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L’ACTUALITÉ ISLANDAISE EN AOÛT 2006

POLITIQUE INTÉRIEURE

    Note liminaire : sous cette rubrique, nous retraçons, d’un mois sur l’autre, quelques-unes des multiples « péripéties » et « mini-crises » qui ponctuent la vie des partis islandais et les « jeux » de la démocratie parlementaire : on ne découvre, au fil de cette chronologie, rien que de très naturel et prévisible dans un régime politique, qui, par certains de ses aspects, ressemble au système français et à celui de nombre de grands pays développés.

     Les « non-initiés » et ceux que ne passionnent pas les subtilités des rivalités ou alliances partisanes ou personnelles trouveront à l’occasion notre rubrique longue, pour ne pas dire fastidieuse. Ils peuvent la parcourir « en diagonale » sans se perdre dans les méandres. On leur signale au passage que les épisodes et incidents relatés n’ont souvent qu’une portée limitée. Aspect positif, cependant : ils attestent la vitalité du fonctionnement quotidien, avec ses inévitables « scories », de la démocratie et d’un système représentatif mature et bien rodé.


Congrès du Parti du Progrès

  1)  Les enjeux

* Le Congrès du Parti du Progrès (PP, centriste) s’est tenu à Reykjavik les 18 et 19 août. Il devait choisir une nouvelle équipe dirigeante, à la suite de la démission de son président, l’ancien Premier ministre Halldor Asgrimsson.

     Ce dernier, à la tête de la formation depuis 1994, et du gouvernement depuis l’automne 2004, avait, le 6 juin, fait savoir qu’il tirait la leçon du net échec de sa formation aux élections locales de mai (voir précédents Bulletins) et en assumait pleinement la responsabilité. Il quittait immédiatement ses fonctions gouvernementales. Il renonçait, pour l’avenir, à se présenter aux prochaines élections législatives (printemps 2007), bien qu’âgé de 58 ans seulement...

    Dans la foulée, il remit sa fonction de chef de parti à la disposition de ce dernier, un Congrès extraordinaire étant prévu avant l’automne (mi-août) pour élire un nouveau « présidium » : Présidence, vice-Présidence et Secrétariat.

     Ainsi, après y avoir consacré trente-deux ans, et exercé de multiples fonctions, cette figure marquante de la vie politique insulaire la quittait brusquement, sans que rien ne l’y contraigne.

* La succession de Halldor au poste de Premier ministre fut réglée pour le 15 juin : la coalition bipartite avec les Conservateurs du parti de l’Indépendance (PI : le plus important parti islandais), au pouvoir depuis 1995, était maintenue, et le président du PI, Geir Haarde, était porté à la tête du gouvernement, un remaniement partiel accompagnant cette « transmission de flambeau ».

* Quant au Congrès du PP, il lui appartenait d’entériner la fin d’une « ère », celle de la prépondérance, sans partage ou presque, de son président, au sein de la formation (une tradition ancienne au PP). Il lui fallait, en outre, mettre un terme aux récentes querelles intestines, liées à l’érosion continue de l’électorat progressiste. Il avait surtout à placer sur orbite une nouvelle équipe à même de préparer, dans les meilleures conditions pour les centristes, l’échéance des « législatives » du printemps prochain.

     De fait, ces élections sont très « risquées » pour le PP. Tout naturellement, son électorat traditionnel et le plus fidèle, celui des campagnes, se rétrécit d’année en année, en raison de l’évolution démographique et sociologique, de l’exode rural, et de l’urbanisation jointe à la progression irréversible du secteur des services. De plus, onze années de collaboration avec le PI l’ont affaibli, pour des raisons variées. Enfin ses prises de position en faveur des grands projets industriels, avec lesquels Halldor et ses fidèles ont été fréquemment « identifiés », lui ont valu de solides inimitiés à gauche et chez les environnementalistes. Les tendances « ouvertes » sur l’Union européenne de l’ancien Premier ministre ont parfois suscité des réserves ou des incompréhensions?

     Reste que le PP dispose de quelques atouts. De l’avis général, le scrutin de 2007 se traduira par un recul par rapport à 2003 (17,7 % des voix, à comparer d’ailleurs avec les 23,3 % de 1995). Mais la formation, avec une stratégie appropriée, peut espérer limiter les dégâts, et même « récupérer » un peu de sa défaite des dernières élections locales (elle était tombée aux alentours de 10 %).

     Diverses armes sont envisagées. Ainsi, la nouvelle direction devra mettre en sourdine tout ce qui susciterait de vives réactions ou « ferait perdre des voix » sans contrepartie : tels les plaidoyers « prospectifs » pour une éventuelle adhésion -conditionnelle- à l’Union Européenne (vers laquelle Halldor inclinait à moyen terme, sur le plan monétaire, comme dans le domaine de la défense et de la sécurité) ; ou encore la promotion de nouveaux grands projets industriels. On jouera la carte de l’unité sans failles du présidium et des équipes l’entourant, on bannira toute querelle intestine. Ce qui n’exclut pas la diversité des tempéraments et des profils, atout incontestable pour « ratisser large ». Pour les alliances post-électorales, on ne se fermera aucune porte : en bon parti centriste le PP doit pouvoir faire pencher, au mieux de ses intérêts, la balance à droite (avec les Conservateurs) ou à gauche (avec les Sociaux-Démocrates).

 

  2)  La nouvelle direction du PP : une équipe qui se veut unie, efficace et crédible ?

     Deux candidats étaient en présence pour la présidence, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Jón Sigurdsson, et sa collègue de la Santé et de la Sécurité Sociale Siv Fridleifsdóttir, Secrétaire sortante du PP. Le premier l’a emporté, avec 55 % des suffrages (412 mandats) contre 44 % (336) à Siv : défaite « honorable » pour la Ministre, qui préserve ses chances pour sa carrière politique future.

     Le vice-Président sortant, Gudni Ágústsson, ministre de l’Agriculture, avait eu l’habileté de ne pas présenter sa candidature à la fonction suprême : ses divergences connues avec Halldor, son positionnement « à la gauche » du PP, notamment, en faisaient une cible « vulnérable ». Il s‘est vu confirmé dans ses fonctions de « numéro 2 », avec 61 % des suffrages : sa notoriété, son enracinement rural, son travail acharné auprès de la base, son ancienneté au sein de l’ « appareil » expliquent sa victoire sur la ministre de l’Environnement, Jónína Bjartmarz, élue dynamique de Reykjavik, laquelle, de son côté, prend date pour l’avenir.

     Une jeune femme, ayant déjà quelques responsabilités à l’intérieur du PP, Sæunn Stefánsdóttir, est propulsée au Secrétariat, avec le beau « score » de 75,43 % : elle symbolise le « renouvellement -partiel- des générations ».

     À l’annonce des résultats, les participants à la compétition, vainqueurs ou perdants, ont fait assaut de déclarations unitaires, assurant Jon Sigurdsson, d’un soutien indéfectible et d’une participation active au travail de « remise en forme » du parti. Cela fut d’autant plus facile que la campagne officielle avait été terne, les uns et les autres s’abstenant d’attaques personnelles ou de « propos qui fâchent ». Sur le fond des problèmes, des déclarations très consensuelles, et souvent fades à force de prudence, avaient accompagné les annonces de candidature, qu’il s’agisse de la politique économique et sociale, de l’Europe, de la défense? ou de l’environnement.

 

3) Quelques pistes de réflexion

     Au-delà des scrutins du 19 août, quelques pistes de réflexion peuvent être explorées :

* Il est incontestable que la victoire de Jon Sigurdsson est due à la conjonction de plusieurs atouts. Mais l’un d’entre eux a pesé lourd. Son apparition sur la scène publique, à partir du 15 juin, date à laquelle cet « homme d’appareil » devient ministre pour la première fois, alors qu’il n’est pas parlementaire (et ne s’est jamais présenté à une quelconque élection nationale), a été entièrement « programmée » par Halldor Asgrimsson. Ce dernier, malgré plusieurs tentatives infructueuses, ne disposait toujours pas, jusque-là, d’un « dauphin » digne de sa pleine confiance, notamment au Parlement. Les liens d’amitié, d’estime et de fidélité noués durant de nombreuses années entre les deux hommes, au sein de la « machine » du PP, ont permis, en fin de compte, de résoudre la question. Les missions délicates accomplies dans l’ombre par Jon Sigurdsson (presse et information, formation des cadres, expertise économique, relations extérieures, etc.) avaient été autant de « tests » où Halldor avait pu apprécier ses talents, sa droiture, et sa « fiabilité ». Nommé depuis quelque temps au Directoire de la Banque Centrale, il y avait en outre révélé des preuves concrètes de « jugement » comme de pragmatisme sur les grands choix économiques et financiers.

     Le patronage de Halldor Asgrimsson s’est renforcé tout naturellement, lorsque Jon Sigurdsson a fait connaître assez tôt sa disponibilité à briguer la direction du PP. L’appui du président sortant a, alors, joué à plein. Halldor, que des divergences de tempérament et de choix politiques opposaient depuis longtemps au vice-Président Gudni Agustsson (tenté par des « alliances à gauche »), n’était absolument pas d’accord pour remettre à ce dernier les clés de la maison. Il n’avait pas non plus une confiance à toute épreuve dans l’énergique et ambitieuse ministre de la Santé, Siv Fridleifsdottir, avec qui il avait eu dans le passé des divergences et de petites « frictions ».

     Miser (et oeuvrer activement dans la coulisse en sa faveur) sur le ministre de l’Industrie, sorti de l’ombre, présentait ainsi deux avantages. Celui de mettre en piste un homme « nouveau », que l’âge et l’expertise rendaient crédible, mais qui n’avait jamais été mêlé aux querelles partisanes et personnelles inhérentes à la vie parlementaire. Celui d’assurer, en raison des liens d‘amitié entre Halldor et Jon, une transition harmonieuse, une étape bénéfique de « continuité dans le changement ».

* Le manque d’expérience parlementaire et ministérielle de Jon a été quelquefois porté à son débit et « constituerait pour lui un handicap ». L’argument est loin d’être irréfutable. D’ores et déjà, Jon a montré qu’il savait s’adapter rapidement à ses nouvelles responsabilités. Comme ministre, d’abord, il a, du mieux possible, désamorcé un dossier délicat : celui de l’industrie lourde, en distinguant nettement ce qui était de la responsabilité des opérateurs privés et des investisseurs et ce qui relevait des pouvoirs publics, à savoir peu de choses ; il a, par là, « désengagé » le gouvernement de la promotion et de la maîtrise des projets. Par ailleurs il a ouvert diverses pistes sur la souhaitable diversification du secteur industriel à l’avenir, sur le rôle éminent promis aux activités fondées sur les nouvelles technologies, tout comme aux PME, etc.

     Comme président du PP, une de ses premières déclarations a visé à « geler » le dossier controversé de l’Union Européenne. « La question n’est pas à l’ordre du jour et ne viendra pas à maturité dans les années prochaines ». Avant de se poser la question du resserrement des liens avec l’UE, il convient, selon lui, de stabiliser et de renforcer les fondements de l’économie de l’Île. Actuellement, le statu-quo et l’appartenance à l’Espace Économique Européen sont globalement bénéfiques pour l’Islande.

* Il n’est pas dans les moyens de Jon Sigurdsson, dans le court délai qui sépare sa désignation du prochain scrutin législatif, de « faire des miracles », encore moins de rendre au Parti la place qu’il avait dans la société largement rurale des deux premiers tiers du XXe siècle. Mais il peut contribuer à préserver les chances d’une survie honorable pour une « formation charnière » (et non plus « dominante ») de taille moyenne. En découlerait pour ses dirigeants les plus populaires l’opportunité de participer à des coalitions, et d’y bénéficier de quelques postes ministériels. L’objectif est de montrer qu’un espace accueillant reste ouvert pour ceux qui ne se satisfont ni du libéralisme trop marqué et de l’ancrage à droite peu discutable du Parti de l’Indépendance ni des recettes des divers socialismes, parfois confuses, souvent dogmatiques et mal adaptées à l’Islande du XXIe siècle. La composition même du nouveau présidium (et, au-delà, la diversité des cercles dirigeants) est, de ce point de vue, un élément positif, Jon séduisant plutôt le centre droit libéral et les fidèles de Halldor, Gudni les électeurs tentés par la gauche, Saeunn les jeunes générations, les femmes et les « rénovateurs » comme Siv Fridleifsdottir à qui elle succède.

     Les électeurs rendront a posteriori leur verdict, en mai 2007, sur le bien-fondé d’une telle stratégie. Au départ, elle ne paraît pas déraisonnable, dans un pays où les institutions et les traditions ont toujours facilité le pluripartisme, où l’affrontement systématique de deux blocs (« Gauche contre Droite ») ne figure pas dans les m?urs et l’histoire politiques, et où des coalitions inimaginables sous d’autres latitudes sont, une fois l’alliance décidée par les états-majors des groupes, validées par les citoyens.

     Bien entendu, l’évolution de la conjoncture économique et la résorption progressive des déséquilibres actuels (inflation, déficits extérieurs, etc.) dans les 8-9 mois à venir, seront un élément décisif d’appréciation des citoyens, d’autant que le PP continue, avec six portefeuilles ministériels, à assumer des responsabilités gouvernementales non négligeables.

     Les partis de gauche ont réagi, par l’ironie ou la critique « idéologique » aux décisions du PP, jugé toujours comme « l’homme malade » de la politique insulaire. Quant à l’allié gouvernemental du PP, le puissant Parti de l’Indépendance, sans doute s’est-il discrètement félicité de la victoire de Jon Sigurdsson, qui, au-delà de 2007, ne ferme pas la porte à une reconduction éventuelle de l’actuelle majorité, si les résultats des législatives la rendent souhaitable.

À suivre

 

POLITIQUE EXTÉRIEURE

Relations avec les Etats-Unis

     Les conversations avec les Etats-Unis (voir derniers « Bulletins ») sur l’application de l’accord bilatéral de 1951 n’ayant pas abouti lors des entretiens d’avril et de juillet, une nouvelle rencontre entre les deux délégations a eu lieu à Washington, les 3 et 4 août. Le Premier ministre continue à suivre personnellement ce dossier. Une réunion ultérieure a été programmée à Reykjavik d’ici la fin du mois, Le 9 août, Geir Haarde a déclaré devant les médias qu’on avait progressé et qu’on s’acheminait vers une formule acceptable pour les deux parties, une nouvelle organisation se substituant à la présence permanente des Américains sur l’île. Le dispositif prévu devrait être définitivement mis au point avant la fin de septembre, sauf obstacle de dernière heure et sous réserve d’arrangements à intervenir sur diverses questions annexes.

 

ÉCONOMIE

* Un rapport d’experts encourageant : l’agence internationale Moody’s donne de « bons points»   à l’économie insulaire

     Le 3 août, la Banque Centrale d’Islande (www.sedlabanki.is) a publié les conclusions du rapport (annuel) rédigé par l’agence Moody’s, très écoutée dans les milieux financiers internationaux, sur les récents développements de l’économie insulaire. Moody’s estime exagérées les craintes qui avaient agité, il y a quelques semaines, certains de ces milieux quant aux risques causés par les développements en cause. L’Islande n’est pas à la veille d’un atterrissage brutal, à même de se propager au-dehors. Le danger d’insolvabilité des banques, suite à leur endettement, a été fortement surestimé. Les établissements financiers sont solides et de plus en plus prudents. Ils peuvent faire face à des chocs tels que la dépréciation du taux de change, ou la baisse du marché des actions. Les investissements productifs récemment mis en ?uvre auront un effet positif sur la croissance du pays. Si, en dernier recours, des difficultés ponctuelles apparaissaient, les pouvoirs publics seraient à même d’intervenir efficacement : la dette publique est en effet très modique, la bonne santé budgétaire est évidente, l’économie a acquis une flexibilité et une résilience suffisantes pour réagir à des retournements conjoncturels.

     Le Gouverneur de la Banque Centrale, l’ancien Premier ministre David Oddsson, n’a pu que se féliciter de l’ « expertise » encourageante ainsi fournie par Moody’s.

 

* Consultations annuelles avec le Fonds Monétaire International (FMI)

     Le Fonds Monétaire International a rendu publiques le 8 août les « conclusions » que son Comité Directeur venait d’adopter concernant l’économie de l’Islande. Il s’agit là d’une procédure habituelle dans les relations entre le Fonds et les États membres. Chaque année, le FMI envoie dans ces Etats des experts, qui ont des discussions avec les autorités nationales (principalement les Banques Centrales) sur les problèmes les plus aigus posés par l’évolution récente de la situation du pays visité. Au terme de ces « consultations », le Comité Directeur exprime une appréciation d’ensemble sur l’évolution et sur les éventuels remèdes qu’elle lui paraît devoir appeler, au cas où les éléments négatifs et les déséquilibres nécessiteraient une action correctrice.

     Cette année, compte tenu de phénomènes apparus depuis quelques mois ou plus (surchauffe, fortes pressions inflationnistes, déséquilibre élevé de la balance courante, dépréciation rapide du taux de change de la couronne survenant après une longue période d’appréciation, remous boursiers) et des risques que leur persistance pourrait créer, des interrogations s’étaient manifestées dans les milieux financiers et les médias islandais et internationaux. Quelques rapports pessimistes allaient même jusqu’à évoquer le danger d’ « atterrissage brutal » (« hard landing ») de l’économie, lié à la recrudescence de l’inflation, au niveau élevé de l’endettement des ménages, des entreprises et du secteur financier, et à la hausse continue des taux d’intérêt (voir « Bulletins » précédents). Le gouvernement de Reykjavik et la Banque Centrale, cependant, gardaient la tête froide et insistaient sur les atouts du pays, ainsi que sur les effets qu’auraient bientôt les politiques « correctrices » (budgétaire, monétaire, salariale) mises en ?uvre. Dans ces conditions, on attendait avec intérêt le « verdict » du Fonds, dont l’expertise et la fiabilité sont presque unanimement reconnues.

     Le document publié début août répond à ces attentes en fournissant une analyse fouillée des aspects, encourageants ou défavorables, de la conjoncture islandaise, et en se prononçant sur les possibilités d’action entre les mains des acteurs nationaux.

  a)  Rappel de la conjoncture islandaise et des problèmes posés par son évolution récente

* L’économie islandaise connaît actuellement, du fait de la réalisation de « grands projets » liés au secteur de l’aluminium, une croissance rapide génératrice de surchauffe. Après la fin d’une récession en 2002, la hausse du PIB s’est « emballée » en 2004 (+8,2 %), pour se modérer légèrement en 2005 (+5,5 %). La demande intérieure s’est, par suite, gonflée de 10,5 % en 2004 et de 15,1 % en 2005. En son sein, on soulignera l’explosion de la consommation privée (stimulée par le crédit et par les allègements fiscaux, et facilitée par l’appréciation de la couronne) et la montée en puissance des investissements nécessités par les grands projets. Pareille « surchauffe » a engendré un déficit significatif de la balance commerciale (12,8 % du PIB en 2005) et de la balance courante (16,5 % du PIB), et une hausse des prix (en juin 2006 : +8 % par rapport à juin 2005) bien au-dessus des marges « tolérées » par la Banque Centrale (4 %).

     La Banque a réagi à cette situation avec persévérance en relevant ses taux d’intérêt, passés par paliers de 5,3 % en mai 2004 à 13 % en juillet 2006. Elle n’a, toutefois, pas réussi à limiter efficacement la demande, notamment parce que les ménages ont obtenu, pour leurs acquisitions immobilières, des crédits abondants et bon marché de la part des banques et du Fonds public d’aide au logement. Pour sa part, le gouvernement a pris des mesures de rigueur budgétaire (déficit public de 2 % du PIB en 2003, remplacé en 2005 par un excédent de 3,2 %), dont l’impact a été relativement modeste.

* De là sont nées, au premier semestre 2006, des appréhensions dans divers cercles financiers, islandais et étrangers, et agences de notation. La crise de confiance de certains investisseurs a débouché sur une baisse marquée du cours de la couronne et une chute du marché des actions.

* Les autorités islandaises prévoient que la croissance s’élèvera encore à 4 % en 2006, en raison de la réalisation d’investissements pour l’achèvement des grands projets et du maintien à un bon niveau de la consommation privée. Mais elle se réduira en 2007 à 1 %, les investissements industriels arrivant à leur terme et les dépenses de consommation étant pénalisées par le resserrement du crédit et le renchérissement des produits importés (vu la dépréciation de la couronne). La hausse des prix, toutefois, persistera, justifiant de nouvelles augmentations des taux d’intérêt.

     En revanche, les déficits des balances commerciale et courante se résorberont progressivement, le second descendant à 12,5 % du PIB en 2006 et 4,4 % en 2007 : les exportations accrues d’aluminium y contribueront, tout comme la détérioration du taux de change, qui limitera les importations.

 

  b)  Le diagnostic du Comité Directeur du FMI et ses « recommandations »

     Les « conclusions » du Comité ont été rédigées, après que les autorités islandaises lui eurent fait part de leurs propres analyses, et de leurs « contraintes » (2007 sera une année d’élections législatives, réduisant la marge de man?uvre de l’actuel gouvernement). Elles sont équilibrées et devraient contribuer à rassurer ceux qui, dans le monde financier, avaient pu, à la lecture d’appréciations exagérément pessimistes, envisager « le pire ».

     Ces conclusions s’articulent autour des points suivants :

* Les perspectives à moyen terme de l’économie islandaise sont « enviables ». Les institutions et le cadre de la politique économique sont solides, les marchés ouverts et flexibles, la culture de l’entreprise est bien installée.

* Le rapport constate, sur le court terme, la persistance de déséquilibres et de « vulnérabilités », auxquelles il faut remédier, par des actions coordonnées, car ils compromettent la poursuite de la croissance et la stabilité financière. Hommage est rendu aux premières mesures décidées en juin-juillet par le gouvernement, mais il est indispensable d’aller plus loin.

     Sur le plan budgétaire, s’il est vrai que le niveau, faible et déclinant, de la dette publique est un facteur stabilisant, la conjoncture présente nécessite un nouvel effort d’austérité, réduisant la consommation publique et retardant encore divers investissements publics (NDLR : cette « recommandation » est actuellement mise en ?uvre). La préparation du budget 2007 devra s’inscrire dans cette perspective restrictive, surtout si la pression de la demande reste vive. Pour le FMI, il y a lieu de renforcer les règles permettant d’utiliser au mieux l’arme budgétaire contre les fluctuations, avec une vision nettement prévisionnelle, comme le permettent l’introduction en cours d’une dose de « pluriannualité » et diverses décisions imminentes.

     La politique monétaire demande également à être resserrée. Même si la « bulle » de l’immobilier décroît et si l’expansion du crédit se tasse, les prix des produits importés augmentent, comme ceux de divers produits locaux. Les tensions persistent sur les marchés des biens et du travail. Le FMI se félicite des accords, intervenus récemment entre les partenaires sociaux, sur les salaires et le pouvoir d’achat des travailleurs. La politique des taux d’intérêt pratiquée par la Banque centrale commence à porter ses fruits. Mais une vigilance sourcilleuse devra être maintenue en ce domaine.

     Sur le plan financier, la position et la solidité des banques se renforcent. Les établissements ont pris conscience des risques apparus naguère du fait de la trop rapide croissance de leurs opérations et ont redoublé de prudence, depuis lors, donnant également plus de transparence à leurs activités. L’effort doit se prolonger. Les autorités, et notamment l’Autorité de Surveillance Financière, ont un rôle important à jouer dans la surveillance active de la profession.

     Le Fonds de financement du logement, qui a ces dernières années pratiqué une concurrence acharnée et malsaine avec les banques pour le financement de l’habitat, est à réformer rapidement : privatisation et réduction de ses activités offrent des pistes d’action.   

     NDLR : Le rapport du FMI est sorti à peu près au moment où l’OCDE publiait son « Étude économique Islande 2006 ». Les deux organisations ont certes des objectifs généraux différents. Le Fonds s’attache à apprécier la stabilité financière d’un État, dans ses rapports avec la stabilité du système financier international, et, dans ses recommandations, vise à renforcer l’une et l’autre ; l’OCDE analyse, à travers les aléas conjoncturels, les conditions d’une croissance durable, et les politiques qui sont appropriées à cet effet, y compris les réformes structurelles. Mais leurs études et analyses, et éventuellement leurs conclusions, se recoupent ou se complètent pour de nombreux pays enquêtés. On verra (voir plus loin, la rubrique « Bibliographie », où l’Étude OCDE est analysée) que tel est le cas pour l’Islande : les deux expertises s’accordent en gros sur les atouts et les risques et « dangers » de la conjoncture présente, en même temps que sur nombre de remèdes à mettre en ?uvre à court et moyen terme. Le ministre des Finances, Arni M. Mathiesen, s’est récemment déclaré frappé par ces convergences, en même temps que particulièrement attentif aux suggestions en découlant.  

 

* La progression des revenus en 2005

     Dans sa « lettre hebdomadaire » en date du 3 août, le Ministère des Finances nous apprend qu’en raison de la croissance économique très forte, les revenus des Islandais ont, en 2005, enregistré une progression appréciable. En termes « nominaux », ils sont passés à 702 milliards de couronnes, soit une augmentation de 16,8 % par rapport à l’exercice précédent.

     Si l’on prend les diverses catégories de revenus, on note que les salaires se sont élevés à 472 milliards, soit 13 % de plus qu’en 2004 pour la totalité et 8,5 % par salarié. Le nombre de salariés a crû de 2,2 %, la plus forte hausse depuis 2000.

     Pour les individus percevant des retraites des fonds de pension, au nombre de 40 600 (+2,7 % par rapport à 2004), les sommes versées, avoisinant 34 milliards, ont dépassé de 12,5 % celles de 2004. Les titulaires de pensions d’invalidité et de retraites allouées par la Sécurité Sociale, -autour de 47 000 personnes-, ont bénéficié, eux, d’une amélioration de 5 %.

     Les prestations de chômage ont concerné 8 400 bénéficiaires, soit 26,5 % de moins qu’en 2004 : elles ont totalisé 2,4 milliards, contre 3,4 en 2004. Rien d’étonnant si l’on sait que la situation de l’emploi n’a jamais été aussi favorable.

     Les insulaires ayant droit à des aides sociales minimales, municipales et autres, n’ont pas dépassé les 3 400 personnes (baisse de 15 % sur 2004), et ont obtenu, avec 970 millions, 4,5 % de moins qu’en 2004. Deux signes de la « prospérité » actuelle et du recul de la pauvreté.

     Un point est intéressant à souligner : la part du gâteau de plus en plus appréciable (depuis quelques années), qui revient aux titulaires de revenus du capital. Leurs ressources constituaient en 2005 17 % des revenus assujettis à l’impôt. La progression de leur situation, continue depuis 1997, a connu un véritable « bond » en 2005 : environ 85 000 familles ont reçu quelque 120 milliards de revenus du capital, c’est-à-dire 45 milliards (ou 60 %) de plus que l’année d’avant. Plus de la moitié de cette « manne » vient de plus-values mobilières (au bénéfice de 9 000 familles), un cinquième de dividendes d’entreprises (perçus par 40 000 familles). Les intérêts de dépôts bancaires (11 milliards) profitent à plus de 60 000 familles.  

     Ces « revenus capitalistes » sont source de controverses. L’opposition de gauche et les syndicalistes multiplient les critiques. Surtout se développent des remarques amères sur le « creusement accéléré, voire galopant, des inégalités ». La société (et la mentalité) de l’Île était d’autant plus « égalitariste » dans le passé que le niveau de vie moyen a longtemps été imprégné d’austérité, que la pauvreté -même en recul- touchait encore nombre d’habitants, qu’on n’avait pas goûté aux charmes de l’abondance, que la richesse était souvent peu ostentatoire... Les temps ont changé. Comme dans d’autres économies développées, des taux de croissance élevés -et l’Islande enregistre depuis une quinzaine d’années des performances spectaculaires- s’accompagnent d’un approfondissement de l’écart entre « couches aisées » et « revenus modestes ». Très directement, la politique mise en ?uvre par les pouvoirs publics, en privilégiant l’initiative individuelle, la liberté des entreprises, les privatisations, les marchés d’actions, et en réduisant les interventions de l’État, a libéré des énergies maximisant le dynamisme de l’économie, mais, parallèlement, a suscité un indéniable élargissement des inégalités de patrimoines et de revenus, créant des « fossés » sinon des « fractures ». Les défenseurs de cette politique le reconnaissent, mais répliquent que le sort des plus défavorisés a malgré tout connu une amélioration tangible du fait de la prospérité générale, même si ils en ont moins profité que les « nantis ». Le débat devient politique? 

     En conclusion, le Ministère des Finances, restant sur le terrain « comptable », souligne que si les revenus des Islandais ont bondi de 16,8 % l’an passé, les ressources fiscales correspondantes n’ont, elles, augmenté que de 11 %. Ainsi, les « revenus après impôt » (soit les « revenus disponibles ») ont enregistré une progression de 18,5 %, un peu plus que la consommation des ménages, en hausse de 14 %.

  

* Les allocations familiales en 2005

     Dans sa « lettre hebdomadaire » en date du 10 août, le Ministère des Finances note qu’en 2005 les allocations familiales ont globalement augmenté de 19 % par rapport à l’exercice précédent. Elles s’établissaient à 6 milliards de couronnes et concernaient 55 000 contribuables.

     Cette progression appréciable est le résultat de la mise en ?uvre de la seconde étape d’un programme triennal lancé en 2004.

     L’année 2006 va voir, en exécution de la phase finale du programme, un nouveau train d’avantages accordé aux familles, d’autant plus que le Parlement votera à l’automne un projet de loi (annoncé par le Gouvernement en juin, mais jugé insuffisant à gauche),  repoussant de 16 à 18 ans l’âge limite fixé pour les prestations en cause.

 

* Hausse des taux d’intérêt de la Banque Centrale

     Les dangers de surchauffe et les tensions inflationnistes restant, pour elle, préoccupants, la Banque Centrale a décidé, le 16 août, de relever ses taux d’intérêt, comme elle l’a déjà fait de très nombreuses fois depuis plus d’un an. Le taux de base croît de 0,50 % et s’élèvera à 13,5 %.

     Précisément, l’Institut d’émission constate que si, depuis le début juillet, date de la dernière hausse des taux, de légers progrès ont été constatés dans l’évolution des prix, ils ne sont pas suffisants pour justifier un relâchement de la vigilance. Aussi bien, un « resserrement » supplémentaire est jugé inévitable. Le 14 septembre, la Banque se réunira à nouveau pour faire le point et prendre d’éventuelles décisions -de rigueur- en cas de nécessité. Un bilan d’ensemble sera effectué ensuite pour le 2 novembre.

     La décision de la Banque s’inscrit dans la droite ligne des conseils du FMI (et des avis de l’OCDE). Elle a néanmoins provoqué des réactions d’irritation chez les partenaires sociaux, et notamment au patronat. Ce dernier se déclare très frappé par ce qu’il considère actuellement comme un réel relâchement de la pression inflationniste. La montée des salaires, que l’accord intervenu le 23 juin entre les partenaires sociaux freine, mais n’arrête pas, lui paraît raisonnable, modérée et peu susceptible de « dérives ». En revanche, les employeurs redoutent un recul assez prononcé de l’activité en 2007, à conséquences récessionnistes, et qui serait amplifié par la politique des taux de la Banque Centrale. .

 

SOCIÉTÉ

Science et technologie en Islande : 2006-2009

     Le Ministère de l’Éducation, de la Science et de la Culture a publié récemment sur son Site Internet en anglais (http://eng.menntamalaraduneyti.is/publications/) le texte du dernier rapport de synthèse du « Conseil de la politique scientifique et technologique » pour la période 2006-2009. Une quinzaine de pages du plus grand intérêt.

 

BIBLIOGRAPHIE

- ÉTUDE économique de l'OCDE sur l’Islande 2006  

     L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié le 9 août son étude économique périodique (tous les 18 mois, généralement) sur l’Islande. Y sont analysés en détail l’évolution récente de la conjoncture (production, prix, revenus, finances extérieures et taux de change, dette, emploi), la politique macro-économique (monétaire et budgétaire), l’état des différents secteurs de l’économie et les politiques structurelles menées. Un chapitre particulier est consacré à la nécessaire adaptation du système éducatif aux réalités nouvelles.

     L'ouvrage, d’une centaine de pages environ, est agrémenté de nombreux tableaux statistiques et graphiques (renseignements : www.oecd.org/eco/etudes/islande). 

     On trouvera, ci-après, dans ses grandes lignes, le résumé des conclusions de l’étude, établi par l’Organisation elle-même

 

Résumé :

     À la faveur d’une progression remarquable de son activité économique et de son revenu par habitant depuis le milieu des années 90, l’Islande est devenue l’un des pays les plus prospères de l’OCDE. Toutefois, la croissance a été instable et s’est accompagnée de déséquilibres économiques externes et internes importants et récurrents, imputables en partie aux gros investissements réalisés dans les secteurs de l’énergie et de la production d’aluminium, mais aussi à une demande dynamique des ménages financés à crédit. Au cours de la période récente, les préoccupations suscitées par ces évolutions ont conduit à un recul de la confiance des investisseurs et à une forte correction du taux de change, qui a fait grimper l’inflation. Tandis que la dépréciation du taux de change a été largement anticipée, le principal enjeu de la politique macroéconomique est de rétablir rapidement l’équilibre économique et de renforcer le cadre d’action de façon à éviter que les problèmes récents ne se reproduisent. Il faut aussi veiller à ce que le secteur financier continue de contribuer à la bonne performance économique, à la fois en minimisant le risque pour la stabilité et en menant à bien les réformes. Enfin, le développement du capital humain est indispensable pour soutenir le progrès de la prospérité observé au cours de la dernière décennie.

- Encourager la stabilité économique en rétablissant rapidement l’équilibre et en renforçant le cadre d’action

     La mise en oeuvre de la politique monétaire doit être améliorée, de façon à renforcer la crédibilité de l’objectif officiel fixé en matière d’inflation. À court terme, cela suppose que l’orientation monétaire soit encore durcie, jusqu’à ramener l’inflation escomptée au niveau de l’objectif officiel. Une communication plus claire pourrait améliorer l’efficacité de la politique, conduisant vraisemblablement à une hausse des taux d’intérêt à long terme. L’effet expansionniste des réductions d’impôts doit être compensé par des restrictions supplémentaires des dépenses, jusqu’à ce que les pressions de la demande intérieure se tassent. Les mécanismes d’exécution et de contrôle budgétaires doivent être renforcés pour respecter plus efficacement les objectifs de dépenses ? De nouveaux grands projets d’investissement ne devraient pas être lancés avant que les déséquilibres économiques n’aient été résorbés et que l’on n’ait réalisé une évaluation d’ensemble des avantages nets de ces projets pour l’économie (compte tenu de l’utilisation des ressources et des aspects environnementaux). Une plus grande transparence dans le secteur de l’électricité serait utile.

- Poursuivre la libéralisation du secteur financier de façon à encourager la croissance et la stabilité

     Bien que le système financier apparaisse dans l’ensemble solide, il est souhaitable de poursuivre les efforts visant à évaluer sa résistance et de prendre des mesures de surveillance, si nécessaire, pour faire face aux problèmes éventuels. La libéralisation réussie du secteur financier pourrait être achevée de différentes manières. Premièrement, les distorsions du marché du logement doivent être supprimées. Une solution consisterait à imposer à la Caisse publique de crédit au logement une commission reflétant le coût de la garantie publique et le rendement requis du capital. L’accession à la propriété du logement devrait être favorisée par une allocation assujettie à des critères de ressources pour les primo-accédants, plutôt que par une subvention croisée en faveur des taux d’intérêt hypothécaires. Deuxièmement, les restrictions pesant encore sur l’indexation des marchés financiers devraient être levées. Enfin, pour améliorer le financement de jeunes entreprises innovantes, il faudrait s’interroger sur l’opportunité de gérer les fonds d’investissement parrainés par l’État sur la base des critères du secteur privé.

- Adapter le système éducatif à un environnement économique en rapide évolution

     Il importe que les enfants des zones rurales, qui obtiennent de mauvais résultats dans les tests d’aptitude à lire et à écrire, quittent le système scolaire en ayant acquis un ensemble de compétences de base. Au niveau de la scolarité obligatoire, il faudrait s’attacher plus à la qualité des enseignants qu’à la quantité. En outre, le temps effectif d’enseignement devra être accru lorsque certaines matières actuellement enseignées dans le deuxième cycle du secondaire seront transférées au niveau de l’enseignement obligatoire dans le contexte d’un effort de raccourcissement du deuxième cycle. Il faudra veiller à ce que cette mesure ne nuise pas aux résultats scolaires. L’allongement du temps d’enseignement et un ajustement rapide et cohérent des programmes devraient être utiles à cet égard. Les enfants susceptibles d’abandonner le système scolaire devraient être encouragés à choisir des filières professionnelles. Au niveau de l’enseignement supérieur, une nouvelle législation visant à assurer la qualité de l’enseignement devrait être adoptée rapidement, des droits de scolarité devraient être introduits dans les établissements publics et, au lieu d’essayer d’offrir toute la palette des cursus, il convient d’encourager les études à l’étranger. 

 

 

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