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L´ACTUALITÉ ISLANDAISE EN JUIN 2007

POLITIQUE INTÉRIEURE

Note liminaire : sous cette rubrique, nous retraçons, d’un mois sur l’autre, quelques-unes des multiples " péripéties " et " mini-crises " qui ponctuent la vie des partis islandais et les " jeux " de la démocratie parlementaire : on ne découvre, au fil de cette chronologie, rien que de très naturel et prévisible dans un régime politique, qui, par certains de ses aspects, ressemble au système français et à celui de nombre de grands pays développés.

Les " non-initiés " et ceux que ne passionnent pas les subtilités des rivalités ou alliances partisanes ou personnelles trouveront à l’occasion notre rubrique longue, pour ne pas dire fastidieuse. Ils peuvent la parcourir " en diagonale " sans se perdre dans les méandres. On leur signale au passage que les épisodes et incidents relatés n’ont souvent qu’une portée limitée. Aspect positif, cependant : ils attestent la vitalité du fonctionnement quotidien, avec ses inévitables " scories ", de la démocratie et d’un système représentatif mature et bien rodé.

Courte session du Parlement
Le Parlement, élu le 12 mai dernier, a ouvert une (courte) session le 31 mai, en présence du Président Olafur Ragnar Grimsson, qui a prononcé à cette occasion une brève allocution. On en retiendra les points suivants :

* Les dernières élections ont manifesté la vivacité de la démocratie dans le pays. Les débats dans les médias ont été plus riches et variés que par le passé.

* Les programmes des formations en lice ont montré l'existence de points de consensus plus nombreux. Ainsi, compte tenu des transformations récentes de la société islandaise, des progrès sont en cours vers une "réconciliation" des vieilles oppositions.

Session parlementaire (suite) : le discours du Premier ministre
Après l'allocution présidentielle, le Parlement est entré dans le vif du débat politique en entendant une déclaration de politique générale par le Premier ministre Geir Haarde.

Le chef du gouvernement a rappelé le programme gouvernemental annoncé au lendemain de la formation du cabinet "grande coalition" PI-"Alliance", tel qu'il figure dans la déclaration commune, rendue publique le 23 mai (site Internet du Premier ministre en anglais : http://eng.forsaetisraduneyti.is/), On se reportera donc à notre "Bulletin mensuel" de mai 2007.

L'exposé de Geir a été suivi d'une discussion générale. Les représentants des trois groupes d'opposition s'y sont exprimés. L'orateur des "Libéraux", Gudjon Arnar Kristjansson, a surtout fait part de son scepticisme, compte tenu de la méfiance que lui inspirent les actions passées des Conservateurs. Il ne se livrera pas, cependant, à une opposition systématique. Le Président du Parti du progrès, Gudni Agustsson, se montra plus critique vis-à-vis notamment des aspects économiques du projet gouvernemental. Le chef de la Gauche Verte, Steingrimur Sigfusson, lui, fut assez virulent, en particulier sur le thème de l'environnement.

Clôture de la session
La session du nouveau Parlement s'est achevée le 13 juin, après que quelques textes importants eurent été votés (usine d'aluminium de Straumsvik; Bourse et sociétés d'investissements, fusion de départements ministériels).

Discours du Premier ministre pour la Fête Nationale (17 juin)
À l'occasion de la Fête Nationale (17 juin), le Premier ministre Geir Harde a prononcé, comme il est d'usage, une "adresse" pour ses compatriotes. Après l'hommage de rigueur rendu au "père spirituel" de l'Indépendance, Jon Sigurdsson, le chef du gouvernement a brièvement commenté les derniers évènements politiques, particulièrement la formation du gouvernement "de grande coalition" Conservateurs-"Alliance" (sociale-démocrate). Regrettant le ton parfois trop polémique des débats politiques, Geir a fait l'éloge du "compromis raisonnable", fondé sur un respect mutuel de positions divergentes.

Le consensus doit être le plus large possible dans certains domaines d'action prioritaires. Ce principe s'impose naturellement, s'agissant de l'effort considérable à entreprendre dans les domaines de l'éducation et de la recherche, qui conditionnent plus que jamais le progrès économique, la cohésion sociale et le bien-être de tous. Après des avancées considérables, le gouvernement est décidé à réaliser l'"excellence éducative" aux divers niveaux et, pour cela, doit s'appuyer sur un assentiment très partagé.

Il devrait en être de même pour les grandes lignes de la politique économique et sociale, celle de l'environnement et les relations extérieures.

Geir Haarde n'a pas manqué d'évoquer les récentes discussions sur d'éventuelles réductions des quotas de pêche (voir ci-dessous) et sur les avantages et les limitations de ce système. Il convient de lier ces questions à celles liées au développement régional. Le Gouvernement, unanime, demande au Ministre compétent de procéder à une étude approfondie sur des problèmes vitaux pour le secteur comme pour de nombreuses collectivités locales. Les parties intéressées devront être associées aux travaux. Mais l'Islande est scientifiquement mieux armée que par le passé pour affronter des difficultés sectorielles dans la pêche et définir des objectifs à long terme.

 

ENVIRONNEMENT

* Chasse à la baleine : les propositions de l'Institut de recherches marines
L'Institut de recherches marines, se fondant en partie sur les travaux scientifiques de la NAMMCO (Commission des mammifères marins de l'Atlantique Nord), a en juin proposé que la chasse commerciale prévue pour la campagne 2007-2008 (s’achevant le 31 août 2008) porte sur 400 baleines de Minke et entre 150 et 200 rorquals communs. Selon la NAMMCO, le stock des derniers est satisfaisant et le nombre de captures proposées permettrait de le maintenir en l'état.

Le ministre des Pêcheries, avant de prendre des décisions, entend faire le point sur les débouchés possibles (exportations ?) de la viande de baleine. Lors de la saison 2006-2007, 9 captures de rorquals communs avaient été prévues, mais 7 seulement réalisées, faute de rentabilité.

* Chasse à la baleine : divergences au sein du Gouvernement ?
Il semblerait que des divergences non négligeables séparent, au sein du nouveau Gouvernement de Geir Haarde, le ministre conservateur des Pêcheries Einar K. Gudfinnson et la ministre (sociale-démocrate) de l'Environnement Thorunn Sveinbjarnardottir, qui serait réservée sur la chasse à la baleine. Rien de bien nouveau dans les propos échangés récemment de part et d'autre.

Une clarification de la question, avec une harmonisation des positions au sein de l'équipe, est prévisible rapidement, en prévision d'une (éventuelle) campagne de chasse à partir du 1er septembre?ou d'un abandon de la pratique. À suivre.

* Projets industriels : le point de vue de la ministre de l'Environnement
Dans une interview récente, la ministre (sociale-démocrate) de l'Environnement se montre prudente concernant les (un ou deux) projets d'usine d'aluminium, souvent mentionnés dans la presse et dont les préparatifs avaient commencé avant le changement de gouvernement. Les acteurs économiques -investisseurs, compagnies fournissant l'énergie- poursuivent ces préparatifs, les pouvoirs publics veillent au respect du cadre réglementaire, mais aucune décision n'est imminente. Lorsque ce travail préalable approchera de sa fin, et que l'on saura exactement si lesdits projets sont réalisables et dans quelles conditions, le Gouvernement aura une vue d'ensemble des éventuelles décisions à prendre, et en particulier de leurs conséquences environnementales. Il pourra, entre autres, veiller au respect des règles relatives au plafond des émissions de gaz à effet de serre applicable après 2012 (encore inconnu).

Ce que les acteurs économiques, notamment les investisseurs, doivent avoir à l'esprit dès maintenant, c'est que la politique du nouveau gouvernement, en matière de projets industriels à haute intensité énergétique (les "grands projets"), est sensiblement différente de celle de l'ancienne équipe. Il ne s'agit plus pour l'État de les promouvoir systématiquement. Il appartient aux industriels et à l'opinion publique d'en être parfaitement conscients, et d'attendre calmement la fin des travaux préparatoires.

Mme Thorunn Sveinbjarnardottir, par ailleurs, n'a pas voulu évoquer dans le détail tel ou tel projet précis -comme celui envisagé par la Compagnie Alcoa à Husavik (dans le Nord)-.

Pour elle, les "grands projets industriels", et le respect par les installations à venir des conditions environnementales, ne devraient pas affecter la cohésion de l'actuelle coalition gouvernementale -entre l'"Alliance" et le Parti de l'Indépendance-. À noter que les deux ministères les plus impliqués, l'Industrie et l'Environnement, sont l'un et l'autre entre les mains de l'"Alliance". La Ministre a rappelé, enfin, que le gouvernement entendait bien, dans le domaine de l'environnement, tenir largement compte des aspirations de plus de plus fortes d'une fraction croissante de la nation.

 

POLITIQUE EXTÉRIEURE

* Participation de l'Islande au "Conseil Baltique" des 12 et 13 juin
Les 12 et 13 juin, Madame Ingibjörg Sólrún Gísladóttir, ministre des Affaires étrangères, a représenté l'Islande à la réunion du Conseil des États de la mer Baltique, à Malmö (Suède).

Le Conseil est un organisme de coopération régionale, établi en 1992 et comprenant, outre les États riverains de la Baltique (dont la Russie), la Norvège et l'Islande, ainsi que la Commission européenne.

La ministre a souligné, dans son intervention, le rôle décisif que la coopération entre les pays membres pouvait avoir dans l'intégration économique progressive de la Russie dans la région baltique. Au sein de cette dernière, dix des onze États participent à un même marché intérieur : celui mis en place par l'"Espace économique européen" qui a considérablement raffermi les liens les unissant. Il convient maintenant d'arrimer plus solidement la Russie à cet ensemble, ce qui accroîtra l'avantage comparatif de la région entière dans un monde globalisé. Les domaines privilégiés pour une collaboration "baltique" sont divers. Au premier rang figure l'environnement. Dans ce secteur, l'Islande est prête à partager son expérience incontestée en matière de développement des énergies renouvelables.

Ingibjörg Sólrún a, par ailleurs, appelé les pays de la Baltique à intensifier leur coopération dans la lutte contre les trafics d'êtres humains, spécialement femmes et enfants. Outre la répression des pratiques délictuelles, il faut mettre en application des mesures visant à éradiquer les causes sociologiques et économiques du problème (inégalités de genres, extrême pauvreté). Pour cela le Conseil peut stimuler la coordination indispensable entre les diverses parties et acteurs intéressés dans les pays membres.

Dans ces actions régionales, l'Islande apparaît parfois comme un partenaire éloigné et "marginal". C'est oublier la part de plus en plus importante qu'elle et ses entreprises prennent dans les échanges croissants (notamment économiques) autour de la Baltique, témoignage du dynamisme de la zone.

NDLR : En marge de cette réunion, la Ministre islandaise a rencontré son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier. Ils se sont entretenus entre autres d'une possible collaboration en matière de sécurité et de défense, et d'une coopération envisageable dans le domaine des énergies renouvelables.

 

 * Visite en Islande du Sous-Secrétaire d'État américain Nicholas Burns
Les 13 et 14 juin, Nicholas Burns, Sous-Secrétaire d'État des Etats-Unis d'Amérique, et adjoint de Condoleeza Rice, a effectué une courte visite en Islande. Il a eu notamment un déjeuner de travail avec le Premier ministre islandais, et des entretiens avec Ingibjörg Sólrún Gísladóttir, ministre des Affaires étrangères. À cette occasion, la solidité des liens entre les deux pays a été réaffirmée, même si depuis le départ des Américains d'Islande en septembre 2006, leur collaboration revêt une forme très différente. M. Burns s'est félicité de l'intérêt que portait l'Île au maintien de la paix et à la reconstruction de zones touchées depuis des années par des conflits, comme l'Afghanistan. La ministre islandaise a fait part de son intention de se rendre prochainement au Proche Orient afin d'y appréhender plus directement les enjeux impliqués.

Parallèlement à la visite de N. Burns, des experts islandais et américains ont discuté du système de surveillance de l'espace aérien islandais par les stations radar, que les Américains avaient accepté -en 2006- de faire fonctionner jusqu'au 15 août 2007. Des conversations, en cours, entre Washington, Reykjavik et l’OTAN doivent déterminer l’avenir (et le financement) du système au-delà de cette date.

 

ÉCONOMIE

* L'Institut de Recherches marines propose une réduction drastique des "quotas de pêche" pour le cabillaud et diverses espèces
L’Institut de recherches marines vient de proposer au Ministère des Pêcheries une réduction des « totaux admissibles de capture » (TAC), donc des quotas de pêche, pour la campagne 2007-2008, pour plusieurs espèces particulièrement importantes : cabillaud, églefin, sébaste, etc.

La proposition la plus spectaculaire concerne le cabillaud. L'Institut recommande que le TAC passe de 193 000 t. à 130 000 t. La raison invoquée par les scientifiques est l’état alarmant des stocks. Ils souhaitent que le TAC soit désormais fixé à 20 % du stock prélevable (poissons de 4 ans et plus), et non plus à 25 %, comme l'autorisent les textes en vigueur, dont l'application aurait, selon eux, des conséquences catastrophiques pour lesdits stocks à reconstituer.(proches du minimum historique).

Le Ministre Einar K. Gudfinnson a, à plusieurs occasions, souligné l'importance qu'il accordait à la question. Il a préconisé une étude rapide, mais en profondeur, de l'état des stocks. Cette étude devrait être menée en liaison ave les professionnels, qui ne semblent pas rejoindre l'Institut dans ses conclusions. Pour le Ministre, il faut attendre les conclusions de ces travaux et s'abstenir de toute mesure hâtive, prise dans la précipitation.

* Consultations annuelles avec le Fonds Monétaire International (FMI)
Le Fonds Monétaire International a rendu publiques le 11 juin les « conclusions » que son Comité Directeur venait d’adopter concernant l’économie de l’Islande. Il s’agit là d’une procédure habituelle dans les relations entre le Fonds et les États membres. Chaque année, le FMI envoie dans ces Etats des experts, qui ont des discussions avec les autorités nationales (principalement les Banques Centrales) sur les problèmes les plus aigus posés par l’évolution récente de la situation du pays visité. Au terme de ces « consultations », le Comité Directeur exprime une appréciation d’ensemble sur la conjoncture et sur les éventuels remèdes qu’elle lui paraît devoir appeler, au cas où les éléments négatifs et les déséquilibres nécessiteraient une action correctrice.

Cette année, après les turbulences qui avaient marqué la fin de l'hiver, le printemps et l'été 2006 (voir « Bulletin » d'août 2006 pour le précédent rapport du Fonds), l'économie de l'Île retrouve progressivement le chemin de l'équilibre, mais des "points noirs" subsistent : hausse excessive des prix à la consommation, déséquilibre élevé de la balance courante, endettement croissant des agents économiques. Ces phénomènes traduisent, dans un contexte d'ouverture croissante des marchés internationaux, un jeu de forces à même de déstabiliser la petite économie islandaise et de compromettre sa stabilité. Des interrogations -bien moins répandues et moins profondes qu'en 2006- persistent dès lors, en Islande et à l'extérieur, sur les risques que la persistance des déséquilibres en cause pourrait entraîner.

Le gouvernement de Reykjavik et la Banque Centrale, cependant, gardent la tête froide et insistent sur les atouts du pays, ainsi que sur les effets positifs qu’ont déjà -et qu'auront de plus en plus- les politiques « correctrices » (budgétaire, monétaire, salariale) mises en ?uvre.

Dans ces conditions, on attendait avec intérêt le « verdict » du Fonds, dont l’expertise et la fiabilité sont presque unanimement reconnues.

Le document publié en juin répond à ces attentes en fournissant une analyse fouillée des aspects, encourageants ou défavorables, de la conjoncture islandaise, et en se prononçant sur les possibilités d’action entre les mains des acteurs nationaux.

a) Rappel de la conjoncture islandaise et des problèmes posés par son évolution récente
Pour le Fonds, l’économie islandaise connaît, depuis quelques années, une croissance trop forte, puisque, d'après selon lui, elle serait encore, malgré l'achèvement des projets industriels, de 2 à 3 % en 2007 (chiffre supérieur à celui de la dernière analyse du Ministère des finances. Voir ci-dessous), et redescendrait à 1 % en 2008 seulement. La demande intérieure s’est, certes, contractée s'agissant des investissements privés. Mais la consommation privée demeure excessive. Il en est résulté un déficit significatif de la balance courante (26,7 % du PIB en 2006, 16 % en 2007), qui ne s'atténuera vraiment qu'en 2008 et 2009, grâce aux exportations -accrues- d'aluminium, et malgré un déficit insupportable de la balance des revenus. La charge croissante du service de la dette, jointe à la hausse des prix des importations, comprimera alors -heureusement mais tardivement pour le FMI- la consommation privée.

La hausse des prix, après le pic de 2006, a ralenti, mais insuffisamment, et reste bien au-dessus de l'objectif fixé par la Banque Centrale. En raisons des tensions sur le marché du travail et sur divers marchés de biens, les pressions inflationnistes sont toujours menaçantes et n'ont pas franchement disparu depuis la dépréciation de la monnaie en 2006. Le récent "rebond" de l'immobilier va aggraver la situation, et, pour le Fonds, il faudra attendre la fin 2008, pour atteindre l'objectif de la Banque Centrale.

La Banque a réagi à cette situation avec persévérance et augmenté (depuis 2004) ses taux d’intérêt, passés par paliers à 14,5 % en décembre 2006 et maintenus depuis lors à ce taux élevé. Elle n’a, toutefois, pas réussi à limiter efficacement la demande, en partie parce que les ménages obtiennent, pour leurs acquisitions immobilières, des crédits abondants et bon marché de la part des banques et du Fonds public d’aide au logement. Pour sa part, le gouvernement a pris diverses mesures de rigueur budgétaire, dont l’impact a été relativement modeste.

b)  Le diagnostic du Comité Directeur du FMI et ses « recommandations »     
Les « conclusions » du Comité ont été rédigées, après que les autorités islandaises lui eurent fait part de leurs propres analyses, et de leurs « contraintes ». Elles sont équilibrées et devraient contribuer à rassurer ceux qui s'interrogent encore sur la stabilité et la santé économique islandaises.

Ces conclusions s’articulent autour des points suivants :

* Les perspectives à moyen terme de l’économie islandaise sont « enviables ». Les institutions et le cadre de la politique économique sont solides. S'y ajoutent une gestion habile des atouts -notamment naturels- du pays ; des marchés ouverts et flexibles ; une recherche assurée des opportunités fournies par la globalisation.

* Le rapport constate, sur le court terme, la persistance de déséquilibres et de « vulnérabilités ». Il faut y remédier, par des actions coordonnées, visant à réduire la demande, car ils compromettent la poursuite de la croissance et la stabilité financière.

Il est indispensable d’aller plus loin que les actions jusque-là menées. Et sans doute renforcer les politiques budgétaire et monétaire, tout en veillant à accroître leur efficacité :

Sur le plan budgétaire, s’il est vrai que le niveau, faible et déclinant, de la dette publique est le signe d'une bonne gestion et constitue un atout pour le moyen terme, la conjoncture présente nécessite un sérieux effort d’austérité. Les baisses d'impôt consenties au début 2007 sont, pour le FMI, discutables sous ce rapport. Il convient de réduire la demande de plusieurs manières. En premier lieu ralentir la rapide augmentation envisagée pour les investissements publics. Ensuite, tant que la pression de la demande reste vive, s'abstenir de toute augmentation de la dépense publique. Enfin, lors des prochaines négociations salariales, éviter tout dérapage, en particulier en contenant -malgré les tensions sur le marché- la hausse des rémunérations des agents publics. De plus, il serait opportun de faciliter l'immigration de travailleurs en provenance des pays à faible revenu : leur venue en Islande exercerait une pression sur les salaires que les pénuries de main d'?uvre poussent à la hausse

Pour le Fonds, il y a lieu de renforcer les règles permettant d’utiliser au mieux l’arme budgétaire pour la stabilisation macro-économique, avec une vision nettement prévisionnelle, comme le permet l’introduction en cours d’une dose de « pluriannualité ». La fixation de plafonds annuels de dépenses, tenant compte du programme du nouveau gouvernement, mais aussi des objectifs de la Banque Centrale en matière de hausse des prix, est spécialement recommandée. Elle faciliterait, s'agissant de la lutte contre l'inflation, l'action conjointe et coordonnée de la Banque et du gouvernement.

La politique monétaire demande également à être resserrée. Même si la baisse, en début d'année, de la TVA sur certains produits et services, et de divers droits d'accise a tendu à tempérer l'inflation, les prix des produits importés, comme ceux de divers produits locaux s'élèvent trop. Les tensions persistent sur les marchés des biens et du travail avec les risques correspondants. Une dépréciation de la monnaie est à prévoir par rapport à son niveau actuel défavorable aux exportations. Il conviendra alors de veiller à ce que le nouveau cours n'entraîne pas une inflation importée. 

Comme le FMI l'avait souligné dans son Rapport de 2006, le Fonds de financement du logement a, ces dernières années, pratiqué une concurrence acharnée et malsaine avec les banques pour le financement de l'habitat. Du fait de ses nombreux prêts à conditions privilégiées, il a contribué indirectement à l'inefficacité de la politique de relèvement des taux mise en ?uvre par la Banque Centrale. Dès lors, de nombreux secteurs d'activité souffrent de leur niveau anormalement élevé, et leur développement futur est compromis, ce qui freine la croissance de l'économie nationale sur le long terme.

Il est donc urgent de réformer le Fonds en cause, notamment en plafonnant le total de ses prêts, et en limitant leur montant par rapport aux biens acquis. La concurrence avec le secteur bancaire ne doit plus être entravée par cette distorsion permanente, source importante de gonflement de la demande privée.

Sur le plan financier, depuis le printemps 2006, la position et la résilience des banques se renforcent. Les établissements ont pris conscience des risques apparus naguère du fait de la rapide croissance de leurs activités et ont redoublé de prudence, depuis lors, particulièrement sur la gestion à court terme des liquidités et en donnant plus de transparence à leurs activités. L’effort doit se prolonger. Une politique rigoureuse du crédit et de ses conditions est plus que jamais nécessaire, au fur et à mesure qu'il se développe. Les autorités, et notamment l’Autorité de Surveillance Financière, dont les compétences vont être heureusement accrues, ont un rôle important à jouer dans la surveillance active de la profession.

En conclusion, le Rapport du fonds accueille favorablement la récente constitution du gouvernement de "grande coalition". Il a l'assise nécessaire pour décider des réformes indispensables au retour de l'économie nationale à la stabilité et à la croissance. Le plus tôt sera le mieux.

 

* La conjoncture économique à l'été 2007
Le Site du Ministère des Finances (www.eng.fjarmalaraduneyti.is) a publié, le 19 juin, une étude (en anglais) sur l’état de la conjoncture économique à l'été 2007 et les perspectives de son évolution jusqu’à la fin 2009. Nous en donnons ci-dessous les principales conclusions.

* Après les turbulences des trimestres écoulés, l'économie islandaise, quelque peu "chahutée" au printemps 2006, s'apprête à un "atterrissage en douceur" et à retrouver équilibre et stabilité.

Les auteurs de l'étude prennent comme hypothèse de travail, au départ, que la campagne de pêche 2007-2008 n'est pas affectée par des réductions drastiques de quotas et que les prises autorisées de cabillaud, par exemple, ne descendront pas en dessous de 178 000 tonnes. 

* D'une manière générale, la dépense nationale va baisser de 7,2 % en 2007, soit plus qu'on ne l'envisageait en avril (6,7 %).  .En effet, les investissements vont se contracter (de près de 24 %), les grands projets "énergético-industriels" s'achevant et aucun autre ne prenant le relais pour le moment. Mais surtout, alors qu'on ne l'envisageait pas au printemps, la consommation baissera de 1,3 %. Les exportations d'aluminium (nouvelles usines) se gonfleront, mais celles de produits de la mer régresseront de quelque 4 %, rendant la balance commerciale moins favorable qu'espérée. Dans ces conditions, le PIB au lieu de s'améliorer de 0,9 %, cèdera 0,1 %. Il remontera de 2 % en 2008 et de 2,1 % en 2009, grâce aux comptes extérieurs. Avec une balance commerciale en meilleure santé, en effet, le déficit de la balance courante, qui, en 2006 avait culminé autour de 26,7 % du PIB, reviendra à un solde négatif de 16 % en 2007, 10,2 % en 2008 et 8 % en 2009.

* Le chômage progressera légèrement et pour l'année 2007 avoisinera 1,6 % de la force de travail, puis 3,9 % en 2008 et 4,5 % en 2009. Des incertitudes demeurent sur le sort des immigrants venus récemment travailler en Islande : combien y resteront-ils ?

L'inflation s'établira autour de 3,7 % en 2007, puis retrouvera en 2008 et 2009 l'objectif fixé par la Banque Centrale, c'est-à-dire 2,5 %.

Le taux d'intérêt nominal restera élevé. Il est actuellement de 14 % (taux réel : vers 10 %),

* L'étude, par ailleurs, examine, par rapport à ce schéma, deux variantes possibles. La première prend en compte une réduction drastique des quotas de pêche (en particulier de cabillaud), telle que conseillée par l'Institut de recherches marines (voir plus haut). Une telle décision réduirait la croissance de 0,3 % en 2007 et de 0,5 % en 2008. Elle n'affecterait pas le chômage en 2007, mais le majorerait de 0,5 % par la suite. Sans effet sur l'inflation, elle augmenterait le déficit de la balance courante de 0,5 % du PIB.

L'autre "scénario" analyse l'impact de la construction d'une usine d'aluminium à Helguvik (Reykjanes), approvisionnée par l'énergie géothermale (projet Century Aluminium). Cette construction stimulerait la croissance à hauteur de 0,2 % en 2008 et de 0,5 % en 2009. Elle réduirait un peu (0,5 %) le chômage en 2009. L'inflation et le déficit de la balance courante augmenteraient, de son fait, légèrement durant les deux années concernées.

 

* le patronat islandais critique la Banque Centrale (BC)
Au début du mois, le Conseil Exécutif de la Confédération des employeurs islandais (CIE) a rencontré le Premier ministre. Il lui a fait part de ses critiques à l'égard de la politique des taux d'intérêt mise en ?uvre depuis longtemps par la Banque pour combattre l'inflation (voir précédents Bulletins). Selon la Confédération, cette stratégie s'est révélée inefficace, a débouché sur des taux d'intérêt trop élevés et sur des fluctuations trop importantes de la couronne, et, en fin de compte, a réduit la compétitivité des entreprises. Le Directeur exécutif de la CIE demande un réexamen de ladite politique, et l'utilisation par la BC d'instruments plus diversifiés. Le patronat, par ailleurs, souligne la nécessité, de la part de l'État, d'une politique budgétaire rigoureuse, limitant la consommation publique et les dépenses de transferts (sociaux ?) qui génèrent une demande excessive et inflationniste. Le gouverneur de la BC, David Oddsson a réagi à ces critiques, remarquant que la hausse des taux d'intérêt commence à porter ses fruits et l'inflation à diminuer.

* Le baromètre des entreprises
Plusieurs fois par an depuis septembre 2002, un sondage sur le " moral des entreprises " est effectué pour le compte du Ministère des Finances, de la Banque Centrale et du Patronat. La lettre d'informations du Ministère en date du 21 juin rend compte des principaux résultats de la dernière enquête, menée en mai 2007. 60 % des 370 (grandes) entreprises consultées ont répondu. La plupart des dirigeants consultés considèrent comme favorable la situation économique présente.

L'« indice de confiance » s'établit à 197 points -un record-, soit un peu plus qu’en décembre 2006 (193), et en nette hausse par rapport au niveau -173 points- de septembre 2006.

Si on interroge les entrepreneurs sur l'évolution pour les six mois à venir, on découvre un certain pessimisme.

Bien entendu, le « moral » varie selon les branches ; les finances et les assurances, les pêcheries, la construction, la distribution de l’eau et de l'énergie, et divers services spécialisés manifestent une certaine confiance.

La pénurie de main d'?uvre (incriminée par 51 % des réponses contre 40 % en février) inquiète les responsables du secteur financier et des assurances, et des services spécialisés : les titulaires de divers diplômes universitaires se raréfiant. Par contre, dans la construction, la distribution de l'eau et de l'électricité, les pêcheries, et l'industrie manufacturière, le recours à la main d'?uvre étrangère aide à la solution du problème.

Près de la moitié des entreprises pensent accroître leurs effectifs dans le prochain semestre.

 

* LA CONJONCTURE ÉCONOMIQUE DANS LES PAYS NORDIQUES EN 2006 : COMPARAISONS
Les ministres des Finances des divers pays nordiques se sont réunis le 19 juin à Helsinki : M. Arni M. Mathiesen représentait l'Islande à cette rencontre.

La lettre d'informations du Ministère en date du 28 juin rend compte des principales conclusions.

Les économies de ces pays, dans l'ensemble, connaissent présentement des conditions favorables. En 2006 elles ont, pour la plupart, enregistré une croissance robuste, s'établissant en moyenne (pondérée) à 4,5 %. La Finlande a dépassé 5,5 %, la Norvège (sans le pétrole) 4,6 % et la Suède 4,4 %. Le Danemark, à cause des pénuries de main d'?uvre, est restée autour de 3,2 %.

Pour l'Islande, après deux années d'expansion record, un ralentissement a été observé, avec 2,6 %.

Si en Finlande et en Suède, le "boom" des exportations a constitué le moteur du progrès, ailleurs ce sont généralement la consommation privée et l'investissement qui en ont été les facteurs principaux.

Le chômage a reculé en 2006, mais est partout supérieur au taux islandais. En Suède, en comprenant les travailleurs participant à des programmes de formation, il s'est élevé à 8,4 %. Grâce aux efforts du nouveau gouvernement, il pourrait descendre à 6,7 % en 2007. Les chiffres pour la Finlande sont de 7,7 % et 7,2 % (prévisions). Au Danemark, où il n'a jamais été aussi bas, il s'établissait à 4,3 % en 2006 et diminue toujours, même si l'afflux de main d'?uvre étrangère est appréciable. En Norvège, il était de 3,4 % et des pénuries de main d'?uvre apparaissent, malgré la venue d'immigrants.

La hausse des salaires est contenue dans l'ensemble. En bref, les marchés du travail, dans les pays nordiques, sont de deux types. Dans deux de ces États (Finlande et Suède), il y a un excédent de main d'?uvre -et de ce fait, les Suédois sont conduits à émigrer au Danemark et en Norvège- ; tandis que les trois autres enregistrent une pénurie..

Comme on le sait, les tensions restent vives sur le marché islandais, où en 2006, le chômage a atteint le niveau exceptionnellement bas de 1,3 %. Il remonte un peu depuis lors.

La conjoncture islandaise a d'autres particularités. Son taux d'inflation a été le plus élevé de la zone l'an dernier, dépassant 6,8 % (3,7 % prévus pour 2007), alors que la Norvège se situait autour de 2,5 % et les autres pays entre 1,3 % et 1,9 %. La balance courante a été excédentaire dans toute la zone sauf dans l'Île, où le solde négatif s'est révélé considérable. La santé des finances publiques y est, en revanche, florissante. Leur excédent, à 4,6 %, s'avère le meilleur de la zone, exception faite de la Norvège où les revenus du pétrole alimentent généreusement un Fonds pour l'avenir des retraites. Dans la zone euro, rappelons le, les finances publiques sont globalement déficitaires et devraient le rester dans les prochaines années.

 

SOCIÉTÉ

LES CONSÉQUENCES DES DIVORCES POUR LES ENFANTS DES COUPLES
Nous signalions dans notre "Bulletin" de mai qu'en 2006, 498 divorces avaient été prononcés et que 577 couples avaient rompu leur "union consensuelle" (concubinage enregistré au Registre national). Ces ruptures ont affecté 1162 enfants. Elles ont donné suite, pour ces derniers, à une "garde partagée" dans la plupart des cas (72,5 % des divorces et 84,9 % des dissolutions d'"unions").

 

LES ÉTRANGERS EN ISLANDE
D'après le Ministère des Finances (lettre hebdomadaire du 14 juin), les étrangers immigrés dans l'Île jouent un rôle de plus en plus important dans la vie économique. À la fin de 2006, ils étaient 18 652, soit 6 % d'une population globale de 307 672 âmes. En outre, dans les seize dernières années, 5600 étrangers -immigrés ou nés en Islande- avaient été naturalisés Islandais.

D'où viennent ces étrangers ? La "colonie" la plus nombreuse est celle des Polonais : 6 000, soit près du tiers des immigrés et 1,9 % de la population (voir ci-dessous). Ensuite viennent les Lithuaniens (la seconde "colonie"), au nombre de 1 000 environ, donc 5 % des étrangers. Les ressortissants des autres États baltes ne dépassent pas 400. Le total des Baltes s'établit ainsi à quelque 8 % des immigrés.

Les Nordiques pèsent légèrement plus : 9 % avec 1700 personnes. Plus nombreux encore sont les originaires du reste de l'Europe de l'Ouest : 3 000, c'est-à-dire 16 % de la population étrangère.

Cette dernière est donc très majoritairement d'origine européenne (13 200 personnes, soit 70 % de l'ensemble), puisque, aux divers groupes mentionnés, il convient d'ajouter les 1 000 venus du "reste de l'Europe".

Face aux Européens, le groupe asiatique n'est pas négligeable : 2 900, donc 16 % des immigrants. Thaïlandais et Philippins en constituent environ la moitié.

Plus généralement, en raison de la forte expansion économique des dernières années et des tensions sur un marché du travail où la main d'?uvre manquait, une immigration substantielle s'est développée vers l'Île. La composition de la population et la proportion d'étrangers tendent  maintenant à s'y rapprocher de celles des pays voisins nordiques (pas encore du Royaume-Uni).

LES POLONAIS
La même lettre hebdomadaire (14 juin) du Ministère des Finances consacre un court développement à la "colonie" polonaise en Islande. Au cours des deux dernières décennies, 8 300 Polonais sont entrés dans l'Île ; 1 750 en sont partis, soit un solde net de 6 561. Depuis 1991, 858 ont été naturalisés. À la fin 2006, près de 6 000 Polonais résidaient en Islande, dont 27 % de femmes (plus de 1 600). 93 % d'entre eux étaient en âge de travailler -16 à 74 ans- contre 72 % pour l'ensemble de la population.

Au cours des années récentes, environ 20 000 personnes ont quitté annuellement la Pologne, selon les statistiques de ce pays ; de 7 à 9 000 y sont retournées. Mais il semble que ces données officielles sous-estiment l'émigration nationale, comme le montre le chiffre considérable de permis de travail délivrés au Royaume-Uni. Les personnes non spécialisées passant par des agences de recrutement sont légion. Parmi les branches employeuses, hôtels et restaurants précèdent le secteur agricole, l'industrie et l'alimentation.

Les pays nordiques et l'Irlande ont également reçu nombre de travailleurs polonais en 2006. Ces migrations, bénéfiques aux pays d'accueil, le sont moins à l'économie polonaise, qui souffre depuis 1996 de la décroissance démographique et d'un manque de nombreuses catégories de main d'?uvre.

Les Polonais récemment arrivés en Islande et dans le reste du "Nord" y resteront-ils ? Beaucoup de facteurs vont intervenir, mais la question est cruciale pour leur pays.

LES DÉPENSES DE SANTÉ
Dans sa " Lettre hebdomadaire " en date du 14 juin, le Ministère des Finances nous rappelle que les dépenses de santé ont, entre 1998 et 2007, augmenté en couronnes constantes de 57 %, passant de 59 milliards de couronnes (valeur 2007) en 1998 à 93,6 milliards dans le budget de 2007. Elles constituent actuellement 25,5 % des dépenses du Trésor.

Les plus importants accroissements concernent les maisons de santé et de rééducation, la physiothérapie et diverses dépenses de protection générale de la santé.

LES FEMMES DANS LES SERVICES PUBLICS
Dans sa " Lettre hebdomadaire " en date du 21 juin, le Ministère des Finances signale qu'au 1/10/2006, les services publics employaient 21 600 personnes (19 600 emplois à plein temps). Sur ce total, on dénombre 63 % de femmes, contre 54 % en 1998, de nombreux recrutements en ayant accru le nombre depuis lors. Pour les seuls emplois à plein temps, elles représentent 61 % des effectifs.

Le personnel féminin est très majoritaire dans les services de santé (80 %). Les hommes n'ont dans aucun secteur une telle prédominance, mais leur proportion est élevée dans les transports, les communications et diverses branches à vocation "économique". L'âge moyen des femmes (un peu en dessous de 45 ans) est légèrement moins élevé que celui des hommes (un peu plus de 46).

Les agents publics les plus jeunes se trouvent dans les services sociaux et de santé ; les plus âgés dans diverses branches "économiques", les transports, communications, l'environnement, etc.

La proportion de femmes dans les postes d'encadrement s'est améliorée sensiblement entre 1998 et 2006, passant de 40 % à 48 %.

BIBLIOGRAPHIE ET DOCUMENTS

Un rapport stimulant : "ISLANDE : DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT, UNE SYMBIOSE RÉUSSIE"

Le groupe interparlementaire d'amitié "France-Europe du Nord" a envoyé, en octobre 2006, une délégation en Islande pour un voyage d'études sur ce thème porteur. Il en est résulté, sous la plume du Sénateur Yves Pozzo Di BORGO , un rapport très stimulant, qui, dans chacun des deux pays, ouvre la voie à des réflexions intéressantes sur des thèmes controversés.

Le rapport, dont nous résumons ci-dessous la problématique principale, a pour butde présenter l'Islande du XXIème siècle, et d'inspirer de nouvelles pistes de réflexion pour la France de demain.

Même si la France et l'Islande ne sont pas confrontées aux mêmes problématiques et qu'il existe des différences inhérentes à leur géographie et population, une meilleure connaissance des politiques islandaises peut constituer un réservoir d'idées pour les réformes futures de la France, selon les auteurs du rapport.

Le Sénat a publié ce rapport sur son site: http://www.senat.fr/ga/ga73/ga73.html.

Il est également possible de commander une version imprimée sur le site au tarif de 3,50 euro, plus frais d'envoi (1,50).

Terre de feu et de glace, pauvre en matières premières, l’Islande a su valoriser ses ressources hydrauliques et géothermiques. Les énergies renouvelables assurent ainsi plus de 70% de ses besoins énergétiques. Le savoir-faire islandais - mis en ?uvre par des industries énergétiques puissantes - est désormais reconnu et fait l'objet de sollicitations croissantes dans un contexte international de plus en plus sensible aux enjeux environnementaux.

Le modèle énergétique islandais est-il exportableÊ? Existe-t-il des synergies entre les politiques énergétiques française et islandaise ? Quelle(s) coopération(s) l'Islande, la France et ses partenaires européens peuvent-ils mettre en ?uvre dans le domaine des énergies propres ?

 

 

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