L’;ACTUALITÉ ISLANDAISE EN JUIN 2006
POLITIQUE INTÉRIEURE
- UN NOUVEAU GOUVERNEMENT DEPUIS LE 15 JUIN
La composition du gouvernement (voir précédent bulletin)
Premier Ministre : M. Geir H. Haarde
Ministre des affaires étrangères : Mme Valgerdur Sverrisdóttir.
Ministre des finances : M. Árni M. Mathiesen
Ministre de la santé : Mme Siv Fridleifsdóttir
Ministre de la justice et des affaires ecclésiastiques : M. Björn Bjarnason
Ministre de l’industrie et du commerce : M. Jón Sigurdsson
Ministre de l’éducation et de la culture : Mme Thorgerdur Katrín Gunnarsdóttir
Ministre des affaires sociales : M. Magnús Stefánsson
Ministre de la pêche : M. Einar K. Gudfinnsson
Ministre de l’agriculture : M. Gudni Ágústsson
Ministre de l’environnement : Mme Jónína Bjartmarz
Ministre des communications et des transports : M. Sturla Bödvarsson
La feuille de route
Le nouveau gouvernement ne manque pas de problèmes à régler, à moins d’un an des prochaines élections législatives (mai 2007)
Concernant la situation économique, des messages pessimistes ont été délivrés dernièrement par des experts étrangers en raison du niveau présent de l’inflation. Le Fonds Monétaire International a conseillé à Geir Haarde de restreindre plus encore les dépenses publiques. En outre, les baisses d’impôts prévues pour 2007, suite aux « promesses » ministérielles des années 2003 à 2005 sont considérées par de nombreux économistes comme « risquées ». Enfin, à court terme, une hausse significative des salaires, serait dangereuse. Les partenaires sociaux semblent d’ailleurs être arrivés à se mettre d’accord sur une ligne de « modération salariale ». Le gouvernement suit ce dossier avec attention et, conscient du danger de voir réapparaître la « spirale inflationniste », a apporté une contribution non négligeable à son règlement. Il prévoit pour les travailleurs et les familles victimes de l’inflation des abattements fiscaux adéquats.
À moyen terme, toutefois, la conjoncture devrait progressivement voir les déséquilibres des récentes années (balance commerciale et courante, inflation, tensions salariales) se résorber.
La politique industrielle « active » et la mise en route de nouveaux « grands projets » (centrales électriques, aluminium), envisagées naguère par l’ancien Premier ministre Halldor Asgrimsson et Valgerdur Sverrisdottir, seront-elles maintenues ? On note que la Banque Centrale (dont est issu le nouveau ministre de l’Industrie, Jon Sigurdsson) a conseillé une certaine prudence, ces projets risquant le cas échéant de générer une « surchauffe » inopportune. Ils mécontentent en outre les défenseurs de l’environnement. Mais les investisseurs étrangers se voient mal renoncer à leurs programmes.
Reste la politique étrangère et de sécurité. Valgerdur Sverrisdottir, promue aux Affaires étrangères, n’a guère eu jusqu’à présent l’occasion d’aborder ces thèmes. Proche de Halldor Asgrimsson, sans doute estimait-elle, à titre personnel, qu’une « réorientation à terme » vers l’Union Européenne (et l’euro) constituerait, sous certaines conditions, un axe à privilégier. Le débat n’avancera certainement pas d’ici les élections législatives, car le nouveau Premier ministre semble réservé sur ce point, ayant à faire la synthèse des intérêts et des positions multiples au sein de son parti.
La question de la défense et de la sécurité, dans l’optique du prochain « retrait américain » de Keflavik, reste ouverte. On sait Geir Haarde soucieux d’arriver, si possible, à un accord avec Washington quant à l’application du traité bilatéral de 1951. Les « négociations » se poursuivent et devraient se conclure assez rapidement. Valgerdur Sverrisdottir a d’ailleurs demandé au Premier ministre, par souci de continuité dans les discussions, de rester en charge personnellement de ce dossier délicat qu’il suivait depuis septembre 2005. Les Etats-Unis perdraient beaucoup en « crédibilité internationale » s’ils mettaient à profit l’actuelle « transition » politique dans l’île pour se dégager de toute obligation vis-à-vis de l’Islande. Mais les considérations budgétaires et le poids d’une bureaucratie militaire américaine, peu sensible aux arguments islandais, réussiront-elles à faire oublier les engagements pris naguère par George Bush avec David Oddsson ? La prévision est délicate.
En plus de ces tâches essentielles, le gouvernement de Geir Haarde doit régler, avant les élections législatives du printemps 2007, des affaires moins « vitales » mais délicates. Une révision de la Constitution avait été engagée en 2004, suite à la « mini-crise » provoquée par le conflit entre le président de la République Olafur Ragnar Grimsson et le gouvernement sur le « veto » présidentiel. Les pouvoirs respectifs du Président, du Gouvernement et du Parlement sont à clarifier, voire à redéfinir.
À l’origine de ce « conflit », on trouvait un projet gouvernemental, largement inspiré par le premier Ministre de l’époque David Oddsson, sur la « concentration dans les médias » et visant à limiter une telle concentration. Le projet a, à l’automne 2004, été provisoirement « mis au placard », par souci d’apaisement. Mais la question sous-jacente n’a pas été résolue, et Halldor espérait trouver une réponse aussi consensuelle que possible. L’idéal serait d’y arriver avant la fin de la législature. Parallèlement, le statut de la Radio-Télévision publique sera sans doute amendé.
Les premières mesures
1) Afin de faciliter la conclusion d’un accord sur les salaires entre les partenaires sociaux (intervenu vers le 23 juin), le Gouvernement a décidé, le 23, en faveur des petits et moyens salariés et des familles, de substantielles déductions fiscales qui s’appliqueront à partir du 1er janvier 2007. Ces abattements devraient selon lui compenser les effets de l’inflation. Ils seront financés grâce à une réduction, moins forte que prévue (de 1 % et non de 2 %), de l’impôt sur le revenu des personnes.
Dans ces conditions, les syndicats de travailleurs ont consenti à une augmentation des salaires plus modeste que celle initialement demandée, se déclarant désireux d’apporter leur contribution à la lutte contre l’inflation. Le Premier ministre s’est montré optimiste quant aux prochains résultats de ce combat.
Il a par ailleurs annoncé pour 2007 un effort financier supplémentaire de son gouvernement en faveur de la formation professionnelle des adultes, et de la réorientation des travailleurs sans emploi.
Enfin, l’installation en Islande d’entreprises étrangères et le recours à la main d’?uvre immigrée ne doivent pas, pour Geir Haarde, avoir de conséquences négatives sur le droit du travail, les salaires et les relations dans l’entreprise. Un suivi de ces pratiques sera assuré conjointement par les pouvoirs publics et les partenaires sociaux. L’économie « souterraine » et le travail clandestin seront combattus. Dans certains secteurs -construction, hôtellerie et restauration- les activités des sous-traitants et des agences d’intérim seront surveillées pour éviter d’éventuels abus.
2) Le 27 juin, le Premier Ministre a annoncé diverses mesures destinées à combattre l’inflation. Il s’agit d’éviter, autant que possible, la surchauffe, en ralentissant la consommation publique et retardant encore divers investissements publics. En collaboration avec les autorités locales, un « gel » temporaire sera institué, qui amènera les décideurs à réexaminer les nouveaux projets, nationaux, régionaux ou municipaux. Les moyens du Fonds de financement du logement, qui a ces dernières années pratiqué une concurrence acharnée et malsaine avec les banques pour le financement de l’habitat, seront, en outre, réduits sensiblement.
Les perspectives à court terme
a) L’opposition de gauche (« Alliance » sociale-démocrate) et d’extrême-gauche ( « Gauche-Verte ») a multiplié les déclarations dénonçant le « replâtrage » de juin. Selon elle, il eût fallu retourner devant les électeurs et procéder à des élections anticipées. En tout état de cause, elle prépare activement le scrutin de 2007, mais reste divisée. L’opposition de droite (les Libéraux, en progrès) s’interroge. Il n’est pas exclu qu’elle s’allie avec tel ou tel parti, au lendemain des élections, y compris avec le Parti de l’indépendance dont elle était à l’origine une dissidence.
b) On sait qu’un Congrès national du PP (le partenaire « faible » et divisé de la coalition gouvernementale associant depuis 1995 le PI -Parti de l’indépendance- et le Parti du progrès) se tiendra en août, qui décidera de l’orientation à venir, et renouvellera les instances dirigeantes, Son actuel chef, l’ancien Premier ministre Halldor Asgrimsson, abandonnera alors la présidence, se retirant de la vie politique. Mme Valgerdur Sverrisdottir a fait savoir qu’elle ne briguera pas sa succession. Le Vice-Président du PP, également ministre de l’Agriculture, Gudni Agustsson (marqué « à gauche » et naguère en rivalité avec Halldor à diverses occasions), dit ne pas avoir pris sa décision, pas plus que l’ « ambitieuse » Siv Fridleifsdottir, Ministre de la Santé. On évoque aussi une candidature du nouveau Ministre de l’Industrie, Jon Sigurdsson, venu de la Banque Centrale, et bon « connaisseur » des questions économiques, mais non parlementaire
- UNE NOUVELLE MUNICIPALITÉ À REYKJAVIK
1) Suite aux élections municipales du 27 mai (voir « Bulletin » de mai) et à l’alliance entre les 7 conseillers (sur 15) du Parti de l’indépendance -PI- et l’unique Conseiller du Parti du progrès, Björg Ingi Hrafnsson, une nouvelle majorité dirige la ville depuis le 12 juin,. Le maire de la capitale est un élu chevronné du PI, Viljhalmur Th. Vilhjamsson, Björn Ingi recevant la fonction (largement protocolaire) de Président du conseil local. Ils annoncent un « changement de cap » rapide.
2) Rappelons que Reykjavik était administrée depuis 1994 par une majorité réunissant tous les partis de la gauche et du Centre (y compris le PP), et qui s’était constituée en réaction contre le long règne des Conservateurs. Cette coalition a éclaté en 2005 et a donné naissance à trois listes rivales. À la fin, le parti du Progrès (sous l’inspiration de Halldor Asgrimsson) a changé de camp, permettant ainsi le renversement de majorité.
POLITIQUE EXTÉRIEURE
- Relations avec les Etats-Unis
Les conversations avec les Etats-Unis (voir dernier « bulletin ») sur l’application de l’accord bilatéral de 1951 n’ayant pas abouti lors des rencontres d’avril, une rencontre est prévue pour le 7 juillet. Le Premier ministre, qui suit personnellement ce dossier, espère bien qu’elle débouchera sur un accord acceptable pour les deux parties et sur une nouvelle organisation se substituant à la présence permanente des Américains sur l’île. Il sait que, pour Washington, la valeur « stratégique» de cette dernière n’est plus la même qu’au temps de la puissance soviétique. Aux Etats-Unis des experts militaires ne se privent pas d’affirmer qu’aucune menace réelle ne pèse à court terme sur l’Islande.
Geir a d’ailleurs eu (ainsi que la Ministre des affaires étrangères Valgerdur Sverrisdottir) une réunion à ce sujet avec le Secrétaire Général de l’OTAN Jaap De Hoop Scheffer. Celui-ci a confirmé que le problème devait d’abord être éclairci entre Reykjavik et Washington, l’OTAN ne pouvant intervenir qu’en cas de blocage. Geir Haarde, à ce stade, se veut d’un optimisme prudent, ainsi qu’il l’a souligné lors de son discours de la Fête Nationale le 17 juin.
ÉCONOMIE
1) Nouvelles prévisions économiques
Le Ministère des Finances a rendu publiques vers le 20 juin de nouvelles prévisions économiques pour les années 2006 à 2008. Elles remplacent celles d’avril. L’inflation sera plus forte que prévu : 7,8 % en 2006 au lieu de 5, 9 %. Le déficit de la balance courante avait également été sous-estimé et atteindra 15,9 % du PIB et non 14,4 %.
En 2007, la croissance (avoisinant 4,7 % en 2006) descendra à 0,9 % (prévision d’avril : 1,8 %).
Des incertitudes persistent concernant le taux de change de la couronne.
2) L’économie islandaise, menacée de déséquilibres ?
Depuis quelques mois, dans les milieux financiers et les médias islandais et internationaux, des interrogations et des controverses sont apparues concernant la réalité et l’importance de « déséquilibres » affectant l’économie (inflation, déficit important de la balance commerciale et de la balance courante, revendications salariales, etc.) et la monnaie (chute significative de la couronne après une longue période d’appréciation) de l’Île à partir de février 2006.
Suite à diverses péripéties, début juin, avant même le changement de gouvernement, l’agence internationale de notation financière Standard & Poor’s rendait public un diagnostic d ‘ « un pessimisme modéré » sur l’Islande. Elle attirait l’attention sur les risques d’ « atterrissage brutal » (« hard landing ») de l’économie, liés à la persistance de l’inflation, au niveau élevé de l’endettement des ménages, des entreprises et du secteur financier, et à la hausse continue des taux d’intérêt.
Le Ministère des Finances, dans sa « lettre hebdomadaire » en date du 8 juin, se référant au diagnostic de l’agence, ne nie pas les difficultés signalées, mais insiste sur leur caractère transitoire. Dès 2007, la situation s’améliorera et les déséquilibres s’atténueront. On enregistrera une réduction du déficit de la balance commerciale, des exportations d’aluminium en hausse se cumulant avec des importations en déclin, compte tenu de l’achèvement des projets industriels, et du nouveau taux de change. L’inflation ralentira, suite à un recul de la « fièvre immobilière », etc. « Le pire est derrière nous ». Le Ministère met en avant la flexibilité et la forte résilience de l’économie nationale. Les ménages ont, en contrepartie de leur endettement, des actifs toujours plus importants. Les banques sont solides et à même de résister à des tempêtes occasionnelles. La possibilité d’un « atterrissage brutal » ne saurait être complètement exclue, en Islande comme sur le plan international. Mais le Ministère l’estime très « éloignée ».
3) Le baromètre des entreprises
Plusieurs fois par an depuis septembre 2002, un sondage sur le " moral des entreprises " est effectué pour le compte du Ministère des Finances, de la Banque Centrale et du Patronat. La lettre d'informations du Ministère en date du 15 juin rend compte des principaux résultats de la dernière enquête. 65,3 % des 389 grandes entreprises consultées ont répondu. 57 % des dirigeants consultés considèrent comme favorable la situation économique présente (13 % la jugent mauvaise). L'« indice de confiance » s'établit à 161,8 points, en baisse par rapport au chiffre –174,5 points- pour février 2006.
Si on interroge les entrepreneurs sur l'évolution pour les six mois à venir, on en trouve 49 % qui ne prévoient pas de changements, 33 % une détérioration et 18 % une amélioration.
4) Intervention de Arni M. Mathiesen, Ministre des Finances, à l’occasion d’un colloque sur l’économie islandaise, organisé par la Banque Glitnir
Arni M. Mathiesen, ministre des Finances, a, au milieu du mois, présenté quelques « remarques préliminaires », à l’occasion d’un colloque sur l’économie islandaise, organisé par la Banque Glitnir.
Revenant sur les craintes exprimées récemment quant à un éventuel « atterrissage brutal » (voir plus haut) et les replaçant dans le contexte international du moment (baisse des actions en raison des incertitudes affectant l’inflation américaine et les taux d’intérêt), il a mis le projecteur sur les atouts considérables de son pays. Le premier étant son résultat remarquable (dans les dix premiers rangs mondiaux) en matière de compétitivité de l’économie, comme en attestent les classements effectués par l’Institut international IMD et le Forum Économique Mondial. Arni rappelle que le récent rapport de l’OCDE place l’Islande à la sixième place mondiale, pour le PIB par habitant. L’OCDE, de même que le Fonds Monétaire International et l’Organisation Mondiale du Commerce, portent un jugement très positif sur la libéralisation des marchés et l’intégration dans le commerce international, mises en ?uvre par Reykjavik depuis un peu plus d’une décennie. La bonne santé des finances publiques et le faible niveau de la dette publique font l’objet de bonnes appréciations, de même que la solidité actuelle des banques et du système financier. La participation à l’Espace Économique Européen porte chaque jour ses fruits.
Dans ce contexte, le Ministre a considéré comme très faibles les risques encourus par les banques du fait de la baisse récente de la couronne (elles se prémunissent efficacement contre eux), ou par les ménages en raison de leur endettement (ils ont des « actifs » importants).
Par la suite, l’orateur donne quelques exemples du dynamisme de l’économie nationale : croissance moyenne annuelle du PIB de 4,5 % pour la période 1996-2005 (3 % dans la zone OCDE), croissance moyenne annuelle du revenu disponible réel par habitant de 4,5 % pendant la même période. L’un des moteurs de cette croissance est à rechercher dans les « grands projets industriels » (énergie, aluminium) en voie d’achèvement. D’autres secteurs y ont aussi contribué : la production industrielle reposant sur les hautes technologies, pratiquement inexistante en 1995, représente 4 % du PIB actuellement. Dans le même temps, le flux annuel des touristes étrangers est passé de 160 000 à 360 000.
Certes, la balance courante a connu ces dernières années un déficit croissant, causé par l’importation des équipements nécessaires aux « grands projets », et les importations des ménages dont l’aisance (revenus en hausse, patrimoine immobilier valorisé, etc) a stimulé la demande. Mais ce déficit va progressivement se résorber, et d’abord le déficit commercial (importations en décrue, exportations d’aluminium en progrès) : le retour à l’équilibre est en marche.
Le gouvernement n’a pas été inactif, d’ailleurs, et poursuit une politique budgétaire restrictive. Il a fixé des objectifs chiffrés à moyen terme pour la consommation publique (dont l’augmentation ne doit pas dépasser 2 %) et les dépenses de transferts (maximum : 2,5 %). Pour les investissements publics, il n’y a pas eu de telles « limites » mais nombre de projets furent ajournés en 2004-2006. Les dépenses du Trésor devaient tomber de 34,8 % du PIB en 2003 à 31,1 % en 2005. L’excédent du Trésor se montait à 1,3 du PIB en 2004, pour grimper à 3,8 % en 2005 et devrait s’établir autour de 2,4 % en 2006.
En conclusion, le Ministre des Finances se déclare raisonnablement optimiste, vu la flexibilité et la forte résilience de l’économie nationale. Un « atterrissage en douceur » est prévisible, pour peu que la conjoncture mondiale n’enregistre pas de catastrophe.
5) L’Islande et les énergies renouvelables
Lors d’un colloque européen ayant pour thème l’impact des changements climatiques sur les énergies renouvelables et se déroulant au début de juin à Reykjavik, Mme Valgerdur Sverrisdottir, alors Ministre de l’Industrie et du Commerce, a rappelé les grandes lignes de la politique énergétique de son pays. Priorité est donnée au développement des sources d’énergie renouvelables. Celles-ci fournissent (énergie hydraulique et énergie géothermique) actuellement 72 % de la consommation nationale d’énergie primaire et 99 % de la production d’électricité. Le chauffage des habitations est assuré à 88 % par la géothermie, et à 11 % par l’électricité.
Pour l’avenir, on prévoit un accroissement significatif de la production d‘énergie géothermique, grâce aux « forages à grande profondeur »(5 000 mètres) dans les champs de hautes températures. À terme plus lointain, le recours à l’hydrogène (voir Bulletin de mai) est envisagé pour le transport routier et maritime, ce qui constituerait un pas décisif vers l’indépendance énergétique.
De cette manière, l’Île, à sa mesure, joue un rôle actif dans le combat contre les émissions de gaz à effet de serre et contre le réchauffement de la planète. En offrant ses technologies (en géothermie, notamment) à des pays en développement, dans le cadre d’une coopération technologique et économique, elle marque un point supplémentaire dans ce combat.
6) Quotas de pêche
L’Institut de recherches marines vient de proposer au Ministère des Pêcheries une réduction des « totaux admissibles de capture » (TAC), donc des quotas de pêche, pour la campagne 2006-2007, pour deux espèces particulièrement importantes. Il s’agit du cabillaud (réduction proposée : 11 000 tonnes, le TAC passant de 198 000 t. à 187 000 t.) et de l’églefin (le TAC serait réduit de 10 000 tonnes et reculerait de 105 000 t. à 95 000 t.). La raison invoquée par les scientifiques est l’état alarmant des stocks.
De son côté, le Conseil International pour l’exploration de la mer propose, dans le cadre d’un accord international, l’arrêt des prises de certaines catégories de sébaste : le « deep-sea redfish ».
Les armateurs s’inquiètent devant les pertes de recettes qu’impliquent ces recommandations : 2 à 3 milliards de couronnes ? ?
SOCIÉTÉ
- Les revenus du travail en 2005
Selon un communiqué de l’Office des Statistiques en date du 23 juin, les revenus annuels du travail ont été en moyenne de 2,9 millions de couronnes islandaises (soit un peu moins de 30 000 euros) en 2005, ce qui représentait une hausse de 8,2 % par rapport à 2004.
Ils étaient plus élevés dans la région de la capitale (3,1 millions) qu’ailleurs (2,7). C’est dans le Nord-Ouest de l’Île qu’ils étaient les plus faibles : 2,5 millions.
Par type de profession, ce sont celles liées à l’intermédiation financière (banques, etc) qui ont le plus rapporté : 5,1 millions (en augmentation de 20,1 % sur 2004), avec un pic de 5,6 millions pour la région de la capitale. Les plus mauvais résultats se trouvent dans l’agriculture : 1 million (et même 500 000 dans le Nord-Ouest).
Les hommes (revenu moyen : 3,6 millions) sont avantagés par rapport aux femmes (2,3 millions), qui perçoivent 63,7 % du revenu moyen masculin (56,7 % en 1998).
Chez les hommes, les 35-40 ans sont les mieux rétribués : 4,4 millions. Chez les femmes, ce sont les 45-50 ans : 2,8 millions.
ANNEXE 1 : RAPPORT DU MINISTÈRE DES FINANCES SUR L’ÉCONOMIE ISLANDAISE DE 2005 À 2008, en date du 20 juin 2006.
Le Ministère des Finances a rendu publiques vers le 20 juin de nouvelles prévisions économiques pour les années 2006 à 2008. Elles remplacent celles d’avril, la situation ayant rapidement évolué sur plusieurs points et justifiant des mesures gouvernementales (voir plus haut).
Cette étude se trouve, en anglais, sur le Site Internet du gouvernement islandais (www.government.is), à la page du Ministère, et peut être téléchargée.
Nous en livrons ici les principales conclusions :
1) En 2005 la consommation des ménages et l’investissement (notamment industriel) ont été importants, et le PIB a augmenté de 5,5 %. Sa croissance ralentira en 2006 et ne dépassera pas 4,7%. En 2007 l’achèvement des projets industriels la fera retomber à 1 %, même si l’amélioration des exportations est stimulante. Ce dernier facteur aidant, le chiffre de 2008 avoisinerait 2,3 %.
2) Le déficit de la balance courante, qui avait culminé en 2005, autour de 16,5 % du PIB, a moins reculé que prévu en 2006 et s’établira aux environs de 15,9 %. Sous l’effet d’une expansion des ventes d’aluminium et d’une baisse des importations, il chutera à 7,8 % en 2007 et 3,7 % en 2008.
3) Le chômage est à un niveau très bas en 2006 (grands projets, etc.) : 1,5 % de la force de travail. Il remontera légèrement en 2007 (2,3 %) et 2008 (3 %) vu le ralentissement de l’activité.
4) La hausse des prix, entretenue par la fièvre immobilière, a dépassé 4% entre 2004 et 2005. Malgré une relative détente sur le front du logement, elle a bondi à 7,8 % entre 2005 et 2006, du fait de la baisse du cours de la couonne. Les deux exercices suivants devraient être meilleurs : 4,6 % et 2,6 %.
5) Le pouvoir d’achat par tête s’améliorera en 2006 -3,5 %- ; 2007 -3,3 %- ; et 2008 –1,9 %-. Cette progression est à mettre au compte des baisses d’impôt et d’augmentations de salaires raisonnables.
Bien entendu, ces prévisions comportent des incertitudes, liées à la conjoncture internationale, à l’évolution du taux de change, à celle des salaires, etc. Elle n’inclut pas l’éventualité du lancement de nouveaux « grands projets ».




