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Bulletin Mensuel: Août 2003

L'ACTUALITÉ ISLANDAISE EN AOÛT 2003


La collecte des informations contenues dans cette publication n'engage que la responsabilité personnelle de J. Mer. Bien entendu, elle ne met pas en cause la responsabilité de l'Ambassade d¹'slande ni celle de l'Association "France-Islande".

ENVIRONNEMENT


- Chasse à la baleine: L'Islande met fin à un moratoire de 14 ans. Le plan islandais de "recherche scientifique sur la baleine"

Un communiqué officiel, accompagné par une déclaration du ministre des Pêcheries, Arni. M. Mathiesen (voir le texte en anglais sur le site du Ministère :http://governement.is/interpro/sjavarutv), en date du 6 août, le confirme : l'Islande met à exécution son plan minimal de recherche scientifique sur la baleine et reprend au cours du mois d'août 2003 la "chasse scientifique" à la baleine. L'Islande avait au début de l'année tenté d'obtenir de la Commission baleinière internationale, qui a interdit jadis la chasse commerciale, un feu vert pour la chasse à la baleine à des fins scientifiques . La Commission, réunie en mars à Berlin, n'a pas cru devoir répondre favorablement à Reykjavik. Finalement, l'Islande passe outre la résolution de la CBI.
La campagne a débuté le 18 août, et au 21 août, deux baleines de Minke (petit rorqual) étaient harponnées.


Le point de vue des Islandais
Reykjavik n'a pas l'intention de chasser des espèces de baleines menacées d'extinction, exploitées autrefois sur une vaste échelle par les grandes nations baleinières. Le programme scientifique islandais fait partie de sa politique globale pour l'utilisation durable des ressources marines.
Les autorités ont comme priorité absolue la nécessité de préserver les ressources des océans. L'économie du pays en dépend pour plus des deux tiers de ses exportations de marchandises. Un déséquilibre écologique provoqué par la surexploitation ou par d'autres causes en eaux islandaises aurait des conséquences dramatiques.

L'Islande a, d'ailleurs, été l'un des cinq premiers pays à porter sa zone de pêche à 200 milles nautiques en 1975, afin d'empêcher la pêche non contrôlée autour de l'île par des chalutiers en provenance d'autres pays européens et mettant en péril les stocks. Depuis lors, elle a pris toutes les mesures pour assurer une pêche équilibrée et durable dans les eaux en question en appliquant un système de quotas rigoureux pour de nombreuses espèces de poissons comme le cabillaud, le flétan, le sébaste, l'églefin, le hareng et le capelan.
Reykjavik s'enorgueillit d'être pionnière dans la lutte contre la surpêche, et a du reste été suivie en cela par beaucoup de pays. Les quotas sont fixés selon les recommandations des scientifiques, qui observent régulièrement l'évolution de tous les stocks. Les baleines faisant partie intégrante de l'écosystème marin, elles doivent évidemment être comprises dans une recherche approfondie, qui aide à jeter les règles d'une gestion rationnelle des ressources marines fondée sur une approche multiespèces et une connaissance des interactions au sein de cet écosystème .

D'après les études présentées au Comité Scientifique de la Commission Baleinière Internationale, il y a d'importants stocks de certaines espèces de baleines, alors que d'autres espèces continuent d'être menacées. On estime qu'il y a plus de 67.000 petits rorquals (baleines de Minke), 24.000 rorquals communs et 10.000 rorquals boréaux dans le milieu de l'Atlantique nord. La consommation annuelle de poisson par les baleines dans cette région, de krill et d'autres biomasses, est estimée à quelque 6 millions de tonnes métriques, dépassant de beaucoup le chiffre des prises islandaises s'élevant à 1.5 à 2 millions de tonnes/an. Ceci n'est qu'un exemple de l'impact des baleines sur l'écosystème marin.
Il serait irresponsable d'ignorer cet élément très important. D'une part, les savants islandais remarquent que les nombreux rorquals (ou baleines de Minke) menacent la reconstitution de plusieurs espèces, par exemple le cabillaud, dont ils font une énorme consommation. De l'autre, il semble probable que les espèces de baleines plus nombreuses, comme la baleine de Minke, le rorqual commun et rorqual boréal seraient en train d'occuper la place écologique que certaines autres espèces de baleines, menacées, occupaient avant, de sorte que ces dernières ont plus de mal à se reconstituer. Une étude à ce sujet est prévue.
L'Islande fut dans le passé l'un des premiers pays à mesurer l'importance de la préservation des espèces baleinières. Déjà au début du siècle dernier quand il y eut des alertes à la surexploitation baleinière, l'Islande avait interdit la chasse aux grandes baleines de 1915 à 1935. La chasse ne fut reprise qu'en 1948 (en dehors de quelques petites prises à partir d'une station baleinière à terre entre 1935 et 1939). et l'on a imposé une réglementation stricte et de sévères restrictions à cette chasse ; entre 1948 et 1985 celle-ci était limitée à une chasse de petite envergure à partir d'une station baleinière à terre. C'est ensuite que toute opération baleinière commerciale a été interdite, en raison du moratoire international décrété par la CBI en 1982 et prenant effet en 1986.
Telles sont les diverses raisons pour lesquelles les stocks principaux des grandes baleines, à savoir les baleines de Minke, rorquals communs et rorquals boréals, sont aussi abondants dans le milieu de l'Atlantique nord.
L'Islande s'est toujours fait le champion d'une coopération internationale pour défendre une gestion durable des ressources maritimes, y compris les baleines et ne s'est jamais départie de cette attitude y compris au sein de la Commission Baleinière Internationale (CBI), fondée sur la Convention Internationale pour la Réglementation de la Chasse à la Baleine du 2 décembre 1946.
Elle a toutefois quitté la CBI en 1992 afin de protester contre l'incapacité de celle-ci à réglementer scientifiquement la chasse à la baleine et à promouvoir les recherches baleinières, au lieu de quoi elle avait interdit en bloc toute chasse, sans tenir compte des découvertes scientifiques dans ce domaine.
Il y a peu de temps l'Islande a rejoint la CBI (en émettant une réserve de principe sur l'interdiction de la chasse à la baleine commerciale). Elle participe à sa Nouvelle Procédure de Gestion (NPG) fondée sur le concept du rendement équilibré maximal. En outre, l'île s'est engagée à ne pas autoriser la chasse commerciale de la baleine avant 2006 ou pendant la durée d'élaboration d'une réglementation s'appuyant sur ledit concept (RMS : Revised Management Scheme).

Le plan de chasse scientifique annoncé le 6 août autorise à tuer 38 baleines de Minke en 2003, soit moins que le quota prévu au début de l'année et soumis alors à la CBI, et qui portait sur 250 baleines (100 baleines de Minke, 100 rorquals communs et 50 rorquals boréaux). M. Mathiesen a affirmé que les Islandais "voulaient montrer qu'ils étaient prêts à un compromis et qu'ils espéraient en retour une prise en considération de leur besoin de mener cette recherche scientifique". Il a ajouté que la chasse à la baleine était le seul moyen d'obtenir des informations scientifiques et d'étudier le régime alimentaire des cétacés en examinant le contenu de leur estomac.

Les réactions des environnementalistes ...des États et d'autres
Sitôt la décision islandaise connue, un certain nombre de groupements et d'associations environnementalistes ont émis de vives protestations. Tel est le cas de la section britannique de l'International Fund for Animal Welfare, de l'association Greenpeace, du WWF ("World Wildlife Fund"), dont le Directeur Exécutif, le Dr Susan Lieberman a déclaré que ladite décision mettait en danger les efforts de la CBI pour arriver à un consensus international, que la recherche scientifique, grâce à des techniques modernes, pouvait s'effectuer sans capture et mort des baleines, et que le tourisme d'observation des baleines -qui se développe en Islande- rapportait plus au pays, économiquement et moralement, que la chasse.
Des associations de tourisme en Islande seraient sur des positions analogues. Ainsi que de entreprises, en pleine expansion, organisant (à Husavik, notamment) des croisières d'observation des baleines ("whale-watching"), une bonne partie de la clientèle venant de pays où la "sensibilité écologiste" est forte.
Certains, dans l'île également, redoutent des campagnes de boycott des produits islandais (produits de la pêche surtout) dans les pays anglo-saxons, en Allemagne, etc.
Sur le plan politique et diplomatique, le porte-parole du Département d'État des États-Unis a déclaré que le geste de Reykjavik, bien que "légal", n'était peut-être pas indispensable à la recherche et risquait de provoquer des complications économiques (boycott).
La chef de la délégation américaine à la CBI a rappelé l'opposition -de longue date- de son pays à la chasse et le caractère injustifié -sur le plan scientifique- du plan controversé.
En visite les 11 et 12 en Islande, le Commissaire européen responsable de l'Agriculture et des Pêcheries, Franz Fischler a rappelé que l'Union européenne interdisait et la chasse à la baleine et la commercialisation de la viande.
Enfin, en France, le porte parole du Ministère des affaires étrangères a fait savoir le 7 août que la France désapprouvait l'initiative islandaise. Les Britanniques ont adopté une position analogue.


Quelques "réponses" islandaises
Un argumentaire (également sur le site Internet mentionné) du Ministère islandais, en réponse à certaines questions, souligne que :
* les prises envisagées pour 2003 (très modestes en valeur absolue, et réduites par rapport aux intentions initiales, ne sauraient mettre en danger l'espèce des baleines de Minke (dont 43 000 fréquentent les eaux islandaises, selon une estimation du Comité scientifique de la CBI), ce dont le Comité convient même si il est partagé sur d'autres sujets ;
* l'Islande apprécie hautement les travaux de ce Comité scientifique ;
* la "chasse scientifique" n'est en rien illégale, selon les critères de la CBI : le moratoire porte seulement sur la "chasse commerciale" (ce par quoi l'Islande ne se sent d'ailleurs pas engagée) ;
* Reykjavik n'estime pas qu'elle compromet les travaux de la CBI sur la Réglementation à l?étude (RMS, cf. supra)) d'une future gestion "durable" des stocks de baleines. Celle-ci est compromise par les pays qui ne souhaitent pas qu'on envisage une exploitation des ressources baleinières mais veulent qu'on les protège totalement ;
* l'Islande n'envisage pas de vendre à l'étranger la viande provenant de la chasse scientifique, qui pourrait être commercialisée sur le marché intérieur. Les recettes attendues sont loin de couvrir les coûts, élevés, de ladite chasse ;
* l'Islande ne considère pas, a priori, comme condamnable le commerce international des produits baleiniers. Mais le problème n'est pas là actuellement ;
* la chasse scientifique n'est pas soumise aux impératifs de rentabilité qui seraient ceux d'une exploitation à des fins commerciales. Les quantités et les espèces capturées sont déterminées par des critères spécifiques et uniquement liés à la recherche ;
* pour diverses espèces, des informations importantes nécessitent la capture des mammifères ; pour d'autres non (et l'Islande obtient déjà des données sans capture : analyse des excréments ; biopsies, etc., sont pratiquées ). L'alimentation précise des baleines, plusieurs métabolismes, nécessitent la dissection des appareils digestifs. La connaissance rigoureuse de la reproduction de diverses catégories, de la composition par âges de leurs stocks, a parfois la même exigence, ainsi que l'action de polluants sur leur santé, etc. On multiplierait les exemples ;
* la taille minimale de l'échantillon "chassé" obéit aussi à des contraintes scientifiques que Reykjavik compte prendre en compte scrupuleusement.

- Sciences de la Terre: Summer School à Geysir
Organisé par le Norvol ( Nordic Volcanological Institute), une école d'été a lieu du 31 août au 9 Septembre 2003, réunissant des nombreux spécialistes. Parmi eux, notons la participation de M. Claude Jaupart, Directeur de l'Institut de Physique du Globe à Paris (IPGP).
A travers une longue coopération existante et la sélection de nouveaux projets au sein du programme "Jules Verne", la France et l'Islande désirent renforcer de manière significative les échanges dans les Sciences de la Terre.
Plus de détails sur l'événement: http://www.norvol.hi.is/~thora/summer2003/

POLITIQUE INTÉRIEURE


À l'approche de la "rentrée politique" on s'interroge de-ci de-là sur le rôle que pourrait jouer dans l'opposition Ingibjörg Solrun Gisladottir, qui fut candidate malheureuse au poste de Premier ministre contre David Oddsson en mai, et ne réussit même pas à se faire élire comme députée. L'ancienne maire de Reykjavik (qui avait quitté cette fonction pour se consacrer à la politique "nationale") présentera-t-elle sa candidature à la présidence du grand parti d'opposition, l'Alliance, dont elle fut porte-parole lors des élections législatives? Actuellement le parti est présidé par Össur Skarphédinsson, qui n'a pas annoncé son intention de se retirer. À Ingibjörg de se décider : affronter le président sortant, le convaincre de se retirer, ou attendre son heure...

POLITIQUE EXTÉRIEURE


- DÉFENSE
Le 5 août, David Oddsson a déclaré au "Washington Times" qu'un éventuel désengagement américain (voir lettre de juillet) amènerait son gouvernement à réétudier la question du resserrement de la coopération avec l'Union européenne en matière de défense et de sécurité.
Le 13 août, la Conseillère du Président Bush a téléphoné au Premier ministre Oddsson pour l'informer que Washington gelait toute décision sur un éventuel transfert des avons de chasse de la Base de Keflavik, la question devant être étudiée dans une perspective plus vaste. Le Président Bush est conscient de la complexité du problème, de l'importance des liens entre les deux pays, conformément à l'accord bilatéral de défense de 1951, et de leur caractère amical. Des négociations auront lieu en temps voulu sur les questions de défense.

Le gouvernement de Reykjavik se réjouit de cette prise de position américaine décidée au plus haut niveau.
- OTAN

Sous les auspices de l'OTAN, un exercice de détection de sous-marins s'est tenu dans la semaine du 18 août, au large des côtes méridionales de l'Islande. Plusieurs pays membres de l'Organisation y ont participé.
- RELATIONS ISLANDE-UNION EUROPÉENNE
* À la mi-août le Commissaire européen en charge de l'Agriculture et des Pêcheries Franz Fischler, s'est rendu en Islande. Après ses entretiens avec le gouvernement, il a donné une conférence à l'Université dont il ressort que la question des pêches constituait actuellement un point délicat gênant un approfondissement des relations entre l'île et l'Union Européenne. Il est certain que l'Union ne saurait s'engager à exempter définitivement l'Islande des règles de la Politique Commune des Pêcheries. Mais si des négociations d'adhésion se tenaient, sans doute des compromis pourraient être trouvés sur des questions précises, tenant compte des intérêts de Reykjavik. C'était à l'Islande -selon M. Fischler- à bien savoir et faire connaître ce qu'elle considérait comme "intérêts fondamentaux" dans ce domaine, et ce sur quoi elle demandait des avantages particuliers.

ÉCONOMIE


-ALUMINIUM
Après la signature, en Islande, le 11 juin, entre les ministres islandais concernés et les responsables du géant Alcoa, du contrat sur la grande d'usine d'aluminium (Fjardaal) de l'Est (Reydarfjördur) devant fournir dans quelques années 322 000 tonnes d'aluminium, la Compagnie nationale d'Électricité s'active sur les préparatifs de l'édification de la centrale de Karahnjukar appelée à alimenter l'usine. On sait que, là, vu la localisation en pleine nature (nord du Vatnajökull), les contraintes liées à la protection de l'environnement sont fortes et que les défenseurs de l'écologie auront les yeux grands ouverts sur les travaux.
- Hydrogène: Conférence européenne de l'hydrogène énergie
Sous les auspices de l'Association Européenne de l'Hydrogène (EHA), la première Conférence Européenne de l'Hydrogène Énergie est organisée par l'Association Française de l'Hydrogène (AFH2) se tient à Grenoble du 2 au 5 septembre 2003.
Invité par le CEA, le Professeur Thorsteinn I. Sigfusson, Président d'Icelandic New Energy, tiendra une conférence intitulée "The road to hydrogen economy: the Iceland project.". Cette rencontre sera également l'occasion de faire le point et de préparer les futurs projets entre la France et l'Islande pour la recherche sur l'hydrogène et les nouvelles énergies. Nos deux pays veulent également promouvoir l'échange d'étudiants dans ces domaines.
Pour en savoir plus sur la conférence EHEC 2003, consultez le programme:
http://www.afh2.org/archive/ehec2003_program.pdf 

-FISCALITÉ

La lettre hebdomadaire du Ministère des Finances, en date du 7 août, insiste sur l'aspect très modéré de la fiscalité pesant sur les sociétés : impôt sur les sociétés et impôts sur les revenus du capital (bénéfices distribués). Si on compare avec les autres pays nordiques, on voit que, pour l'Islande, un actionnaire perçoit ainsi, toutes charges déduites, 73% des dividendes bruts auxquels il a droit, contre 72% en Norvège, 71% en Finlande et 50,4% en Suède et au Danemark.
- Salaires masculins et féminins; salaires du Sud-Ouest et des autres régions
Le débat sur l'égalité hommes-femmes a longtemps tourné autour de la question des salaires masculins et féminins. Certes beaucoup de facteurs sont à prendre en considération dans cette question : nature des emplois, durée du temps de travail, ancienneté, niveau de formation, etc. Mais un point ressort sans conteste de l'analyse des données. La différence entre le montant du salaire masculin et celui des femmes diminue depuis quelques années : les femmes reçoivent en 2002 59% du salaire des hommes, contre 52% en 1997. Entre ces deux dates, les salaires masculins ont augmenté de 50%, alors que le pourcentage était de 68% pour les femmes.
Ce qui a peu changé, en revanche, est le différentiel séparant les salaires du Sud-Ouest de l'île (Reykjavik et le Reykjanes) et ceux du reste du pays. Les salariés des zones de la seconde catégorie sont encore inférieurs de 9% à la moyenne du pays. Dans le cas du Nord-Ouest (excentré et qui se dépeuple), la "décote" atteint 15%.

BIBLIOGRAPHIE


- "Iceland and European Development, a historical review from a personal perspective" (en langue anglaise)
par l'Ambassadeur Einar Benediktsson. Publié par Almennabokafélagid,à Reykjavik,en 2003 (256 pages).
Sur un sujet austère et traité avec une rigueur et une objectivité sans faille -l'histoire depuis 1944 des relations de l'Islande avec l'Europe occidentale, et particulièrement les groupements d'États que sont l'Union Européenne, l'AELE, l'EEE, etc.- Einar Benediktsson nous livre un ouvrage "palpitant" , pourrait-on dire.
C'est que l'auteur cumule les qualités de l'historien érudit et du mémorialiste à l'humour froid. Il suffit de se rappeler que Einar Benediktsson, après avoir servi au lendemain de la deuxième guerre mondiale comme fonctionnaire international (OECE, puis OCDE), a intégré la diplomatie islandaise et a représenté son pays -comme Conseiller, puis comme Ambassadeur- dans les grandes capitales mondiales (dont Paris) et les organismes internationaux. Il a joué un rôle de premier plan dans l'ouverture progressive (et qui au début se heurtait à de multiples contraintes et habitudes) de l'île au travail de coopération intereuropéen. L'adhésion de Reykjavik à l'AELE, puis à l'Espace Économique européen, l'approfondissement des rapports avec l'UE : autant de thèmes qu¹il analyse avec précision (et qui ont correspondu à des étapes dans sa carrière).

Grâce à cet ouvrage, on fait le point sans difficultés sur les perspectives d'avenir quant aux relations Islande-UE : adhésion, accords d'association, statu quo?? Autant d'hypothèses dont Einar approfondit les avantages et les inconvénients (pour son pays, mais aussi pour le devenir européen) sans cacher les contradictions sous-jacentes, les obstacles à surmonter, la volonté à mettre en ¦uvre en Islande mais aussi du coté des partenaires.
Un patriote islandais dont on pourrait dire qu'il est aussi un fervent de la coopération européenne : tel est le portait qui se dégage de l'auteur, dont le livre fait preuve de remarquables qualités pédagogiques et doit être lu par tous ceux qui se demandent : "Pourquoi l'Islande n'apppartient-elle pas à l'Union? Y adhérera-t-elle un jour?"



 

 

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