Bulletin Mensuel: Mai 2005
POLITIQUE INTÉRIEURE
Note liminaire : sous cette rubrique, nous retraçons, d'un mois sur l'autre, quelques-unes des multiples « péripéties » et « mini-crises » qui ponctuent la vie des partis islandais et les « jeux » de la démocratie parlementaire : on ne découvre, au fil de cette chronologie, rien que de très naturel et prévisible dans un régime politique, qui, par certains de ses aspects, ressemble au système français et à celui de nombre de grands pays développés.
Les « non-initiés » et ceux que ne passionnent pas les subtilités des rivalités ou alliances partisanes ou personnelles trouveront à l'occasion notre rubrique longue, pour ne pas dire fastidieuse. Ils peuvent la parcourir « en diagonale » sans se perdre dans les méandres. On leur signale au passage que les épisodes et incidents relatés n'ont souvent qu'une portée limitée. Aspect positif, cependant : ils attestent la vitalité du fonctionnement quotidien, avec ses inévitables « scories », de la démocratie et d'un système représentatif mature et bien rodé.
- Élection de Ingibjörg Solrun à la tête de l' « Alliance » : une décision « quasi-historique »
Comme on le sait, l' « Alliance » sociale-démocrate demeure la principale force d'opposition face au gouvernement de centre-droit. En son sein, une compétition acharnée pour le poste de Président du parti a opposé ces derniers mois l'ancienne maire (restée assez populaire) de Reykjavik, Ingibjörg Solrun Gisladottir (qui, depuis deux ans, se verrait bien Premier Ministre en cas de victoire de la gauche), et le chef « sortant » de la formation, le député Össur Skarphedinsson, jugé souvent un peu « terne » et manquant de charisme. Les adhérents ont été appelés à trancher, la consultation ayant eu lieu durant les derniers jours d'avril et les trois premières semaines de mai.
Leur décision est sans appel. Le 21 mai, on apprenait, après moult péripéties, qu'Ingibjörg Solrun avait été largement plébiscitée. Sur les 20 307 adhérents recensés (contre 13 000 au début de 2005, des inscriptions massives -suscitées par ce « duel » et les entourages des « combattants » - ayant eu lieu dans l'intervalle), 12 015 avaient voté. 67 % (soit 7 997) s'étaient prononcés en faveur d'Ingibjörg, Össur obtenant péniblement 33 % des votants.
C'est là sans doute une décision importante, qui redonne à la gauche toutes ses chances pour les prochaines élections législatives. On assistera sans doute à un affrontement serré et sans concessions entre Ingibjörg et le chef du Parti conservateur, l'ex-Premier ministre et actuel Ministre des affaires étrangères David Oddsson, le vrai « homme fort » du centre-droit. L'actuel Premier ministre (depuis septembre 2004) Halldor Asgrimsson, et son petit parti-charnière (le Parti du Progrès) risquent de ne plus pouvoir jouer les arbitres, comme en 2003, ayant depuis lors vu leur cote baisser sérieusement et étant la proie de divisions internes.
Le problème pour Ingibjörg Solrun est de savoir avec qui elle s'alliera si l' « Alliance » n'obtient pas la majorité absolue (ce qui paraît à beaucoup hautement improbable). Pourra-t-elle passer un accord de gouvernement avec l'extrême-gauche (« Gauche Verte ») avec laquelle elle mène, dans l'opposition, un combat assez « unitaire », même si, sur d'importantes questions de fond (Union européenne, OTAN, politique de la pêche, etc), tout les sépare ou presque ? Ce n'est pas impensable, mais le chef de la « Gauche Verte » -l'astucieux et combatif ancien ministre Steingrimur Sigfusson- devrait poser des conditions.
Ingibjörg sera peut-être tentée d'opérer un recentrage vers ce qui restera du Parti du Progrès, voire vers Halldor Asgrimsson, et son électorat centriste, souvent « pro-européen » et parfois ouvert à des réformes de style « social-démocrate ».
Évidemment, tout dépendra de l'arithmétique électorale suivant le scrutin législatif de 2007. On peut même, si les chiffres l'imposent, imaginer une majorité composite excluant seulement le Parti Conservateur, donc constituée principalement contre le retour de David. Ce serait le grand écart pour la nouvelle Présidente de l' « Alliance ».
- Incertitudes à l' « Alliance » sur la politique étrangère et de sécurité
Comme on pouvait s'y attendre, la politique étrangère et de sécurité divise le parti dirigé désormais par Ingibjörg Solrun. Quelques-uns , dans la ligne de l'ancien parti social-démocrate, se déclarent partisans de la poursuite de la coopération étroite avec Washington, tout en admettant qu'elle revêtira -les circonstances ayant changé- des formes différentes de celles traditionnellement pratiquées entre 1951 et la fin du vingtième siècle. D'autres (et parmi eux, des éléments venus de l'extrême-gauche, de la vieille « Alliance du Peuple » ou des féministes ou écologistes pacifistes) préféreraient couper plus ou moins les ponts avec Washington. D'autres enfin lorgnent du côté de la Politique étrangère et de sécurité de l'Union européenne, comme substitut du « parapluie américain ». Entre aujourd'hui et les prochaines « législatives », l' « Alliance » dégagera-t-elle une synthèse crédible sur ce terrain ?
POLITIQUE EXTÉRIEURE
* Relations islando-américaines : la base de Keflavik
Les « conversations américano-islandaises » sur la contribution de Washington à la sécurité de l'Islande et sur la prorogation et la « mise à jour » de l'accord de 1951 devraient s'engager très prochainement et comporteront selon toute probabilité une certaine diminution de l'effort américain (la guerre froide est bien loin, et la valeur « stratégique » de l'Île pour les Etats-Unis a beaucoup diminué dans l'actuel contexte international). À ce propos, le quotidien « Frettabladid » a récemment rappelé que, dans les faits, la présence des effectifs militaires de l'OTAN sur la base de Keflavik avait chuté de plus de 50 % entre 1990 et nos jours. En 1990, ces effectifs avoisinaient 3300 militaires, alors qu'ils étaient évalués à 1450 en janvier 2005 (si on inclut leurs familles, les chiffres respectifs sont de 5000 et de 3330).
Les avantages économiques que Reykjavik tire de la présence alliée n'en restent pas moins substantiels. Les transferts impliqués représentaient 12 milliards de couronnes en 2003, soit 1,5 % du PNB (le quotidien « Morgunbladid », fin mai, mentionnera 12 milliards et 1,1 % du PIB pour 2004) contre 2,6 % en 1990.
* Exposé du Ministre des affaires étrangères devant l'Althing
Le 29 avril, le Ministre des affaires étrangères David Oddsson a prononcé devant le Parlement une importante allocution, faisant le point sur l'évolution récente des principaux problèmes relevant de sa compétence.
1) Rappelant que 2005 marquait le cent cinquantième anniversaire de la décision du roi de Danemark octroyant aux Islandais la liberté de commercer avec l'extérieur (fin du « monopole » de Copenhague, si préjudiciable aux intérêts insulaires), David a souligné que cette lointaine décision avait constitué un point de départ essentiel pour le développement économique du pays, à même de renouer avec des courants et des flux très bénéfiques du passé.
Pour David Oddsson, surtout, les récentes années ont été marquées par une volonté politique de libéralisation et d'abolition des contraintes, réglementations et monopoles, créant un environnement particulièrement favorable au monde des affaires, en particulier à la croissance des entreprises et à l'expansion de leurs activités hors des frontières nationales. La privatisation des banques, le « boom » des fonds de pension ont été des atouts supplémentaires, s'ajoutant à un bond en avant de la productivité. On ne saurait enfin sous-estimer l'aiguillon efficace de la participation à l'Espace Économique Européen, qui a ouvert aux marchandises islandaises un marché d'actuellement 500 millions de personnes.
En demeurant membres de l'Association européenne de libre-échange (avec la Norvège, le Lichtenstein et la Suisse), qui représente 2 % du commerce mondial, les Islandais bénéficient des accords de libre-échange que cet ensemble a conclus avec divers États, et éventuellement de ceux qui pourraient prochainement voir le jour avec la Thaïlande, l'Afrique du sud, et, plus difficilement, avec Washington et Ottawa (des obstacles sérieux subsistent). Reykjavik est par ailleurs en faveur d'un accord de libre-échange islando-chinois (qui complètera un accord sur les investissements, un autre sur le tourisme et un texte sur le transport aérien).
Au passage, le Ministre souhaite l'aboutissement des négociations multilatérales en cours au sein de l'Organisation Mondiale du Commerce (« Doha Round »).Son pays espère qu'elles verront la cessation des subventions aux pêcheries (pratiquées par quelques pays) et s'attend à devoir consentir des sacrifices -inévitables- dans le secteur agricole.
2) La croissance de l'aide aux pays en voie de développement demeure un objectif primordial pour Reykjavik. De 0,20 % du PIB en 2005, elle passera à 0,35 % en 2009. Mise en ?uvre par l'agence spécialisée ICEIDA, elle verra la liste des bénéficiaires africains « traditionnels » élargie au Sri Lanka et au Nicaragua. La contribution aux organismes internationaux spécialisés (UNICEF, PAM, etc) progressera, en même temps que la participation de jeunes experts volontaires sera stimulée. Les pays recevant l'aide seront fermement incités à développer les pratiques de « bonne gouvernance », pour éviter les gaspillages et l'abandon des populations les plus démunies (Soudan, Darfour, Zimbabwe).
3) L'Islande soutient les efforts en cours pour introduire plus de démocratie et de transparence au Moyen-Orient, et pour substituer progressivement le dialogue à la violence. Elle se félicite des points enregistrés en Irak et au Liban. Dans ce sens, elle contribuera de plus en plus à la formation de forces de sécurité irakiennes.
Depuis la disparition de Yasser Arafat, les espoirs de paix renaissent en Palestine et en Israël et pour peu que les deux parties tiennent les engagements de la feuille de route, on peut être raisonnablement optimiste.
En Afghanistan, où des pas ont été accomplis, les Islandais resteront présents notamment pour améliorer la sécurité dans le Nord et l'Ouest en liaison avec d'autres contingents alliés.
Les efforts des Européens en vue du désarmement nucléaire de l'Iran sont jugés « louables » par David Oddsson, et Washington devra les faciliter. Mais, avant tout, Téhéran ne saurait continuer à jouer un double jeu et à menacer sérieusement la paix par des déclarations irresponsables ou équivoques, soufflant le chaud et le froid.
4) Pour les dirigeants islandais, l'OTAN continue à être la pierre angulaire du maintien de la sécurité à travers le monde. Dans cet esprit, ils souhaitent la reprise rapide des discussions bilatérales avec Washington sur la contribution américaine à la défense de l'île (base de Keflavik, etc.) et la sécurisation de la zone de l'Atlantique Nord en cause.
5) David Oddsson a confirmé l'intérêt que son pays portait aux projets de réforme de l'ONU prônés par Kofi Annan, et plus spécialement à tout ce qui concerne un meilleur fonctionnement du Conseil de Sécurité dans les périodes de fortes tensions et de crises.
Par ailleurs, en 2003, l'Islande avait annoncé qu'elle serait candidate au Conseil, au titre de membre non permanent, pour la période 2009-2010, signifiant ainsi qu'elle entendait être « plus présente dans le monde ». Depuis lors, cette décision semble partiellement remise en cause. Tout d'abord, des candidatures concurrentes -Autriche, Turquie- ont été annoncées, et Reykjavik risque un échec. En plus, des voix au Parlement font remarquer que le coût de l'opération serait trop élevé et que la charge qu'elle représenterait pour la nation (lourdes responsabilités internationales durant la période 2008-2010 ; organisation de multiples réunions ; présence à New York de nombreux diplomates) excéderait, au-delà du raisonnable, les possibilités financières, logistiques et humaines, de l'île. Un réexamen de la question est en cours, à l'initiative de David Oddsson : le 29 avril, ce dernier a annoncé une décision rapide sur cette affaire.
- Voyage du Président de la République en Chine
Le Président Olafur Ragnar Grimsson, accompagné d'hommes d'affaires, a effectué une visite officielle en Chine du 14 au 20 mai. On sait que, vu la caractère largement « cérémonial » des pouvoirs du Chef de l'État (contesté par ce dernier en 2004, et qui va entraîner une clarification -voire une révision- de la Constitution), ce séjour a été dépourvu de contenu politique. Des textes ont été toutefois signés avec le Président chinois Hu Jintao, en vue d'un renforcement de la coopération scientifique et technologique dans quelques secteurs privilégiés (énergie géothermique, pêcheries, transports, télécommunications, lutte contre les tremblements de terre, protection de l'environnement). Un accroissement des échanges commerciaux et des investissements réciproques est souhaité des deux côtés. Un accord de « libre-échange » est envisagé.
ÉCONOMIE
1) Nouvelle étude du Ministère des Finances sur l'état de l'économie nationale et les perspectives pour 2006 et 2007
Le Ministère des Finances a publié, fin avril, sur son site Internet en anglais (http://eng.fjarmalaraduneyti.is/) une importante étude d'une cinquantaine de pages -avec de nombreux tableaux statistiques- sur l'état de l'économie nationale et les perspectives pour 2006 et 2007 (et même des prolongements jusqu'en 2010).
D'ores et déjà, signalons quelques chiffres importants. La croissance, finalement, aura été en 2004 de 5,2 %. Cela correspond à une augmentation substantielle de la dépense nationale (consommation et investissement), estimée à quelque 7,7 %. Du fait des limitations inévitables de la production islandaise, ce phénomène a nécessité un recours appréciable aux importations, et ainsi causé une nette aggravation du déficit courant évalué à 70 milliards de couronnes, soit 8 % du PIB. L'inflation a été contenue aux alentours de 3,2 % ; le chômage s'est établi à 3,1 % de la force de travail.
Pour les prochaines années, le Ministère envisage un taux de croissance de 5,9 % en 2005 et 5,7 % en 2006, un « reflux » se faisant sentir en 2007 (les investissements, après des bonds spectaculaires, retrouveront alors une progression modérée).
2005 sera une date cruciale, principalement pour les investissements : 38 % des investissements liés aux « grands projets » (centrales électriques, aluminium, etc.) programmés pour la période 2003-2007 seront exécutés cette année-là. La consommation privée sera comme en 2004 orientée à la hausse (7,5 % en 2004 et 7,6 en 2005). Le déficit courant culminera à 12 % du PIB. Le danger de dérapage des prix, sans gravité exceptionnelle, continue néanmoins à requérir une vigilance constante. Le chômage tombera aux environs de 2,5 %.
2006 sera pareillement marquée par une croissance vigoureuse (+5,7 %), les mêmes causes produisant en gros les mêmes effets. Le déficit courant oscillera autour de 11,5 % du PIB. Les tensions sur les prix perdureront. L'emploi sera toujours au beau fixe : le taux de chômage ne devant pas dépasser 2,2 %.
Pour lutter contre les périls d'une « surchauffe » temporaire, diverses armes sont utilisées. La Banque Centrale depuis plus d'un an ne cesse de relever ses taux d'intérêt, qui, naguère aux environs de 5,3 %, approcheront bientôt 9,5 %. Par là même, le recours au crédit sera comprimé et l'on s'attend à ce qu'une stabilisation -à défaut d'un déclin- se fasse jour dans les opérations d'accession à la propriété immobilière, les achats massifs de logement ayant récemment renforcé l'inflation.
D'une manière générale, la libéralisation de l'économie islandaise, les progrès de la concurrence et de la compétitivité, l'ouverture sur l'extérieur, stimulées ces dernières années, ont rendu cette économie plus « résiliente », donc plus apte à réagir en souplesse et avec flexibilité face aux emballements de la conjoncture, à « amortir » les chocs, et à limiter les inconvénients pour la population (travailleurs, consommateurs, etc.).
Mais -prudence oblige- les responsables à tous les niveaux (gouvernement et collectivités locales) doivent mener, notamment en matière budgétaire, une politique d'extrême vigilance et de rigueur sourcilleuse : il serait désastreux que des dépenses publiques mal contrôlées se combinent avec les pressions inflationnistes naturellement générées par les « grands projets ». Ce télescopage risquerait de faire « capoter » la croissance (cercle vicieux d'une spirale « infernale » prix-salaires-coûts) ou d'en compenser les effets bénéfiques par des déséquilibres (comptes extérieurs ; finances publiques) et inconvénients difficiles à surmonter rapidement et préjudiciables à beaucoup de catégories sociales (les moins favorisées, souvent).
Dans ce sens, les budgets de l'État pour 2005 et 2006 ont fait l'objet de restrictions raisonnées mais sévères, tant au niveau de la consommation publique (cette dernière, stabilisée à + 2,6 % en 2004 du fait de la politique de rigueur, se maintiendra en gros à ce rythme en 2005 et 2006) que des dépenses de transferts et des investissements. Le Trésor doit enregistrer un excédent de 1,2 % du PIB en 2005 et de 1,3 % en 2006. Les collectivités locales ont été fermement invitées à suivre la même ligne.
Analysant les perspectives économiques à plus long terme, en particulier jusqu'à l'horizon 2010, le Ministère des Finances prédit que la situation se retournera à partir de 2007, une fois l'essentiel des « projets » réalisés et entrant progressivement en production. La croissance annuelle moyenne du PIB sur les années 2007-2010 baissera sensiblement (dépense nationale privée en déclin, principalement pour l'investissement), mais la récession devrait être évitée : on mise sur un chiffre approximatif de +2,7 %. Parmi les éléments favorables, les exportations se gonfleront, principalement celles d'aluminium, résultat direct de la réalisation des « grands projets ». Les importations diminueront et le solde de la balance courante s'améliorera.
Par ailleurs, les autorités devraient stimuler l'activité (et soutenir l'emploi) par une politique budgétaire quelque peu expansionniste : baisses d'impôts amplifiées, augmentation des dépenses publiques, y compris pour les investissements. La politique monétaire sera sans doute « desserrée ».
2) Quelques données statistiques sur la consommation et l'investissement en Islande.
Mine incontournable de prévisions chiffrées (et réajustées très fréquemment), l'étude précitée du Ministère des Finances souligne quelques points essentiels concernant l'évolution à court terme de la consommation et de l'investissement privés.
La première, actuellement « soutenue » (+7,5 % en 2004, +7,6 % en 2005), suivra un rythme assez comparable en 2006 (+6,1 %). Mais elle enregistrera vraisemblablement une vive décélération en 2007 -0,6 % -, les baisses d'impôt substantielles ne compensant pas le retournement de la conjoncture (achèvement des « projets) et la hausse des prix de produits importés causée par une détérioration du taux de change.
C'est bien entendu l'investissement privé qui, dans les années à cause, est l'élément moteur des variations conjoncturelles. Comme prévu, au sein de cet agrégat, l'investissement industriel (par opposition à l'investissement résidentiel : logements, etc.), est prédominant. En 2004, sa progression a égalé 13 %. Elle avoisinera en 2005 le chiffre-record de 50 % (une partie des opérations initialement prévues pour 2006 verront leur « réalisation » avancée de quelques mois). En 2006 il régresserait de 2,1 % et en 2007 de 38,9 % (fin de la plupart des travaux). Le déclin des exercices 2006 et 2007 s'explique en partie par l'avance sur le calendrier prise en 2005, année de grosse « concentration » des travaux (surtout pour les équipements électriques).
À noter que l'Étude ici résumée ne prend pas en considération la possibilité d'une nouvelle extension (décidée récemment : voir Bulletin d'avril) de l'usine d'aluminium Nordural de l'Ouest (260 000 tonnes fin 2008 ?) ni la construction, à l'étude, d'une unité d'anode dans le Nord.
Autre problème : sur le front de l'investissement résidentiel, la demande accrue de logements (à acheter), stimulée récemment par la politique de crédit excessivement généreuse des établissements financiers, ne cesse depuis 2004, de nourrir l'inflation. Problème malaisément soluble dans les régions déjà urbanisées (dans le Sud-Ouest) où l'offre et la demande de terrains à bâtir sont difficiles à équilibrer.
L'investissement public, fortement restreint, a présentement des effets stabilisateurs sur la conjoncture, et atténue les risques d' « emballement ». En 2004, il s'était gonflé de 27,3 %, en raison de rattrapages comptables. 2005 enregistrera un recul de 11,5 %, et 2006 une nouvelle baisse de 4,5 %. L'austérité ainsi pratiquée concernera prioritairement les dépenses du gouvernement central. Celles-ci en revanche repartiront à la hausse en 2007, pour éviter une possibilité de récession générée par le quasi-achèvement des investissements industriels, et l'investissement public grossira de quelque 8,7 %.
3) Commerce extérieur et balance courante : les relations économiques et financières avec l'extérieur
L'expansion spectaculaire de l'économie islandaise entre 2004 et 2007 ne va pas manquer de provoquer un déséquilibre des comptes avec l'extérieur, que résument quelques repères.
- En 2004, le déficit de la « balance courante » (somme algébrique des soldes de la balance des biens et marchandises -balance commerciale proprement dite- , de celle des services, de celle des « revenus de facteurs » et de celle des « autres transferts ») avait dépassé le niveau élevé de 70 milliards de couronnes, soit 8 % du PIB (contre 42 milliards et 5 % en 2003). Il grimperait à 116 milliards et 12 % en 2005, 120 milliards et 11 % en 2006 pour dégringoler à 69 milliards en 2007.
- Le Ministère des Finances a analysé en détail les données de 2004. Rien de surprenant dans ses conclusions. Le « déficit courant » a en bonne partie été provoqué par l'ampleur du déficit commercial, évalué à près de 36,5 milliards. En effet, les importations ont, par rapport à l'année précédente, bondi de plus de 40 milliards, le mouvement affectant toutes les catégories de biens, des équipements industriels aux automobiles et à l'alimentation. La bonne tenue des exportations (+20 milliards), remarquable (même si les pêcheries fournissent encore 60 % desdites exportations) pour les produits industriels et ceux faisant appel aux hautes technologies, a « limité les dégâts » mais n'a pu empêcher le « trou » de se creuser. En ce qui concerne la balance des services, le solde négatif s 'est pareillement détérioré (de 5,6 milliards), approchant 14,4 milliards. À cela s'est ajouté le résultat (traditionnellement) négatif des « revenus de facteurs » -salaires, profits, intérêts, etc.- avoisinant pour 2004 17,7 milliards de couronnes.
Quelles sont les perspectives pour les années 2005 et 2006. En 2005 -année de tous les dangers- le déficit courant franchirait la barre des 116 milliards, soit 12 % du PIB. Mêmes causes (aggravées) et mêmes effets qu'en 2004. On table sur un déficit commercial de quelque 79 milliards avec -cause primordiale du déséquilibre- des importations en progression de 23 % (exportations : +4,3 %), le déficit des services ne montant qu'à 15,5 milliards, mais le déficit des « revenus de facteurs » passant au-dessus de 20,8 milliards. Le phénomène perdurerait en 2006 : déficit courant de 120 milliards (11 % du PIB), déficit commercial « écorné » à 70 milliards, déficit des services stabilisé vers 21,2 milliards, solde des « revenus de facteurs» défavorable à hauteur de 28,2 milliards.
En 2007, le paysage changerait à bien des égards : l'exercice enregistrerait, avec d'autres bouleversements (achèvement des projets majeurs, chute de la croissance et de l'emploi, etc.), une nette amélioration des comptes extérieurs. En effet, les usines nouvelles produisent de plus en plus d'aluminium : +30 % dès 2006 ; +50 % en 2007. Les exportations, surtout pour les biens industriels, s'en ressentent, et le déficit commercial, grâce à ce « boom », se réduit considérablement, tombant en 2007 à 6 milliards. Dès lors, le solde négatif de la balance courante devrait, pour cette année et malgré des soldes franchement mauvais pour les services et les « revenus de facteurs », être ramené à 68,5 milliards (6,2 % du PIB), ce qui n'irait pas sans conséquences sur le taux de change, entre autres.
4) Marché du travail. Emploi, chômage
Toujours dans l'Étude récente du Ministère des Finances, nous trouvons quelques précisions précieuses :
La population de l'île, recensée fin 2004 -293 577 âmes-, avait augmenté de 1 % par rapport à l'année précédente. Résultat essentiellement causé par l'accroissement naturel (excès des naissances sur les décès), plus que par les phénomènes migratoires. L'immigration nette n'a porté que sur 435 personnes (en 2002 et 2003, il y avait même eu un solde migratoire négatif). Les phénomènes en question ne portent d'ailleurs que sur des flux limités et varient avec la conjoncture immédiate : en règle générale, si celle-ci se dégrade, des Islandais émigrent et les étrangers évitent de s'installer ; dans le cas inverse, les étrangers accourent à la recherche d'un emploi, et les nationaux sont moins tentés par un départ.
En 2004, nombre d'étrangers sont venus pour un emploi de très courte durée, et ont été remplacés sur le poste de travail par d'autres étrangers intérimaires (chantiers de grands travaux, services non qualifiés) : les « rotations » (« turnover ») rapides se sont multipliées.
La région de la capitale, depuis quelques années, attire moins les provinciaux. Son peuplement augmente par accroissement naturel.
Au cours de la période actuelle, les diverses branches de l'économie connaissent, en matière d'emploi, des évolutions contrastées. L'agriculture et surtout les pêcheries (pêche proprement dite et transformation du poisson) perdent des postes. Il en va de même, en général, pour l'industrie (1 % de moyenne annuelle). Par contre, la construction recrute. Les services également. Il y a dix ans, ils absorbaient 65 % des travailleurs, proportion montée à 71 % maintenant. Même si l'éducation a grimpé de 3 % annuellement et la santé de 2 %, le secteur privé embauche plus que le public. Les hôtels et restaurants (+2 %), les services financiers (+3 %), les « autres services aux affaires et à l'industrie (+4 %), entre autres, se distinguent.
Le chômage régresse de plus en plus. Selon les prévisions, il atteindrait au pire 2,5 % en 2005. En mars, il avait baissé de 25 % par rapport à mars 2004 : ce phénomène a un peu plus bénéficié aux hommes (-31 %) qu'aux femmes (-18 %).
Le recours à la main d'?uvre étrangère (Chinois, pays de l'Est européen, etc.), en particulier pour le travail non qualifié, a permis de résoudre de nombreux problèmes, par exemple la pénurie de postulants islandais pour les grands projets de l'Est et pour diverses tâches pénibles ou ingrates. Il a aussi contenu les pressions sur le niveau des salaires, dont il a évité la hausse. S'accompagnant parfois de pratiques contestables, il a fait l'objet de protestations syndicales dénonçant des abus choquants.
En 2006, le chômage descendrait en dessous de 2,2 % (malgré une hausse de la population en âge de travailler, estimée à 1,7 % en 2005), recul moins net que celui qu'on avait observé lors de la forte expansion de 2000.
Le taux d'emploi est actuellement proche de 77 %.
5) Aluminium
Il semble bien que la compagnie Alcoa, impliquée dans la construction de la grande usine d'aluminium de l'Est, ait, une fois cette implantation achevée, un autre projet « islandais ». Elle a fait savoir, à la mi-mai, à la Ministre de l'Industrie qu'elle serait prête à se lancer dans l'édification d'une fonderie d'aluminium, dans le Nord de l'île. On parle de la région de Husavik, où les autorités locales seraient d'accord. De toute façon, ce projet ne pourra se réaliser qu'après le nouvel élargissement de l'unité de Nordural (groupe américain « Century Aluminium) dans l'Ouest (Grundartangi), qui actuellement accroît sa capacité à 212 000 tonnes pour 2006 et a décidé une extension complémentaire -de 212 000 à 260 000 tonnes- à réaliser en 2007 et 2008.
6) Commerce extérieur
L'Office des Statistiques vient de mettre en ligne (www.hagstofa.is) une étude remarquable sur le commerce extérieur islandais (de marchandises) en 2004. On y apprend que le total des biens importés (en tête desquels les matières premières et biens intermédiaires industriels, les équipements et les biens de consommation) a atteint 240,2 milliards de couronnes (fob), en augmentation de 20 % sur l'année précédente. Les exportations ont avoisiné 202,4 milliards (fob) : +11 %. Les produits de la pêche ne constituent plus que 60 % de l'ensemble, la part des biens industriels (aluminium, etc.) avoisinant maintenant 35 %. Le déficit de la balance commerciale est élevé : 37,8 milliards, ce qui est normal dans une période de « surchauffe » et d'édification de grands projets (voir plus haut).Les premiers fournisseurs sont l'Allemagne, les Etats-Unis et la Norvège ; les meilleurs clients, le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Pays-Bas.L'Espace Économique Européen se taille la part du lion dans les échanges extérieurs de l'Islande.
7) Un jugement de l'OCDE
Dans ses « Perspectives économiques » parues en mai (www.oecd.org), l'OCDE met en garde l'Islande contre divers dangers. L'inflation menacerait.
La surchauffe actuelle pourrait bientôt faire place à une diminution des entrées de capitaux (les projets industriels s'achevant en partie), donc à une chute du cours de la couronne. Laquelle nécessiterait une nouvelle hausse des taux d'intérêt. Un risque de récession serait en vue. Le gouvernement devrait imposer une austérité budgétaire plus forte qu'actuellement, des excédents budgétaires accrus, et la réduction des aides fiscales au logement, facteur de spéculation immobilière et d'inflation.
Ces conseils ne semblent pas émouvoir le Ministre des Finances Geir Haarde. La chronique du Ministère en date du 26 mai rappelle que l'excédent du secteur public dépasse 1,5 % du PIB pour la période 2003-2005, un des meilleurs résultats au sein de l'OCDE, que les dépenses publiques ont été sérieusement comprimées, que divers investissements publics ont été retardés, mais seront repris si un danger de récession se fait menaçant. La flexibilité de l'économie, grâce aux réformes structurelles, est forte ; l'immigration empêche présentement toute dérive salariale inconsidérée. Des réformes dans le financement du logement méritent, toutefois, considération.
8) La fiscalité islandaise vue par le Ministère des Finances
Dans sa lettre hebdomadaire du 19 mai, le Ministère des Finances, s'appuyant sur des travaux de l'OCDE, calcule pour 2004, pour un salarié, le pourcentage (moyen) de son salaire représenté par l'impôt sur le revenu (augmenté des cotisations sociales à sa charge, et diminué des prestations reçues). Ce pourcentage est de 25,7 %, intermédiaire -pour comparer avec d'autres pays européens de l'Ouest- entre les chiffres danois (41,2 %) et irlandais (15,7 %).
Suite à la loi votée à l'automne 2004 et prévoyant une baisse appréciable mais par étapes (pour des raisons conjoncturelles, la dernière étape sera la plus importante) de l'impôt sur la période 2005-2007, il ne sera plus que de 22 % en 2007.
Une telle amélioration favorisera le pouvoir d'achat des ménages, mais aussi l'incitation à travailler. Le taux d'emploi, qui avait reculé depuis 2000 (84 % des 16-74 ans en 2000 et 2001 ; 81 % en 2004) devrait se redresser.
En 2007, la baisse de la pression fiscale, intervenant après l'achèvement de nombre des « grands projets », sera de nature à éviter un risque de récession.
SOCIÉTÉ
Informations démographiques
1) Le 13 mai, l'Office des statistiques (www.hagstofa.is) a publié sur son Site Internet une étude (une vingtaine de pages, avec de nombreux tableaux statistiques) sur l'évolution de la natalité dans ce pays depuis 1871.
En 2004 le nombre des naissances vivantes s'est établi à 4 234, donnant un indice de fécondité (« fertility rate ») de 2, plus élevé que dans la plupart des pays européens (Albanie et Turquie exceptées). Dans les années 1955-60, il avait, il est vrai, dépassé 4.
Dans les dernières décennies, l'âge moyen des mères à la première naissance a augmenté : 25,7 ans en 2004 contre 21,3 pour la période 1966-70.
La proportion de naissances hors mariage est la plus forte de tous les pays européens : environ les 2/3. Toutefois, la plupart de ces enfants sont né de parents vivant ensemble. Seules 16,4 % des mères ne vivent pas avec le père de leur enfant. La proportion des enfants hors mariage est plus grande pour les premiers-nés.
2) Le 24 mai, l'Office donne d'autres informations démographiques, relatives, elles, à la mortalité et à l'espérance de vie.
En 2004 1,823 personnes sont mortes, 962 hommes et 861 femmes. Le taux brut de mortalité a été de 6,2 pour mille. L'espérance de vie moyenne des hommes est de 78,8 ans, record mondial. Pour les femmes, elle est de 82,6 ans, soit un peu moins qu'au Japon (84,9 ans), en Espagne (83,1), en France (82.9), Italie (82.9) et Suisse (82.8).
ANNEXES
1) BIBLIOGRAPHIE ÉCONOMIQUE
L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a sorti en avril son « Étude économique de l'Islande 2005 ». L'ouvrage, de 110 pages environ, est agrémenté de nombreux tableaux statistiques et graphiques. Sa publication a suscité de nombreux commentaires dans l'île, notamment de la part des responsables politiques et financiers (Ministère des finances, Banque Centrale), qui ont estimé un peu surestimés les risques de « déséquilibres économiques » annoncés, compte tenu des mesures qu'ils prenaient pour combattre la surchauffe et les dérapages inflationnistes potentiels.
Nous publions ci-dessous le « résumé » établi par l'OCDE elle-même, qui -cela va de soi- n'engage pas ce Bulletin.
Résumé
« La performance économique impressionnante de l'Islande a continué de montrer les bénéfices du re-ciblage des politiques vers la stabilisation financière et la libéralisation des marchés dans les années 1990. La reprise la plus récente qui s'est engagée en 2003 a été plus vigoureuse que prévu car le dynamisme de la demande des ménages a été renforcé par l'effet stimulant des grands projets d'investissement en cours dans le secteur de l'aluminium. Les déséquilibres économiques — en particulier l'important déficit de la balance courante et des pressions inflationnistes — se sont accentués et — avec une croissance moyenne du PIB supérieure à 5 % en 2004-2006 — ils risquent d'être aussi prononcés que durant la période de surchauffe de 2000-2001, qui avait débouché sur une récession modérée. Il sera très difficile pour les responsables macroéconomiques de limiter l'instabilité ces prochaines années et les efforts en cours à cet égard doivent être renforcés. Des problèmes d'ordre structurel se poseront également dans les domaines suivants : l'évaluation des projets futurs d'investissement, qui devra être correctement conduite et la protection de l'environnement. Dans une optique à plus long terme, il faudra de nouvelles mesures pour maintenir la plus forte croissance de la productivité à laquelle ont abouti les réformes structurelles des années 1990, cette action touchant en particulier l'éducation et la concurrence.
Une gestion macroéconomique habile est nécessaire pour maintenir la stabilité économique face à la forte expansion de l'investissement
Le ciblage de l'inflation a donné de premiers résultats très positifs, mais le nouveau dispositif sera mis à rude épreuve ces prochaines années. Après avoir été ramenées au niveau de l'objectif officiel, l'inflation et les anticipations inflationnistes ont de nouveau progressé et elles approchent la limite supérieure fixée par la banque centrale. On voit donc que la crédibilité du nouveau cadre n'est pas totalement établie. Les autorités ont relevé très nettement le taux directeur depuis le milieu de 2004, mais l'évolution des marchés financiers et du marché immobilier a contrecarré les mesures initiales de durcissement. Il faudra encore relever les taux d'intérêt en 2005 pour empêcher le déclenchement d'une spirale salaires/prix.
Les autorités sont revenues en 2004 sur la forte stimulation budgétaire de 2003. Le projet de budget prévoit pour 2005 et 2006 un excédent qui pourrait être faible par rapport à ceux dégagés durant la période de surchauffe de la fin des années 1990. Les baisses d'impôts ralentiront le resserrement budgétaire dans l'immédiat et y mettront presque fin en 2006, environ au moment même où les grands projets de construction atteindront leur rythme maximum. Il faudrait rechercher des excédents budgétaires qui soient plus importants que ceux prévus actuellement en redoublant d'efforts pour éviter les dépassements récurrents de crédits, en restreignant davantage les dépenses et en réduisant les avantages fiscaux en faveur du secteur du logement.
Il faudrait que les mesures structurelles visent essentiellement à assurer un apport suffisant de main-d'?uvre et à éviter les dommages à l'environnement
L'effort de stabilisation doit aller au delà de la politique macroéconomique. Il est essentiel que la politique de l'immigration reste souple. Les projets d'investissement auront également un effet sensible sur l'environnement. Les études d'impact environnemental ont abouti à des modifications de la conception des projets, mais certains problèmes (notamment l'érosion) se manifesteront au fil du temps. Une surveillance constante est donc indispensable. De plus, il faudrait un cadre plus complet pour évaluer l'impact économique et environnemental des nouveaux projets à forte intensité énergétique, de façon à améliorer la transparence ainsi que l'efficacité et la cohérence des politiques.
Dans le même temps, il est important de renforcer la formation du capital humain pour assurer la compétitivité et le développement de nouvelles industries de haute technologie, en vue d'une diversification de l'économie vers ces activités à forte valeur ajoutée. Le gouvernement a augmenté ces dernières années les dépenses pour l'éducation, mais les résultats éducatifs et le niveau d'instruction de la population n'atteignent pas ceux observés dans un grand nombre de pays de l'OCDE. On constate en particulier des taux d'abandon comparativement élevés. Face à ce problème, le gouvernement prévoit un ensemble de réformes (notamment une durée plus brève pour le deuxième cycle de l'enseignement secondaire).
Il faudrait intensifier la concurrence dans plusieurs secteurs pour que la croissance de la productivité puisse s'accélérer
Les réformes du droit de la concurrence et des réglementations sectorielles qui ont été menées depuis le début des années 1990, se doublant d'amples opérations de privatisation, ont contribué à l'accélération de la croissance de la productivité cette dernière décennie. Pour l'application du droit de la concurrence, la structure institutionnelle actuelle est globalement efficiente et les textes proposés récemment pour la simplifier et pour renforcer les activités de surveillance de l'Autorité de la concurrence et ses attributions paraissent judicieux.
La concurrence s'est installée dans la plupart des segments du secteur des télécommunications, mais il faudrait favoriser l'entrée dans les services de téléphonie fixe en modifiant la tarification actuelle de l'accès. Il conviendrait également d'achever dès que possible la privatisation de l'opérateur historique. En revanche, le secteur de l'électricité reste entièrement à capitaux publics, malgré un nouveau cadre juridique qui considère comme concurrentielles les activités de production et de distribution et qui impose la séparation comptable entre le transport de l'électricité et les autres opérations. Pour stimuler la concurrence, il faudrait simplifier la structure capitalistique du secteur de l'électricité. Il faudrait en outre envisager la privatisation des activités actuelles de production de la Société nationale d'électricité. Enfin, il faudrait réduire les aides agricoles et les restrictions aux prises de participation étrangères qui subsistent dans les secteurs de la pêche et de l'énergie, et l'Autorité de la concurrence devrait se montrer vigilante à l'égard des soumissions concertées dans l'octroi des marchés publics. »
Éditions en français et en anglais. Prix : 29 euros
2) BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE ISLANDE
L'excellente revue trimestrielle « Nordiques » (sous la direction du Professeur Marc Auchet et de Nathalie Blanc-Noël, maître de conférences à l'Université de Bordeaux) consacre son numéro 6 (Hiver 2004-2005) à « la place des femmes dans les sociétés nordiques ». Outre des études fouillées d'experts sur la Suède et la Finlande, on lira, avec grand intérêt, une interview de la Présidente Vigdis Finnbogadottir sur « les femmes en Islande et dans le monde ».
Contact : 16 rue de la Grange Batelière, 75009 Paris
Site : www.choiseul.info
nordiques@choiseul.info
À NOTER :
Cette lettre (comme les suivantes) ne comporte (sauf rares exceptions) que des informations politiques, économiques et sociales sur l'Islande, à l'exclusion de "nouvelles" de nature culturelle et/ou artistique, et d'informations sur les manifestations islandaises en France et françaises en Islande.
Il existe en effet des sites ou des organes d'information qui fournissent ce type d'informations. On signalera tout particulièrement, outre les rubriques spécialisées du Site Internet de l'Ambassade d'Islande en France (www.iceland.org/fr) :
1) la Revue "Courrier d'Islande" (trimestrielle, mais complétée par une lettre mensuelle) que l'Association "France-Islande" envoie par courrier postal à ses adhérents.
Pour en savoir plus sur cette Association, la Revue citée et le site Internet de « France-Islande », le contact est le suivant :
Association "France-Islande" (à l'attention de M. Jean Le Tellier) ; 31 avenue Thierry
92410 Ville d'Avray
e-mail : jean@jlet.net
2) l'excellent site de Christian et Marie-Françoise Gilabert, « Islande, au pays de la création du monde » : http://perso.wanadoo.fr/saga/gilabert
Ce site est une mine de renseignements pour tous les amoureux de l'Islande et notamment pour tous ceux qui envisagent de voyager dans le pays.




