Bulletin Mensuel: Octobre 2003
L'ACTUALITÉ ISLANDAISE EN OCTOBRE 2003
ENVIRONNEMENT
- Chasse à la baleine: Le plan islandais de "recherche scientifique sur la baleine"
* Suite à la récente décision islandaise (voir numéro d'août), de reprendre de manière limitée la chasse "scientifique" à la baleine, dans des buts d'exploration et de recherche scientifiques, la quasi-totalité des 38 unités "autorisées" pour 2003 par le plan islandais ont été capturées. Le scientifiques vont maintenant procéder aux expériences et recherches prévues et devraient fournir à la mi-2004 un rapport provisoire à la Commission Internationale de la Baleine.
* * En réponse à des journalistes nordiques, le Premier Ministre David Oddsson, qui constate que l'impact de la mesure sur le tourisme a été faible en 2003, n'exclut pas des conséquences un peu plus fortes en 2004. Le gouvernement poursuivra son travail d'information auprès des professionnels du tourisme (donc des clients potentiels) étrangers.
- Un nouveau pas vers la société de l'hydrogène
Nos précédents numéros ont fait état à maintes reprises de l'intérêt soutenu porté par les responsables islandais à l'égard de l'utilisation future de l'hydrogène comme source d'énergie, notamment pour les transports.
Même s'il s'agit d'une oeuvre de longue haleine, les premiers préparatifs sont en cours
On sait qu'une société privée islandaise, VistOrka , soutenue par les Pouvoirs Publics, a été fondée en 1999, qui fédère l'action de la Compagnie Nationale d'Électricité, du Ministère de l'Industrie et du Commerce, et de divers organismes publics ou privés.
VistOrka coopère activement, depuis sa création, avec trois groupes internationaux, pionniers dans la recherche sur l'hydrogène (et sur les cellules de carburant) : DaimlerChrysler, Norsk Hydro et Shell, dans le cadre de la compagnie Icelandic New Energy.
La première étape de cette coopération consiste à mettre en service dans la capitale dès 2003, à titre expérimental (l'expérience s'étalant sur deux ans) et comme objet d'études technologiques, socio-économiques et environnementales, des bus fonctionnant à l'hydrogène (véhicules à cellules de carburant). Les trois bus Mercedes-Benz Citaro de Reykjavik faisant partie d'une "flotte" de 30 bus desservant 9 villes européennes. En avant-première de l'opération, la filiale Shell Hydrogène du groupe Shell, avec l'aide technique de Norsk Hydro, a inauguré, le 24 avril 2003, dans l'est de Reykjavik, une "station service" à hydrogène, où les bus Citaro "feront le plein", ouverte dans l'avenir à tout véhicule recourant à cette technologie.
Mais surtout, le début d'octobre a vu l'arrivée "officielle" -en présence du Président Olafur Ragnar Grimsson- de deux des bus "expérimentaux", qui, pouvant contenir 70 passagers et roulant à une vitesse limitée à 80 km/heure, devraient rapidement entrer en activité.
- Conférence sur la protection de l'environnement marin dans la région arctique
Sous les auspices du Conseil Arctique, auquel participent les États de la "zone arctique" (l'Islande y étant très active) s'est tenue, du 20 au 22 octobre à Reykjavik une conférence internationale sur la protection de l'environnement marin dans ces régions. L'environnement est en effet "propre" et peu pollué ; mais la situation se détériore lentement et les menaces sont de plus en plus importantes : provoquées, à 80% par des activités "terrestres", elles sont le fait de diverses substances organiques, de métaux, de la radioactivité, etc. Des mesures préventives sont étudiées ou renforcées, compte tenu des conséquences d'une détérioration sur la vie des océans (les poissons, etc.), le climat, etc.
- Un plan pluriannuel pour la protection de l'environnement
Selon le plan quinquennal (2004-2008) présenté par la Ministre de l'Environnement Siv Fridleifsdottir, 14 aires seront dans les années à venir l'objet d'une protection légale en Islande, portant en 2008 la zone couverte par la protection à 21% de la surface de l'île. Le "gros" projet sera, évidemment, le Parc National du Vatnajökull.
- Chute des stocks de coquilles Saint-Jacques
L'Institut de Recherches Marines a revu à la baisse ses estimations concernant les stocks de coquilles Saint-Jacques peuplant le Breidafjördur (Ouest de l'île). Depuis avril, ces stocks auraient chuté de 30%, alors que l'été est normalement une période de reconstitution. L'Institut demande au Ministère des Pêcheries de prendre les mesures adéquates (limitation des prises) le moment venu.
POLITIQUE INTÉRIEURE
- Popularité du Président
Selon un récent sondage, 68% des Islandais seraient favorables à un troisième mandat (à partir de 2004) du Président de la République, Olafur Ragnar Grimsson ; 21% étant contre. On sait que les pouvoirs du Chef de l'État sont uniquement formels et cérémoniels. Les femmes et les ruraux lui sont plus acquis que les hommes et les Reykjavikois. À suivre.
- Rentrée du Parlement
Le Parlement, élu en mai dernier, a ouvert sa session annuelle le 1er octobre, en présence du Président Olafur Ragnar Grimsson, qui a prononcé à cette occasion la traditionnelle allocution de "rentrée". On retiendra de celle-ci les points suivants :
* le pays -et il faut s'en féliciter- aspire à jouer un rôle plus important sur la scène internationale, comme le prouve sa candidature au Conseil de Sécurité des Nations-Unies pour 2009-2010 (voir notre numéro de septembre). Mais cette politique implique des responsabilités. En particulier, en matière d'aide aux pays en voie de développement. L'Islande, à la différence de la plupart des autres pays nordiques, n'est pas dans le peloton de tête des pays donateurs, alors qu'elle est, par tête d'habitant, une des plus riches nations du monde. Elle devrait donc, dans les années à venir, améliorer sa contribution, en particulier dans le domaine de la santé (sida, tuberculose, malaria, etc.), où elle a sur son territoire réalisé depuis longtemps des performances remarquables. Une tel effort de générosité contribuerait à renforcer son image de marque sur le plan international, et, par voie de conséquence, servirait sa candidature au Conseil de Sécurité. Le Président s'est d'ailleurs félicité du fait que les nouvelles générations d'Islandais étaient de plus en plus "ouvertes" aux réalités, donc à la solidarité internationales.
- Rentrée parlementaire (suite) : le discours du Premier ministre
Après la séance inaugurale de "rentrée", le Parlement est entré dans le vif du débat politique en entendant, selon l'usage, la déclaration de politique générale, prononcée par David Oddsson le 2 octobre.
Le chef du gouvernement a précisé sur divers points le programme général annoncé aux élus au lendemain du scrutin national de mai. Il a insisté sur :
* l'engagement de son cabinet à baisser la charge fiscale. Entre autres, un projet de loi va bientôt être soumis au Parlement dans le but de faire disparaître progressivement la surtaxe frappant les titulaires de hauts revenus.
* l'adaptation de la politique budgétaire aux fluctuations de l'économie. En raison des grands projets industriels en chantier (usine d'aluminium de l'Est, centrales électriques, etc.), les trois prochaines années vont être caractérisées par un risque d'emballement ("surchauffe") de l'économie (voir ci-après). Pour lutter contre ce risque, l'État pratiquera une politique budgétaire stricte, limitant ses propres dépenses et prévoyant des excédents budgétaires en 2004, 2005 et 2006 (lui permettant de rembourser ses dettes et ainsi diminuant la charge liée aux paiements d'intérêts). Au delà de cette période, et une fois les projets achevés, les Pouvoirs publics devront agir pour empêcher que ne survienne une "retombée" un peu brutale, avoisinant la stagnation et provoquant un début de chômage conjoncturel.
* la politique du logement sera réformée en matière de financement et aussi pour faciliter la construction de logements locatifs (trop rares dans le pays).
* divers services sanitaires (notamment pour les personnes âgées) pourraient être transférés aux collectivités locales, en s'inspirant d'expériences réussies à Akureyri et Hafnafjördur. L'objectif est de rapprocher ces services des usagers et d'accroître la "transparence" dans leur gestion.
* l'encouragement à l'utilisation des énergies renouvelables (pour lesquelles l'Islande réalise déjà d'excellentes performances, avec un taux de 72%) sera intensifié. Le cas de l'hydrogène est à souligner.
* des projets d'investissements étrangers, en plus de l'usine d'aluminium sont prévus ; la croissance de la production de ce métal étant susceptible d'attirer des capitaux pour des projets (américains, japonais, etc.) qu'elle faciliterait. Le gouvernement entend également proposer des modifications à la loi "dépassée" excluant le capital étranger du secteur des pêcheries.
* la transformation progressive et inévitable du secteur agricole, compte tenu de l'environnement international.
* des réformes d'envergure dans le domaine de l'éducation, où l'Islande a fait des progrès considérables depuis 1990 et se situe, sur le plan international, dans le peloton de tête, mais où, en concertation avec les parties intéressées, on peut faire de nouveaux pas en avant (enseignement "secondaire" ; liens entre la recherche et l'économie ; animation de la vie culturelle en hors de Reykjavik)
* réforme dans les télécommunications. Dans le cadre de son programme de privatisations, le gouvernement avait tenté à la fin 2001 de vendre la puissante entreprise de télécommunications, Landssimi. Cette tentative s'était soldée par un échec, pour des raisons propres à l'entreprise mais surtout à la crise internationale que connaissait le secteur, victime de l'éclatement d'une "bulle" d'optimisme exagéré, et de la saturation -provisoire???- des marchés. Le projet avait été retiré, faute d'acquéreurs fiables.
Le marché s'est partiellement redressé depuis lors, même si bien des incertitudes demeurent. Aussi M. Oddsson a évoqué la possibilité d'une nouvelle tentative de privatisation, dans le courant de la législature. Des groupes islandais seraient intéressés (le groupe constitué autour de la Banque d'Islande ; les dirigeants du groupe Samson, etc.).
* poursuite du vaste programme en cours pour améliorer les infrastructures routières.
* s'agissant des pêcheries, en même temps qu'il confirmait l'introduction d'une taxe mise, à partir de septembre 2004, à la charge des entreprises de pêche en contrepartie de leur droit à travailler en mer, David indique que le programme de reprise de "chasse scientifique à la baleine" -qui finalement a suscité moins de remous que certains le pensaient- sera poursuivi, mais en continuant à agir avec prudence et rationalité.
* de nouvelles mesures en matière de protection de l'environnement sont prévues : présentation prochaine d'un plan quinquennal de conservation de la nature ; établissement au nord du parc national du Vatnajökull (en cours d'aménagement) d'une "réserve naturelle", etc.
* concernant la politique étrangère, le Premier ministre a confirmé les points suivants : candidature islandaise au Conseil de sécurité de l'ONU ; intensification de l'effort -trop faible encore, mais en augmentation depuis 1997 (de 0,10 à 0,15% du PIB)- en faveur des pays en voie de développement ; ratification prochaine des accords élargissant l'OTAN et l'Espace Économique Européen ; dissipation des malentendus islando-américains sur la base de Keflavik ; accord sur la politique américaine pour l'Irak. Le chef du Gouvernement a rappelé sa proposition de créer une commission d'études inter-partis chargée d'approfondir les problèmes posés par les relations avec l'Union européenne : l'opposition "modérée" a donné peu après son accord.
POLITIQUE EXTÉRIEURE
- Le point de vue de l'extrême-gauche
Le président du parti de la "Gauche-Verte" (extrême-gauche), Steingrimur Sigfusson, a ironisé sur la candidature islandaise au Conseil de Sécurité, alors que, pour le moment et du fait de ses responsables actuels, le pays n'était pas, selon lui, capable de définir une politique étrangère indépendante (des États-Unis). Il a par ailleurs critiqué la modicité du programme national en matière d'aide aux pays pauvres.
- Défense
Après les "tensions" estivales (sur un éventuel désengagement militaire américain à la Base de Keflavik) les relations américano-islandaises semblent se réchauffer. Tant à Washington qu'en Islande, la diplomatie des États-Unis multiplie les déclarations rassurantes, en laissant entrevoir la possibilité à teme -et après rééxamen par Washington de l'ensemble de son dispositif militaire dans le monde- de solutions acceptables pour les deux pays, en matière d'accord de défense.
- Défense (suite)
Le Ministre de la Justice (qui, en Islande fait aussi office de Ministre de l'Intérieur) a fait adopter par le Gouvernement courant octobre la création d'un groupe de travail appelé à se pencher sur l'état de préparation du pays face aux menaces chimiques, biologiques et radioactives, le plus grand danger planant sur les pays occidentaux actuellement. Dans la foulée des décisions prises par l'OTAN en novembre 2002, chaque pays doit faire un point précis sur ses préparatifs et leurs éventuelles lacunes.
- Relations avec l'Union Européenne
¨* Le Ministre Halldor Asgrimsson a fait part de ses craintes suite à diverses suggestions émises au sein de l'Union Européenne lors des débats sur le projet de Constitution de l'Union. Si ces suggestions étaient appliquées, le rôle des États n'appartenant pas à l'UE serait à l'avenir encore réduit au sein de l'Espace Économique européen (entité reliant l'Union avec la Norvège, le Liechtenstein et l'Islande). Or ils se plaignent déjà d'y avoir une influence trop limitée.
* On discute beaucoup en Islande d'une possible évolution de la politique norvégienne à l'égard de l'UE. Pour certains les milieux norvégiens de la pêche seraient à la recherche d'un possible compromis sur cette question. Si l'opposition social-démocrate islandaise cherche à "exploiter" cette évolution, le Ministre des Pêcheries Arni M Mathiesen en conteste l'importance : "de toutes façons, elle n'influencerait pas l'Islande".
* Le Liechtenstein, pierre d'achoppement?
Le compromis qui était intervenu au printemps -voir notre lettre d'août- entre l'Union européenne d'une part et l'Islande, la Norvège et le Liechtenstein de l'autre, concernant l'adaptation des accords sur l'Espace économique européen (qui réglementent les relations entre les deux groupes) comme suite à l'élargissement prochaine de l'Union à 10 nouveaux membres, devait être signé en septembre-octobre (pour entrée en vigueur en mai 2004) ; mais un nouveau retard est survenu, le Liechtenstein, pour des raisons juridiques complexes, refusant de le faire. Selon le prince de ce pays Hans-Adam II, cela est sans importance, car "dans deux ans, l'Espace n'existera plus, Oslo et Reykjavik adhérant alors à l'UE". Du coté islandais, Halldor Asgrimsson ne désespère pas d'une résolution de la difficulté très prochainement.
- M. Ivanov en Islande
Le Ministre russe de la Défense, Sergei Ivanov, se rendant à une réunion organisée par l'OTAN aux États-Unis, s'est arrêté quelques heures en Islande, au début d'octobre. Il a procédé avec le ministre islandais des Affaires étrangères, dans une ambiance détendue, à un tour d'horizon de la situation internationale et des relations bilatérales.
- L'Islande et l'Afrique
Le ministre Halldor Asgrimsson a participé, les 20 et 21 octobre, au Mozambique, à une conférence consultative avec ses collègues nordiques et ceux de divers pays africains, sur l'état d'avancement du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique. La question des droits de l'homme sur ce continent a été évoquée, ainsi que les mesures de nature à prévenir les conflits régionaux. La nécessité de reprendre les négociations au sein de l'Organisation Mondiale du Commerce, a été soulignée, dans la mesure où elle devrait permettre un meilleur accès sur les marchés extérieurs des produits africains.
ÉCONOMIE
- Le baromètre des entreprises
Le Ministère des Finances, la Banque Centrale et les 400 plus importantes entreprises du pays se sont récemment mis d'accord avec la firme Gallup (sondages d'opinion) pour établir un "baromètre des entreprises", qui analyse périodiquement l'opinion du monde des affaires sur la conjoncture islandaise et son évolution à court terme.
Les conclusions de ce baromètre, consulté en septembre, donnent 60% de "sondés" estimant la situation actuelle satisfaisante, contre 4% mauvaise. 60% également pensent qu'elle va encore s'améliorer dans les 12 mois à venir, contre 34% prévoyant une stabilisation, et 6 à 7% (surtout dans le secteur des pêcheries) une détérioration.
Le même baromètre indique aussi une reprise à court terme des embauches de personnel, à la fois dans le secteur des services et en dehors de la capitale. Mais on ne peut savoir si c'est un phénomène appelé à durer.
- La concurrence chinoise dans les pêcheries
La Chine, avec sa main d'oeuvre bon marché, fait peur en Islande comme ailleurs. Le secteur de la "transformation du poisson" redoute que les Chinois, achetant du poisson frais sur le marché mondial, le transforment en poisson surgelé à des coûts défiant toute concurrence, pour le revendre ensuite à l'extérieur.
- Le projet de budget pour 2004 : les prévisions du Ministère des Finances sur l'économie nationale
En préambule au débat parlementaire sur le budget 2004, le Ministère des Finances a publié (on peut en trouver le texte complet sur le site Internet du gouvernement islandais : government.is/interpro/stjr/stjr.nsf/pages/english-index) une étude analysant la situation économique du pays en 2003, et dans les toutes prochaines années.
Pour 2003, la croissance du PIB sera de 1,75% soit un peu moins qu'on le prévoyait au printemps. La raison en est que l'extension de l'usine d'aluminium de l¹ouest (Fjord des Baleines) et les travaux qui lui sont liés ont été provisoirement ajournés. Les investissements devraient néanmoins bien se porter (+ 7,75%). La balance courante, en raison d'une hausse des importations et d'une stagnation des exportations (situation de la pêche), sera déficitaire de 2,5% du PIB. La hausse des prix est maîtrisée autour de 2%, tandis que le faible chômage se réduit et que le pouvoir d'achat par habitant augmente de 1,5%.
En 2004-2005, avec le lancement du grand projet d'usine d'aluminium de l'Est, la croissance se gonflerait nettement : 3,5% prévus pour 2004 et 5,5% pour 2005. Les investissements croissant de 8,5% en 2004 bien que le gouvernement -pour compenser le risque de surchauffe causé par la montée des investissements industriels- réduise l'investissement public. Les salaires seront relevés dans divers secteurs, mais la hausse des prix ne devrait pas dépasser 2,5%. Malgré des exportations plus soutenues, le déficit de la balance courante passe à 3,25% du PIB. En 2005 la surchauffe (investissements massifs) et les tensions inflationnistes se renforcent.
Au-delà, un danger de "retombée" un peu brutale et de début de récession (avec chômage) ne sont pas à exclure, une fois le gros des projets industriels réalisés.
- Le projet de budget 2004 : la stratégie gouvernementale
Présenté par le ministre des Finances Geir Haarde, au début du mois, le projet de budget prend essentiellement en compte la prévision conjoncturelle ci-dessus ; mais entend respecter les engagements à l'égard des électeurs du "Programme de Gouvernement" , annoncé par le Premier ministre.
C'est ainsi que :
* le budget sera en excédent : les recettes sont estimées à 279,5 milliards de couronnes, les dépenses à 273 milliards ; l'excédent s'établirait à 0,7% du PIB (on prévoit 1,75% pour 2005 et 1% pour 2006), soit 6,4 milliards de couronnes. Et cela sans tabler sur la "cagnotte" de recettes exceptionnelles qui proviendraient d'éventuelles privatisations (des télécommunications, par exemple) ;
* toujours pour lutter contre les tensions inflationnistes, les dépenses publiques seront comprimées, diminuant en valeur réelle de 1,6% par rapport au montant du budget 2003 tel qu'il devrait être exécuté. Les dépenses d'investissement seront spécialement atteintes (cet effort étant intensifié en 2005 et 2006) ;
* les allégements d¹'mpôt promis lors des élections seront progressivement mis en oeuvre, modérément en 2004, et plus fortement dans les années suivantes (au total 20 milliards de couronnes sur la période 2005-2007).
À NOTER : Un communiqué du Ministère des Finances en date du 1/10 précise que, malgré la rigueur budgétaire de 2004, certaines dépenses feront l'objet d'un traitement de faveur : retraites des personnes âgées, prestations aux handicapés, dépenses de santé (lits d'hôpitaux, santé mentale), fonds alloués aux Universités et à la recherche par exemple.
- L'aluminium
Alors que le grand projet de création d'une usine d'aluminium dans l'Est se porte bien, il est confirmé par ailleurs que l'extension de l'usine de Grundartangi (dans l'Ouest : Fjord des baleines), que ses propriétaires -l'entreprise Columbia Ventures- auraient voulu voir passer rapidement d'une capacité de 90 000 tonnes à 180 000, sera retardée. Pour des raisons largement liées aux questions d'environnement, il n'est pas question en effet que la Compagnie Nationale d'Électricité soit autorisée à construire -dans une zone "controversée"- un barrage et une centrale électrique pouvant alimenter l'unité en énergie en quantité suffisante. Il faut donc que les responsables réétudient l'affaire, mais aucune solution à court terme ne semble envisageable.
- La compétitivité islandaise
Selon le "World Economic Forum", l'Islande arrive au 8ème rang du palmarès multi-critères de la compétitivité, gagnant 4 places sur le classement de l'année précédente.
Aux trois premières places, la Finlande, les États-Unis et la Suède. Tous les pays nordiques sont dans le peloton de tête : le Danemark, 4ème et la Norvège 9ème.
- L'Islande à l'abri de la corruption
L'organisation "Transparence Internationale" a publié son rapport annuel sur la corruption dans 133 États. L'Islande figure à la seconde place (derrière la Finlande) parmi les pays les plus "vertueux" et les plus immunisés contre la corruption. Le Bangladesh est en queue du peloton ; les États-Unis occupent la 18ème (bonne) place.
SOCIÉTÉ
- La lutte contre la prostitution
14 élues, appartenant à des groupes politiques divers, ont récemment déposé au Parlement une proposition de loi visant à réprimer la prostitution en prévoyant des peines de prison pour les clients des prostituées.
- Cinéma : Toujours, Noi Albinoi
Le film de Dagur Kari "Noi Albinoi" (avec Tomas Lemarquis dans le rôle principal) vole de succès en succès : après les récompenses recueillies dans de nombreux festivals internationaux (dont le festival du Cinéma nordique à Rouen), il a glané de multiples prix lors de la remise des "Eddas" (nos "Palmes") islandaises en octobre. Il est désigné pour la sélection islandaise aux Oscars. À suivre.
- Langue : l'intérêt pour l'islandais
Le nombre d'étudiants étrangers désireux d'apprendre la langue islandaise s'accroît (notamment en Europe centrale et orientale). En 2003, pour 35 "places disponibles", 100 demandes furent reçues par les services compétents. Des cours d'islandais viennent de s'ouvrir à Tokyo.
Cette "passion" s'étend également à la civilisation et à la littérature islandaise du Moyen Âge.
L'Institut Sigurdur Nordal de l'Université d'Islande prépare du matériel multimédia pour l'apprentissage de la langue sur Internet. Il devrait être au point début 2004.




