE : LA BANQUE CENTRALE MAINTIENT SES TAUX D’INTERET INCHANGES. LA LUTTE CONTRE L’INFLATION CONTINUE

- La Banque Centrale (site en anglais : www.sedlabanki.is), le 14 février, a décidé, de maintenir ses taux d’intérêt inchangés. Le taux de base reste donc à 13,75 %, comme il avait été fixé le 1er novembre 2007 et confirmé depuis lors, ce qui constitue son niveau le plus élevé depuis de très nombreuses années.

L’Institut d’émission a en effet constaté que, dans l'immédiat, la situation sur le front de l'inflation demeur ait préoccupante (comme elle l'avait prévu dans le "Monetary Bulletin" de novembre 2007). Sur ce terrain, en effet, les tensions persistaient. La consommation privée, et plus généralement la demande, ont crû sensiblement à la fin 2007. Le marché du travail est resté sous pression. La couronne a continué à baisser. Les prévisions conjoncturelles à court terme sont donc moins favorables qu'en novembre et décembre.

La situation des marchés financiers mondiaux, islandais et internationaux, n'incline pas à l'optimisme. Les marchés d'actions ont chuté spectaculairement depuis janvier, ce qui pénalise les comptes des ménages et des entreprises. Le marché immobilier est incertain.

Tout cela justifie, aux yeux de ses dirigeants, que la Banque Centrale persiste dans une politique monétaire restrictive. Le succès de cette stratégie demandera encore du temps, impossible à déterminer actuellement.

De même, sa réussite à long terme est entourée de nombreuses incertitudes quant au délai nécessaire. L'évolution des marchés financiers, celle du cours de la couronne en constituent les principales.

- Cette décision prise, les dirigeants de la Banque ont, lors d'une conférence de presse (voir le site), face à des arguments souvent développés dans divers milieux d'affaires, tenu à expliciter dans le détail leur stratégie.

En particulier le Gouverneur David Oddsson a tenu à souligner les tensions inflationnistes profondes à l'?uvre dans l'économie (voir plus haut). Face à l'ampleur de ces tensions, un "remède de cheval" s'impose, même s'il a des effets secondaires négatifs, pour éviter la catastrophe finale.

En réponse à diverses questions, il a confirmé que le recul des tensions sur le marché immobilier (difficile à chiffrer) allait se poursuivre. Il a souligné les risques que comporte l'endettement excessif des Islandais. Malgré les effets de la crise mondiale du crédit générée aux Etats-Unis, les banques et institutions financières islandaises, bien que "chahutées" par les récents développements, sont fondamentalement solides.

Note de la Rédaction :

La politique monétaire de la Banque, telle que réaffirmée par son Gouverneur, a, dans les jours suivants, été contestée par divers banquiers islandais.

Peu après, le Ministre du Commerce (social-démocrate) Björgvin G. Sigurdsson, prenant appui sur la signature presque concomitante des accords salariaux -facteur de stabilisation- a suggéré que l'Institut d'émission revoie sa décision.

 

D) Projets industriels en Islande

Il semble que le gouvernement islandais va prendre position prochainement sur divers projets industriels, contestés par les environnementalistes, mais que le ralentissement de l'économie impose en raison des risques de récession et de remontée du chômage :

- de nouvelles usines d'aluminium, en plus de l'agrandissement de l'usine Alcan de Straumsvik (près de Hafnarfjördur).La décision est pratiquement prise. La question qui oppose les "politiques" est celle de savoir parmi les projets à l'examen lequel aura la priorité : celui de Columbia Ventures à Helguvik, dans le Sud-Ouest, région touchée par le sous-emploi depuis le départ des Américains de Keflavik ; ou celui de la multinationale Alcoa, à Bakki près de Husavik (Nord de l'île). Selon les circonscriptions "bénéficiaires", les élus se divisent. Le ministre de l'Industrie est pour le second, pour des raisons d'aménagement du territoire ; le premier a les faveurs du Ministre des Finances, élu du Sud-Ouest, et même du Premier ministre.


- la raffinerie de pétrole dans les fjords de l’Ouest. La population locale, durement affectée par la réduction des quotas de pêche et les licenciements dans les pêcheries et usines de transformation, y serait, selon le maire de Isafjördur, favorable. Des intérêts économiques, également. Le parti de la « Gauche Verte » et des mouvements environnementalistes protestent, et envisagent des projets alternatifs moins « dommageables »pour la nature, parce que moins sujets à des émissions de gaz polluants.

 

E) L'ISLANDE ET L'EURO

Février a vu les discussions qui opposent partisans et adversaires du rattachement de l'Islande à la zone euro redoubler d'intensité.

Rien d'étonnant à cela. Les turbulences (marché des actions, etc) enregistrées dans l'Île à la suite de la "tempête" américaine ont initié des échanges vifs sur la prétendue "vulnérabilité" de la monnaie nationale, les risques encourus par diverses banques et institutions financières (telle la Banque Kaupthing, la plus grande société islandaise) travaillant principalement avec l'étranger et l'éventuelle "garantie" qu'apporterait l'adhésion à la zone.

Hommes d'affaires, banquiers, experts et "politiques" continuent à s'affronter courtoisement.

Le Premier ministre Geir Haarde a, au début du mois, rappelé devant le Parlement (et le 14 devant la Chambre de Commerce : voir plus haut) que son gouvernement n'envisageait pas d'adopter l'euro, ce qui, en tout état de cause, impliquerait une adhésion à l'Union européenne. Elle n'est pas dans le programme du gouvernement. Interrogé notamment par le chef de la "Gauche Verte" (gauche radicale dans l'opposition), Steingrimur Sigfusson, il a souligné qu'une éventuelle entrée dans la monnaie unique, qui demanderait du temps, n'apporterait pas de solution miracle aux problèmes spécifiquement islandais. Ses propos ont été approuvés par les Conservateurs. En revanche, ils ne semblent pas rallier la majorité de ses alliés sociaux-démocrates : le Ministre du Commerce Björgvin G Sigurdsson a à nouveau plaidé l'opportunité d'une adhésion tant à l'UE qu'à la zone euro. Il a cité à l'appui de sa position l'opinion de divers "grands patrons" des affaires.

 

F) SÉMINAIRE SUR "L'ISLANDE ET LES ÉNERGIES RENOUVELABLES"

Le Ministre islandais de l'industrie, Össur Skarphédinsson, qui avait dans les derniers mois visité nombre de pays africains et asiatiques (certains au Moyen-Orient) désireux de collaborer avec l'Islande pour l'exploitation de leurs ressources naturelles énergétiques -essentiellement géothermie-, a organisé le 1er février à Bruxelles, sous les auspices du Commissaire de l'Union Européenne à l'Énergie, un séminaire sur le thème "L'Islande et l'énergie verte : une coopération pour un avenir meilleur". 

On peut télécharger sur le site en anglais du Ministère (http://eng.idnadarraduneyti.is/) le discours d'ouverture du Ministre, que l'on résumera ainsi :

- Il a d'abord souligné le rôle crucial que vont jouer les "énergies vertes" dans la lutte contre le réchauffement climatique, pour laquelle l'UE a adopté des objectifs ambitieux, dès 2020.
L'Islande a une arme irremplaçable et inestimable dans cette lutte : l'abondance de ces sources d'énergie : hydroelectricité, et surtout géothermie. Au milieu du 20ème siècle, 80 % de ses besoins énergétiques étaient satisfaits avec du charbon et des produits pétroliers importés. Maintenant la proportion est pratiquement inversée, et 99,95 % de l'électricité consommée est de l'énergie verte.

Rappelant les recherches en cours sur l'hydrogène, Össur mentionne qu'elles devraient aboutir, au milieu du siècle, à la substitution par cette énergie des énergies polluantes encore en usage (dans les transports, la flotte de pêche, etc).

- En matière de coopération internationale pour les énergies vertes, le bilan de l'île est plus qu'honorable. Avec la Chine, le travail avance bien, Reykjavik aidant le pays, très riche en géothermie, à installer dans la province du Shaanxi le plus important système de chauffage pour les habitations du monde. L'usage de cette énergie propre améliorera sensiblement la santé et la qualité de vie de la population. Le Ministre, ayant visité les Philippines et l'Indonésie, en est revenu optimiste. Tout récemment, un accord-cadre de coopération a été conclu avec Djibouti, pays très pauvre et où l'électricité est trop chère pour le consommateur. L'Afrique Orientale, d'ailleurs, est souvent dans le même cas.

L'Islande est enfin présente en Amérique latine, a construit une usine au Salvador et s'apprête à faire de même au Nicaragua.

S'agissant de l'Europe centrale et orientale, le potentiel géothermique est important, Reykjavik a des contacts étroits avec l'Allemagne (orientale), la Hongrie, la Slovénie. Des actions concertées avec l'Union Européenne seraient envisageables.

- En conclusion, Össur Skarphédinsson a émis le souhait que son pays travaille à l'avenir et de manière approfondie, avec l'UE dans plusieurs domaines concernant la recherche en géothermie : forages à la rencontre des plaques tectoniques dans l'océan, forages très profonds (que l'Islande va pratiquer sur son propre territoire), etc. Il pourrait en découler des conséquences très positives pour l'Europe et le Tiers-Monde.

 

G) PROJET DE LOI SUR L'ÉNERGIE

Le Ministre de l'Industrie, au nom du gouvernement, a déposé devant le Parlement, vers la mi-février, un projet de loi concernant le statut des ressources naturelles énergétiques, qui sont actuellement, dans une très large mesure, propriété publique (État ou municipalités). Eles devraient le rester.

En revanche, les activités de distribution (aux utilisateurs), séparées de la propriété et de la production, sont ouvertes au secteur privé, à la condition que les entreprises qui les assurent soient, à hauteur des 2/3, propriété publique.

Ce texte est actuellement discuté à l'Althingi.

 

SOCIÉTÉ

L'Immigration en Islande en 2007

La lettre hebdomadaire du Ministère des Finances en date du 14 février (www.eng.fjarmalaraduneyti.is) nous apprend que l'immigration nette (immigration totale dont on déduit l'émigration totale), bien qu'en retrait par rapport à 2005 (3 860 personnes) et 2006 (5 255), a été relativement importante en 2007 : 3 352 personnes, soit plus de 1 % de la population, chiffre élevé pour l'île, pays traditionnellement "fermé".

Elle a principalement profité à la région de la capitale : + 3 257.

La seule région où elle a été négative a été l'Est : - 1 453, l'émigration (essentiellement rurale) dépassant l'immigration (de travailleurs étrangers).

Contrairement aux deux années précédentes, où parmi les immigrants, les hommes prédominaient, la répartition entre "genres" est maintenant plus équilibrée.

On sait que l'immigration nette a joué ces dernières années un rôle déterminant dans l'accroissement démographique (estimé à 2,6 % en 2006 et 1,9 % en 2005). Jusqu'alors, ce dernier était essentiellement lié à l'"accroissement naturel"  (excédent des naissances sur les décès). En 2006, l'immigration nette a apporté une contribution significative, s'établissant à 1,73 %. En 2007, le chiffre avoisine 1 %.

* Naturalisation des étrangers

Dans un communiqué paru le 20 février, l’Office des Statistiques nous apprend qu’en 2007, 647 (contre 844 en 2006) naturalisations ont été accordées à des étrangers, chiffre en nette régression sur ceux des années précédentes (671 en 2004 et un eu plus de 700 en 2005). Beaucoup des bénéficiaires sont des immigrants polonais (162, contre 222 en 2006), suivis par les ressortissants des Philippines (69) et ceux de l’ancienne Yougoslavie (63).

 

BIBLIOGRAPHIE, DOCUMENTS :

* DOCUMENTATION SUR L'ÉNERGIE GÉOTHERMIQUE EN ISLANDE

Le Ministre islandais de l'industrie, Össur Skarphédinsson, qui avait dans les derniers mois visité nombre de pays africains et asiatiques (certains au Moyen-Orient) désireux de collaborer avec l'Islande pour l'exploitation de leurs ressources naturelles énergétiques -essentiellement géothermie-, a organisé le 1er février à Bruxelles, sous les auspices du Commissaire de l'Union Européenne à l'Énergie, un séminaire sur le thème "L'Islande et l'énergie verte : une coopération pour un avenir meilleur".

On peut télécharger sur le site en anglais du Ministère (http://eng.idnadarraduneyti.is/) le discours d'ouverture du Ministre (résumé dans la rubrique "Économie"), ainsi que les contributions au colloque des quatre experts islandais :

Geothermal Projects in Iceland (Projets géothermiques en Islande), par Ólafur G. Flóvenz

The Iceland Deep Drilling Project (Le projet islandais de forages profonds) par Gudmundur Ómar Fridleifsson

CO2 Sequestration from Geothermal Energy Production (la séquestration de CO2 et l'énergie géothermique) par Mme Hólmfrídur Sigurdardóttir

Geothermal Potential in Europe par Lárus Elíasson

Geothermal Policy in Europe: Past Successes and Future Developments (la politique de l'énergie géothermique en Europe : succès passés et développements à venir) par Ásgeir Margeirsson

 

* DOCUMENTATION SUR LA POLITIQUE ISLANDAISE DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ

On peut télécharger sur le site en anglais du Ministère des Affaires étrangères (http://mfa.is) l'important exposé fait en  septembre 2007 par la Ministre des affaires étrangères, Ingibjörg Solrun Gisladottir, sur la politique nationale de défense et de sécurité, définie et mise en place par son pays depuis le départ de l'ile des troupes américaines en septembre 2006.

 

* LITTÉRATURE : DEUX ROMANS ISLANDAIS TRADUITS EN FRANÇAIS : UN POLAR ("BROUILLAGES") ET LA GRANDE ?UVRE DE OLAFUR GUNNARSSON ("CATHÉDRALE DES TROLLS")

 

Parus récemment :

Jon Hallur Stefansson : Brouillages
Traduction: Eric Boury
N° ISBN 978-2-84720-110-9
Prix: 21 EUR
Edition: Gaïa

Un architecte apparemment bien sous tous rapports est retrouvé inanimé au bord du lac de sa maison d'été. Qui lui a fracassé le crâne ? Sa femme ? Son fils? Sa jeune maîtresse? Son ancien associé, viré pour alcoolisme ? Ou ce mercenaire japonais qui disserte volontiers sur l'art de tuer, et qui trouve en l'Islande un décor idyllique pour mettre en scène ses meurtres?

Jón Hallur Stefánsson est né en 1959. Il s’était fait remarquer en 2004 en obtenant le prix de l’Association des auteurs policiers d’Islande pour une nouvelle intitulée Enginn engill (Loin d’être un ange). Brouillages a connu un grand succès public en Islande, la critique l’ayant décrit comme l’héritier du maître maintenant incontesté qu’est Arnaldur Indridason.

 

Ólafur Gunnarsson : Cathédrale des trolls
Roman traduit de l'islandais par Henry Kiljan Albansson
N° ISBN 2-84720-100-0
Prix : 22 EUR
Edition: Gaïa

 «L’auteur nous emmène avec brio et puissance sur les chemins des âmes nues, avec en toile de fond un somptueux portrait de l’Islande de l’époque, toute jeune république au bord du Cercle Polaire qui semble si loin du monde. Dans le monde balbutiant d’après-guerre face aux embruns du progrès, les personnages sont tous touchants et attachants dans leurs rires et leurs blessures, et les images et les lieux défilent, aussi puissants que les bas-reliefs dans l’ombre de cathédrales imaginaires dignes de Gaudí.»

Ólafur Gunnarsson est l’un des grands romanciers islandais. Il est l’auteur d’une bonne douzaine de romans, dont la plupart sont traduits en anglais. Il est le lauréat du prestigieux Prix de littérature islandaise en 2004, avec Öxin og Jördn (La hache et la terre), dont un extrait a été publié dans Islande de glace et de feu, anthologie de littérature islandaise (Actes Sud Babel, 2004).

 

 

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