L´Actualité Islandaise en Février 2007
Yfirlit
POLITIQUE INTÉRIEURE
Note liminaire : sous cette rubrique, nous retraçons, d’un mois sur l’autre, quelques-unes des " péripéties " et " mini-crises " qui ponctuent la vie des partis islandais et les " jeux " de la démocratie parlementaire. On ne découvre, au fil de cette chronologie, rien que de très naturel et prévisible dans un régime, qui, par certains de ses aspects, ressemble au système français et à celui de nombre de grands pays développés.
Les " non-initiés " et ceux que ne passionnent pas les subtilités des rivalités ou alliances partisanes trouveront sans doute notre rubrique trop longue, pour ne pas dire fastidieuse. Ils peuvent la parcourir " en diagonale " sans se perdre dans les méandres. On leur signale au passage que les épisodes et incidents relatés n’ont souvent qu’une portée limitée. Aspect positif, cependant : ils attestent la vitalité du fonctionnement quotidien, avec ses inévitables " scories ", de la démocratie et d’un système représentatif mature et bien rodé.
Sondages
Les sondages se suivent, mais ne se ressemblent pas. Ils se multiplient à l’approche des élections législatives du 12 mai.
1) En janvier, une enquête effectuée par Gallup donnait 38 % des intentions de vote au Parti de l’Indépendance (conservateur) du Premier ministre (33,7 % des suffrages aux législatives de 2003), et 9 % à son allié centriste, le Parti du Progrès, qui faisait figure de « grand perdant » (plus de 18 % en 2003). On assistait, à droite, depuis quelques semaines à la progression du petit Parti libéral (populiste). Les Libéraux (anciens « dissidents » du PI ; 7,4 % en 2003), qui n’obtenaient pas plus de 3,5% en novembre 2006, venaient en effet de grimper à 11 %. On attribuait ce relatif succès à leurs déclarations sur les aspects négatifs de l’immigration en provenance des pays pauvres (cf. « Bulletin » de novembre 2006).
De l’autre côté de l’échiquier, la « Gauche Verte » (extrême gauche) et l’Alliance (sociale-démocrate) confirmaient leurs « scores » de la fin 2005. Alors qu’aux législatives de mai 2003, la première n’avait recueilli que 8,8 % des suffrages contre 31 % pour l’ « Alliance », elle dépassait maintenant, grâce au caractère direct et « carré » de son opposition, les 19 %. Et sa rivale sociale-démocrate devait se contenter de 24 %, gênée par un discours jugé empreint de « langue de bois » et d’équivoques (surtout celui de sa présidente Ingibjörg Solrun Gisladottir). L’une et l’autre, par ailleurs, cédaient quelques parcelles de leur électorat potentiel aux Libéraux.
2) Début février, le paysage semble avoir assez nettement évolué, si l’on en croit un sondage du quotidien « Bladid »
À gauche, la « Gauche Verte » s’adjuge la première place, dépassant, avec 23 % des intentions de vote, l’Alliance de quatre points. Le président de l’extrême gauche, le populaire Steingrimur Sigfusson, y voit une confirmation de sa stratégie, et surtout de l’importance qu’il n’a cessé d’accorder aux problèmes de l’environnement, à un moment où l’opinion prend de plus en plus conscience des risques du réchauffement de la planète sous l’effet de l’action des gaz à effet de serre. Les dirigeants de l’ « Alliance » accusent le coup, mais estiment qu’ils vont regagner le terrain perdu.
C’est à droite que les changements sont les plus importants. Les déclarations à caractère partiellement xénophobe de certains éléments du Parti Libéral ont provoqué des remous dans ce groupe, et des « modérés » l’ont abandonné. Selon le sondage, ces remous, largement médiatisés, auraient entraîné une chute importante de sa popularité, et sa cote ne dépasserait pas 3 %. Son électorat aurait reflué vers le Parti de l’Indépendance, qui culminerait aux environs de 45 %, le Parti du Progrès dépassant légèrement 9 %.
Les responsables libéraux ne nient pas le recul, mais en discutent l’ampleur. Selon eux, leur électorat, troublé passagèrement, devrait se ressaisir ; ils font confiance à son jugement.
3) Le quotidien « Fréttabladid » faisait état, le 11 février, d’un sondage selon lequel l’opposition de gauche, en cas d’élections immédiates, remporterait d’extrême justesse la majorité absolue des suffrages : 28 % pour l’Alliance et 24 % pour la « Gauche Verte », soit 33 sièges (18 et 15) sur 63.
Le Parti de l’Indépendance serait stabilisé à 37 % et 24 sièges ; les Progressistes s’effondreraient, avec 4 % des voix et 2 sièges ; le Parti Libéral aurait 7 % des suffrages et 4 sièges.
4) Fin février, le même quotidien donne à l’opposition de gauche 30 sièges seulement (15 à l’Alliance créditée de 24 % des voix et 15 également à la « Gauche Verte » qui recueillerait à peu près le même pourcentage). La coalition sortante se voit attribuer 45,6 % des voix (PI : 36,8 % ; et PP : 8,8 %) et 29 élus. Le Parti Libéral serait l’arbitre de la situation, avec ses 4 sièges correspondant à 6,1 % des suffrages.
L’avenir semble plein d’incertitudes. À suivre?
La « Gauche-VERTE » AVEC LE VENT EN POUPE ?
La fin février a vu une Convention Nationale de la « Gauche Verte » se tenir à Reykjavik. Ses dirigeants, s’appuyant sur les derniers sondages, se déclarent confiants dans leurs futurs résultats électoraux. Ils rappellent qu’ils ont été la première formation à faire état d’un programme sérieux en matière de protection de l’environnement, même si maintenant toutes semblent leur emboîter le pas. Ils soulignent également les aspects économiques, sociaux et proprement politiques de leur plate-forme : mesures en faveur des personnes âgées et des handicapés, progrès rapides de la parité hommes-femmes ; refus de privatisations inopportunes pour certaines ressources naturelles (eau, etc.), réorientation de la politique extérieure. Jointes à l’abandon des « grands projets industriels », des décisions rapides sont attendues d’un changement de gouvernement après les élections, et surtout le départ de l’actuelle majorité qui, selon la « Gauche verte », n’a plus la confiance de la nation.
POLITIQUE EXTÉRIEURE
A) Accords AELE-Islande-Égypte
À la fin janvier, Mme Valgerdur Sverrisdottir, ministre des affaires étrangères, a signé à Davos un accord de libre-échange entre l’AELE (Association européenne de libre échange, comprenant essentiellement l’Islande, la Norvège et le Lichtenstein, et partenaire de l’Union européenne au sein de l’Espace économique européen), et l’Egypte. Cet accord, complété par un accord bilatéral islando-égyptien, comporte d’intéressantes dispositions abolissant ou limitant certaines restrictions aux échanges commerciaux (contingents, droits de douane) entre les partenaires, notamment pour les produits agricoles et alimentaires. Des chevaux islandais et de la viande d’agneau seront vendus à l’Egypte, qui s’ouvrira plus largement aux produits de la pêche de l’Île. En échange, le marché insulaire accueillera librement des produits agricoles égyptiens, frais ou transformés (fruits, légumes, conserves, etc.).
B) L’opposition sociale-démocrate réaffirme ses positions européennes
Au cours de débats parlementaires, la Présidente de l’ « Alliance » sociale-démocrate (opposition de gauche modérée), Mme Ingibjörg Solrun Gisladottir, a réaffirmé la position de son groupe en faveur de négociations exploratoires d’adhésion avec l’Union européenne.
Elle a également prôné l’adoption (après négociations) par l’Islande de la monnaie européenne, en lieu et place de la couronne -considérée par elle comme une « petite monnaie très instable et fluctuante ». Elle a concédé que ce changement demanderait du temps et des adaptations mais que l’orientation générale lui paraissait incontournable, ce qui faisait de l’ « Alliance » la seule formation politique à tenir un langage clair sur la question. On sait que les centristes du Parti du Progrès se veulent plus « prudents » dans leurs inclinations « européennes, et que l’extrême gauche est absolument opposée à des négociations avec Bruxelles.
Dans l’immédiat, le Gouverneur de la Banque centrale, l’ancien Premier ministre David Oddsson a, à son habitude, renouvelé son attachement à la couronne, devise solide, et qui a, dans le passé, aidé l’économie nationale à traverser avec succès des passes difficiles. Elle devrait, pour lui, conserver son statut, au moins dans les dix prochaines années.
Un sondage effectué récemment sur le problème couronne/euro par le quotidien « Bladid » montre que l’opinion est presque divisée par moitiés, les partisans de l’euro étant un peu plus nombreux au sein des sympathisants de l’opposition que parmi les partisans du gouvernement. On croit noter par ailleurs une progression des opinions favorables à la monnaie unique dans les milieux d’affaires, même si les organisations professionnelles restent prudentes.
C) Relations avec les Îles Féroé
Au début de février, le Premier ministre Geir Haarde a reçu son homologue féringien, et les deux chefs de gouvernement se sont entretenus, dans une atmosphère cordiale, de nombreux sujets d’intérêt commun. Parmi ceux-ci, les questions de sécurité et de défense dans cette zone de l’Atlantique Nord, suite au retrait américain d’Islande en septembre 2006. De nombreuses convergences sont apparues entre les deux pays.
Par ailleurs, la fourniture d’électricité islandaise à l’archipel, dont elle réduirait la dépendance énergétique, a été envisagée, ainsi que la construction éventuelle à cet effet d’un câble sous-marin en provenance d’Islande.
D) Relations avec l’Afrique du Sud
À la fin de février, le ministre des Affaires étrangères, Madame Valgerdur Sverrisdottir a effectué, accompagnée d’hommes d’affaires islandais représentant les principaux secteurs de l’économie, une visite officielle en Afrique du Sud. Elle y a rencontré le Président et diverses hautes personnalités politiques. Elle a ouvert une Ambassade islandaise à Pretoria et accordé un intérêt particulier au développement des relations commerciales, économiques et financières entre les deux États, appelées à s’intensifier. Un accord de libre-échange a été récemment conclu entre l’Association européenne de libre-échange (dont fait partie Reykjavik) et l’Union douanière sud-africaine (regroupant quatre pays, parmi lesquels l’Afrique du Sud.). Des textes sont à l’étude concernant les investissements réciproques, les transports aériens, et évitant les doubles impositions.
Un forum des affaires, ouvert par le Ministre, et réunissant des entreprises islandaises et sud-africaines, s’est tenu au Cap afin de débattre des meilleures approches à même de stimuler les échanges islando-sud africains ;
ÉCONOMIE
A) Allocution du Premier ministre devant la « Chambre de Commerce »
Le 9 février, le Premier ministre Geir Haarde a, devant la Convention annuelle de la Chambre de Commerce, prononcé une longue allocution (voir le texte, en anglais, sur le Site Internet : http://eng.forsaetisraduneyti.is/), sur le thème « L’Islande, la meilleure dans le monde »
1) Au départ, l’orateur a constaté les progrès considérables réalisés depuis 10-15 ans par l’économie nationale, dont le monde des affaires ne peut que se féliciter, et qui ont permis une amélioration substantielle du niveau de vie de la population.
Parmi les facteurs qui ont le plus contribué à ce résultat, le Premier ministre a souligné le rôle du facteur humain, Certes, la population est peu nombreuse, mais l’Islande jouit d’une cohésion sociale remarquable ; il y est relativement facile d’élever des enfants, et la relation avec un environnement naturel sain y est directe. Le climat de liberté que connaît le pays favorise les initiatives individuelles, et les réformes mises en ?uvre depuis plus d’une décennie ont tendu à renforcer ce climat.
Avec un sens aigu de leurs responsabilités, nombre d’entrepreneurs se sont donnés pour tâche de valoriser la « ressource humaine » au maximum. D’où l’importance donnée à la formation permanente des travailleurs. Cela complète l’action menée conjointement par le Gouvernement et l’Université, en vue d’une diversification des formations supérieures et d’une intensification des programmes de recherche scientifique.
S’ajoutant à cet effort, l’assimilation des personnes d’origine étrangère est poursuivie sans relâche.
La cohésion sociale a également besoin d’être renforcée par une lutte accrue contre les discriminations (professionnelles, salariales) pénalisant encore les femmes, dont l’importance à tous les niveaux comme « ressource humaine » a autant de valeur que celle des hommes.
2) Geir Haarde a, ensuite, rappelé comment la politique fiscale avait contribué à l’expansion économique des récentes années. L’exemple le plus frappant est celui de l’impôt sur les bénéfices des sociétés, dont le taux a été réduit, en 2001, de 30 % à 18 %. Cet impôt, qui rapportait alors 9 milliards, en rapporte maintenant 34, soit 10 % des revenus du Trésor (5 % seulement en 2001). Ainsi, la décision de baisser son taux, malgré les réserves des pessimistes au Parlement et ailleurs, s’est-elle révélée judicieuse, tant il est vrai que ce ne sont pas les taxes les plus lourdes qui sont les plus profitables. Dans cet esprit, le Gouvernement continue à rechercher les voies d’une fiscalité modérée et stable, reposant sur des bases aussi larges que possibles. Les exemples des pays étrangers ayant réussi avec cette ligne font l’objet d’une étude attentive.
3) Le « Premier » islandais a, alors, présenté quelques idées sur l’amélioration du cadre régissant les activités financières internationales. Une commission ad hoc a récemment présenté les conclusions de son rapport, qui vont inspirer le gouvernement sur plusieurs points.
Les relations entre les autorités et le monde des affaires doivent ainsi être facilitées, notamment par un allègement des réglementations et des pratiques bureaucratiques, cela dans le cadre du « programme d’action « Une Islande plus simple » (voir Bulletin de février 2006). Beaucoup reste à faire, notamment en ce qui concerne les sites Internet des administrations. Surtout, grâce à une amélioration de leur " interactivité ", les communications entre services publics et usagers doivent être plus largement assurées via Internet. En application du programme sur la société de l’information, un portail général va être proposé au public (particuliers, entreprises), qui facilitera tous les contacts et relations entre ce dernier et l’Administration dans les domaines les plus variés. La première version de ce portail (Island.is) est annoncée pour les prochaines semaines.
Pour sécuriser les télécommunications entre l’Île et les pays étrangers, l’étude d’un nouveau câble sous-marin va être entreprise : ainsi sera encouragé l’investissement en Islande par des partenariats étrangers.
D’autre part, le Gouvernement va s’attacher à renforcer le marché financier par diverses initiatives. Il a décidé récemment d’adopter la directive de l’UE sur les fonds de pensions (le Parlement est saisi d’un texte). Les fonds islandais, qui se caractérisent par leur excellente santé, et jouissent d’une très bonne image, pourraient dès lors être intégrés dans des fonds multinationaux opérant dans le cadre légal de l’Union européenne.
La législation sur les fonds d’investissement va également être amendée. L’objectif est de créer progressivement les conditions d’un marché international des actifs financiers.
Des mesures fiscales sont par ailleurs envisagées. Par exemple sur la taxation des plus-values réalisées lors de la cession d’actions. De même, le taux de l’impôt sur les bénéfices des sociétés fera l’objet d’une surveillance attentive, dans la mesure où son niveau tend à diminuer dans nombre de pays concurrents, parfois en dessous des 18 % applicables en Islande. D’une manière générale, le chef du gouvernement a rappelé son attachement à un système fiscal simple, compétitif et permettant la création de richesses et d’emplois, de préférence à des taxes plus lourdes, qui, sous le prétexte d’équité, feraient fuir les capitaux hors du pays. Le débat n’est pas -comme on le sait- propre à l’Islande.
4) En conclusion, Geir Haarde a remercié la Chambre de Commerce et le monde des affaires pour avoir participé activement (voir « Bulletin » de mai 2006) à l’effort entrepris par les Pouvoirs Publics en vue de mieux faire savoir au monde extérieur que l’économie de l’Île est forte et peut résister à des chocs du dehors, et d’améliorer l’ « image » qu’ont les étrangers de cette économie, des entreprises et de la société islandaises. Un travail intensif de collaboration entre le secteur public et les responsables du privé est toujours indispensable à cet effet : Geir se propose de désigner prochainement une « task force » pour l’accélérer et obtenir rapidement des résultats tangibles en matière d’ « image de marque » et de connaissance de la réalité économique insulaire.
Les discussions sur les inégalités sociales (et leur éventuelle croissance, au cours des récentes années) se sont multipliées, récemment, en Islande, donnant matière parfois à des prolongements politiques plutôt polémiques : le « Premier ministre le constate. L’Institut des Statistiques vient de faire paraître un rapport sur ce thème, où la situation du pays est comparée avec celle des pays de l’Union Européenne, de la Norvège et de la Suisse. Une conclusion en ressort. En matière d’inégalités relatives aux conditions de vie, l’Île fait mieux que la plupart des pays européens, et seuls la Suède, le Danemark et la Slovénie connaissent une plus grande égalité des revenus (l’étude prend en considération les revenus du travail et certains revenus du capital, à l’exclusion des plus-values sur les valeurs). Seule la Suède a un meilleur résultat en ce qui concerne le pourcentage de la population en dessous du seuil de pauvreté.
B) Prudence : La Banque Centrale maintient ses taux d’intérêt inchangés. La lutte contre l’inflation continue
La Banque Centrale, le 8 février, a décidé, de maintenir ses taux d’intérêt inchangés. Le taux de base reste donc à 14, 25 %, comme il avait été fixé fin décembre 2006. L’Institut d’émission a en effet constaté une accalmie sur le front de l’inflation, qu’il convient de mettre à profit en évitant toute fausse man?uvre. De nombreuses incertitudes subsistant concernant l’évolution à venir des prix, la Banque tiendra le 29 mars, une nouvelle réunion sur le sujet.
Un communiqué de la Banque Centrale (Site en anglais : www.sedlabanki.is), a, le 8 février, commenté cette décision. Selon ce texte, l’inflation a vu son rythme reculer récemment et les perspectives à court terme sont meilleures qu’on l’espérait, il y a quelques semaines
La lutte contre la hausse des prix demeure par ailleurs la préoccupation principale des responsables de la politique monétaire, et son rythme actuel se situe bien au-delà de l’objectif fixé par la Banque. En outre, d’autres déséquilibres majeurs persistent, tel le déficit de la balance courante, les menaces sur la stabilité de la couronne, dépendante de la bonne volonté des investissements extérieurs, ainsi que les tensions sur le marché du travail et la pression sur les salaires, dont la progression dépasse nettement celle de la productivité.
Si ces incertitudes et ces risques ne se dissipent pas à brève échéance, la Banque centrale réagira. Aussi bien, en fonction de l’évolution à venir, prendra-t-elle, le 29 mars, une nouvelle décision sur les taux d’intérêt.
C) Le déficit du commerce extérieur (et de la balance courante) en 2006 : des chiffres record
Dans sa « Lettre hebdomadaire » en date du 22 février, le Ministère des Finances indique que le solde déficitaire du commerce extérieur s’est révélé en 2006 plus élevé qu’on ne le prévoyait en janvier (certaines statistiques concernant en partie des transactions sur du matériel aéronautique ont dû être révisées depuis lors). Il s’établirait autour de 146 milliards de couronnes, soit 43 milliards de plus qu’en 2005. En janvier, on s’attendait à un déficit de 125,7 mds seulement.
Dans ces conditions, la balance courante enregistrerait un déficit-record en 2006, avoisinant 24, 5 % du PIB (22,4 % prévus en janvier), contre un peu plus de 16 % en 2005. C’est bien entendu l’achèvement des grands projets qui est, avec les déséquilibres qui en ont résulté, et les mouvements de la couronne durant l’année passée, le facteur principal à l’origine de cette aggravation. 2007 verra, grâce à la montée des exportations (aluminium) et à la baisse des importations, une amélioration certaine. Le rééquilibrage est en vue.
SOCIÉTÉ
A) Prestations versées par le Ministère des affaires sociales (problèmes du travail)
Dans sa « Lettre hebdomadaire » en date du 8 février, le Ministère des Finances fait le point sur l’amélioration récente des prestations versées par le Ministère des affaires sociales, au titre des problèmes du travail (comprenant les prestations liées au chômage et celles du Fonds des congés parentaux pour les naissances). Les dépenses correspondantes, dans le budget pour 2007, s’établissent à 12 229 milliards de couronnes, et ont progressé de 300 % par rapport à leur niveau de 1998 (soit une hausse de quelque 16, 6 % par an). Entre les deux dates en question, l’indice des prix à la consommation a crû de 48 %(en tenant compte des prévisions pour 2007), c’est-à-dire de 4,4 % par an L’indice des prix des services publics, lui, a augmenté de 69 %, soit 6 % en moyenne annuelle.
Dans la période considérée, les principales progressions (surtout en 2001 et de 2001 à 2004) ont concerné les congés parentaux. Les dépenses liées au chômage ont, elles, enregistré des fluctuations liées à la conjoncture économique et à la situation du marché du travail.
B) Les retraites des Islandais, les « meilleures » de la zone nordique
Une étude d’un Institut nordique de statistiques sociales (NOOSKO) montre qu’en 2004 la retraite moyenne mensuelle (avant impôt) d’un individu était plus élevée en Islande (1 172 euros) qu’en Norvège (1 006), Suède (939), Finlande (900) et Danemark (798).
L’information est donnée par la « Lettre hebdomadaire » en date du 15 février du Ministère des Finances
C) Handicapés
Dans sa « Lettre hebdomadaire » en date du 22 février, le Ministère des Finances fait le point sur l’amélioration récente des prestations versées aux handicapés par la Sécurité Sociale. Entre 1995 et 2006, elles se sont accrues en valeur nominale (par bénéficiaire) de 162 %, ce qui correspond à une hausse de 61 % de leur pouvoir d’achat (contre 40 % pour les salaires). Divers facteurs ont contribué à cette amélioration : leur augmentation (selon diverses modalités) à proprement parler, mais aussi le fait qu’elles sont, moins souvent que par le passé, réduites en raison de l’existence d’autres revenus.
Ces évolutions sont appelées à se poursuivre.
D) L’Islande et les migrations
Dans une étude parue le 13 février, l’Office des Statistiques trace un bilan des phénomènes migratoires ayant affecté l’Île en 2006. Comme on le sait, la population s’est accrue de 2,2 % en 2005 et 2,6 % en 2006, contre 0,9 % de moyenne annuelle durant la dernière décennie du vingtième siècle. À cette époque, l’augmentation était largement explicable par le taux de fécondité, et l’immigration ne jouait qu’un rôle secondaire. Depuis lors, le poids relatif de ces deux facteurs s’est inversé. En 2005, l’immigration (internationale) nette s’est élevée à 13 pour 1 000 habitants (le chiffre pour l’année 2000, estimé élevé, ne dépassait pas 6,1) ; en 2006 il a grimpé à 17,3.
Toutes les régions ont bénéficié de ce flux migratoire, mais dans des proportions différentes. C’est la région de l’Est qui a enregistré le flux le plus substantiel. En effet, cette zone, qui se signalait par le caractère très épars de son peuplement islandais, a eu recours à la main d’?uvre étrangère bon marché pour l’accomplissement de nombreuses tâches dans le cadre de la réalisation des « grands projets industriels » (barrage et centrales électriques, usine d’aluminium).
Les migrations intérieures sont loin d’être négligeables et ont concerné respectivement 191,5 habitants sur 1 000 en 2005 et 167,8 en 2006. Elles ont bénéficié principalement aux abords de la région de Reykjavik.
ANNEXE : ACTUALITÉS ISLANDAISES EN FRANCE
1) EXPOSITION EN NORMANDIE
Katrin Fridriks du 16 mars au 17 juin 2007
Exposition « Mangeurs d’étoiles »
au Palais Bénédictine à Fécamp (Seine Maritime)
Katrin Fridriks, née à Reykjavik en 1974, oriente son travail autour de la calligraphie, des concepts d’installation, le tout influencé par la pop culture.
Elle a spécialement crée des oeuvres grand format et des installations pour cette exposition au Palais Bénédictine.
Palais Bénédictine
110 rue Alexandre le Grand
BP 192
76400 FECAMP
T : 02 35 10 26 10
www.benedictine.fr
www.katabox.com
2) CONFÉRENCES : L'étude de la grammaire dans l'Islande médiévale
ECOLE PRATIQUE DES HAUTES ÉTUDES, Section des Sciences Historiques et Philologiques 45-47, rue des Écoles 75005 Paris (entrée par le 17, rue de la Sorbonne, esc. E, 1er étage, à droite)
Dans le cadre de la direction d’études de M. François-Xavier DILLMANN
Histoire et philologie de la Scandinavie ancienne et médiévale
M. Diego POLI, Professeur à l’université de Macerata Directeur d’études invité donnera quatre conférences sur le thème:
L’étude de la grammaire dans l’Islande médiévale
1 Langues et littératures en Islande au Moyen Âge: le contexte européen (le mercredi 28 février).
2 Rhétorique et grammaire en Islande (le mercredi 7 mars).
3 Les textes de grammaire en Islande (I) (le mercredi 14 mars).
4 Les textes de grammaire en Islande (II) (le mercredi 21 mars).
Les conférences ont lieu de 14 h à 16 h en Sorbonne, à l’EPHE (salle Delamarre)
ANNEXE : Le Festival français en Islande (FESTIVAL « POURQUOI PAS. UN PRINTEMPS FRANÇAIS EN ISLANDE ») : un projet ambitieux qui se déroule au printemps 2007
* En réponse à la « Quinzaine islandaise » qui s’est déroulée en France en septembre-octobre 2004, la France a décidé d’organiser, pour la première fois en Islande, un Festival, par le canal de l’Ambassade de France en Islande. Cet événement se déroule du 22 février au 12 mai 2007. Il comporte quatre volets : culturel, scientifique, cinématographique - le Festival annuel du film français qui a lieu en janvier a été décalé à cette occasion -, commercial et touristique. L’objectif essentiel de ces manifestations est de faire mieux connaître la France, ses réalisations, sa culture, ses artistes, notamment à la jeune génération islandaise. Il est aussi de montrer, si besoin en est, la vitalité des échanges entre les deux pays dans ces secteurs.
Afin d’être en prise directe avec les manifestations locales et instaurer un véritable partenariat avec les interlocuteurs islandais, il a été décidé de rattacher, autant que faire se peut, un certain nombre d’événements à des festivals locaux : ainsi, le lancement du Festival Français en février se fait au moment où s’ouvre le « Festival des lumières » et sa clôture interviendra en mai, lorsque s’ouvrira le « Festival des arts de Reykjavík ».
Un site est accessible : www.pourquoipas.is/fr pour obtenir toutes les informations sur ce festival, et notamment les programmes complets dans les domaines suivants : art de la rue, art visuel, audiovisuel et cinéma, théâtre, danse, littérature, musique, expositions et conférences scientifiques, commerce et tourisme. Un descriptif détaillé (et illustré) de chacune des manifestations est fourni à cette occasion, en français, anglais et islandais.




